II. Des Bougies et des Suppositoires
Les bougies s’emploient sur-tout dans le traitement des maladies de l’urètre. On leur donne la forme d’un cylindre plus gros à l’une de ses extrémités qu’à l’autre. Leur diamètre -varie , mais il n’excède presque jamais celui d’une plume à écrire , de grosseur médiocre. Leur longueur ne va pas au-delà de vingt-sept centimètres. On les prépare avec de la toile line, coupée en bandelettes , dont les deux faces sont légèrement enduites d’un emplâtre quelconque 5 après avoir roulé ces bandelettes , on les polit avec l’instrument dont les clriers se servent pour lisser la bougie.
Tous les emplâtres et tous les onguens solides, pourvu qu’ils ne soient pas trop durs , peuvent servir à faire des bougies. On regarde comme les plus parfaites celles qui sont flexibles, lisses, et à la surface desquelles l’emplâtre a été étendu uniformément , de manière à ne point former de nœuds. Quelquefois, avant de s’en servir, on les plonge dans des liquides préparés extemporauément de diverses manières, suivant la nature de la maladie.
Les médicamens qui portent le nom de suppositoires sont destinés à être introduits dans l’anus. Ils ont la consistance du suif de mouton; leur forme est conique, et leur volume varie depuis la grosseur d’une plume à écrire jusqu’à celle du petit doigt. Le savon , le suif de mouton, le beurre de cacao , le miel épaissi en pâte ferme par la cuisson , sont les substances qu’on emploie communément pour les pré-
5i6 pharmacopée
parer. Le plus souvent, avant de les porter dans le rectum > on les enduit avec des liquides médicamenteux , dont la nature varie suivant l’etFet qu’on veut obtenir.
Lorsqu’on emploie le savon , on lui donne la forme convenable en le taillant avec un couteau. Quant au beurre de cacao et au suif de mouton , il faut les faire liquéfier à une chaleur suffisante, et les couler dans un cornet de carte ou de papier. Enfin, si l’on se sert du miel épaissi, on lui donne ainsi la forme qu’il doit avoir en le roulant entre les doigts.
[ Ce n’est pas en le roulant entre les doigts , mais en le faisant cuire fortement, de manière que, coulé dans des cylindres huilés, il s’y solidifie.
On y ajoute assez souvent du sel marin ou d’autres poudres. ] ARTICLE Vm.
Des Cathérétiques et des Escarrotiques.
Les médicamens escarrotiques , appelés cathérétiques quand leur action est moins vive , sont ceux qui servent , soit à brûler la peau, soit à consumer les chairs boursoulïlées , flasques et fongueuses des ulcères , et à les convertir en une escarre qui se détache bientôt. On s’en sert quand on ne peut pas employer l’instrument tranchant. Les sels alcalins, les acides, les oxides métalliques, en font la base. Les uns sont mous, d’autres solides, et beaucoup liquides. Us varient aussi pour la forme , suivant les parties du corps sur lesquelles on les applique, leur degré d’activité, et leur manière d’agir.