Alcohol de Mélisse composé^ vulgairement appelé Eau des
Carmes.
Nous avons cru devoir publier ici la vraie formule de celle composition si vantée, que le hasard nous a fait connaître, nonseulement à cause de la réputation dont elle jouit , mais parce que la méthode qu’on a coutume de suivre dans sa préparation n’est peut-être pas inutile pour conserver l’odeur agréable et pénétrante des aromates.
Prenez : Candie grossièrement pulvérisée;
doux de gérofle entiers;
Noix muscades contuses ;
Semences d’anis contuses;
Semences de coriandre contuses;
Ecorces de citron sèches et coupées par morceaux.
Faite s macérer chacune de ces substances à part, pendant deux ou trois jours , selon la température de l’air , dans
Alcohol (12 — 22 degrés) 1,000
Pour chacune 9^
Distillez ensuite au bain-marie, recueillez chaque liqueur à part, et conservcz-la dans des flacons bien bouchés. Une règle générale, en distillant toutes ces substances , est d'arrêter l’opération lorsque la liqueur commence à passer goutte à goutte, et qu’elle ne cotde plus par un filet continu dans le récipient.
D’une autre part, .faites infuser pendant deux jours dans la même quantité d’alcohol, et distillez chacune à part
Herbe d’angélique toute entière, la lige déjà élevée et la feuille développée , sans ôter même la racine si vous voulez ,
Feuilles et fleurs de ronuriu, de marjolaine , d’hyssopc , de tbvm,
française.
de .«auge , ^
débarras'ées clés irge? , recollées et distillées toutes à l’époque telles oui le plus de parfum.
Taites en nuire macérer et distiller de la même manière, et J même proportion, des feuilles mondées de mélis.se , prises depuis le milieu jus(|u’au sommet de la lige, récoltées principalement au mois de mai, avant la floraison, ou pendant le mois de septembre, époque de la seconde pousse.
Etiquetez chacun des flacons qui renlermenl ces diverses liqueurs, et conservez-les pour en faire l’usage qui va être indiqué.
WGlez-les dans trois cruches ou barils, et mettez dans la première les alcoliols d’aromates secs ;
de candie, parties 5 ,5
de gérofle 5 ,0
de noix muscade 3 ,0
de semences d’anis a ,0
de coriandre 3 ,5
d’écorce de citron. .’ o ,a5
Dans la seconde, les aicohols d’herbes odorantes
d’angélique , parties .' 10
de romarin 6
de marjolaine. . 7
d'hjssope 8
de thym 7
de «auge i5
jO
jO
Dans la troisième , l’alcohol de mélisse seul. Les choses étant ainsi disposées, prenez
De la première, parties 5 ,0
De la seconde 5 ,0
De la troisième ^ .') ,5
Mêlez le tout, et versez dans la cucurbitc de l’alambic , après avoir ajonlê la dixième partie du tout d’eau de fontaine, et la quatre-vingtième de sucre en poudre ( dont l’utilité est fort douteuse) : disiillez au bain-marie, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un cinquième. Ce qui passera dans le récipient sera Veau de 'mélisse.
Obs. II faut noter que, dans cette formule, les proportions dos diverses substances à mêler ensemble sont réglées de manière à ce qu’aucune ne, domine; mais si l’odeur de quelqu’une, celle de la canelle ou du gérofle, .sc prononçait trop dans les barils,, comme cela s’observe ([uelquefois, on la tempérerait en ajoutant une certaine quantité des autres. De même si la mélisse paraissait trop faible, par l’effet de quelque négligence pendant la récolte, il faudrait ajouter goutte à goutte de l’alcohol de citron à celui de méliso,', pour lui rendre rôdeur arouiatique qu’il doit avoir.
îao PHAKMACOPliü
g. Alcohol de citron composé ou Eau de-Colognc.
Prenez : Huile essenliello de Bergamote. .....
de citron •
de cédrat
de romarin
de fleurs' d’oranger
de lavande
de canelle
Somme des huiles
Dissolvez dans
Alcohol (26— 5G degrés).
Alcohol de mélisse composé •.
Alcohol de romarin
Somme de l’alcohoî i4»5oo
Mêlez intimement ; fuites digérer pendant dix jours; distillez au bain-marie J jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un cinquième; ce qui passera dans le récipient sera de Veau de Cologne ,
A laquelle vous pourrez ajouter, pour l’aromatiser ,
Alcohol appelé Eau -de Bouquet chez les parfumeurs (1)
[Quelques personnes préparent l’eau de Cologne en mêlant seulement avec l’alcohol rectiOé les huiles volatiles et les alcoholats, sans soumettre ensuite à la distillation; mais cette préparation est toujours colorée, et moins suave que par 1 autre mode.]
ARTICLE IV
Des Huiles et Sels volatils empyieumatiques. . î. Distillation du Succin.
Prenez : Succin concassé. . . . quantité nécessaire.
Metlf'z-le dans une cornue de grès lutée , dont le bec , pourvu d’une allonge, se rendra dans un vaste récipient tubulé.
Distillez d’abord à une douce chaleur, et augmentez peu-à’ peu , jusqu’à ce qu’il ne passe plus rien (2).
(i) El. de Pliann. de Bauiné , p. ôjg. Traité de Pharm. de Virey, tom. I>
pag. 477- . ^ ,
(a) La chaleur doit être sur-tout ménagée avec soin ; car autrement la matière S8 boiirsouîïlerait et passerait prümjjtcincnt dans l’alionge ; on serait alors exposé à voir les vas-, .1 Luises et a rcrommcnccr l’opération.
12,000 1 ,5oo 1,000
pî\a:k(;aise.
Cependant relVoidissez de temps en temps le récipient avec des linges imbibes d’eau froide. La distillation terminée, séparez l’huile par le moyen d’un entonnoir, et laissez la liqueur s evaporer spontanément ù un air froid. Une partie de 1 acide succinique cristallise, l’autre s’attache aux parois de 1 allonge : on détache cette dernière, et ordinairement on la met a part comme la plus pure. La liqueur acide et oléagineuse qui reste, est ce
qu’on appelait autrefois 1 de; j p -j
r CetL‘ liqueur renferme de l’eau, de l’acide acetique, de 1 acide succinique, etc. Si l’on voulait retirer ce dernier pour 1 obtenir et le réunir à la portion cristallisée dans l’allonge, on pourrait
saturerlaliqueurparlasoucîeouparrammoniaque,ettransfonner,
au moyen de l’acétate de plomb, le succinate en sel insoluble , que l’on décomposerait ensuite par 1 acide sulfurique ou par
l’acide hydrosulfurique.
La portion cristallisée, sublimée pendant la première operation , serait purifiée à l’aide d’une ou deux cristallisations. ]
L’huile que donne la première distillation est d un brun lonce : en la distillant une seconde fois, à feu doux , dans une cornue de verre , on l’obtient d’abord pure et blanchâtre, ensuite colorée , et de plus en plus brune : on sépare ces deux portions pour les conserver isolément.