CLASSIFICATION ET NOMENCLATURE ÉLECTRO-CHIMIQUES
La manière dont les corps se comportent quand on les soumet à l’action de la pile, a fourni à M. Berzélius un moyen de les diviser en deux classes principales. Les uns se rendant au pôle positif, les autres au pôle négatif, M. Berzélius avait nommé d’abord les premiers corps électro-positifs, les seconds corps électro-négatifs. Mais il est clair que si on les suppose chargés, au moment de la séparation, d’électricité libre, ceux qui vont au pôle positif, doivent être négatifs et vice versa.
Aussi M. Berzélius a-t-il changé depuis les noms qu’il avait employés d’abord. Ainsi l’oxygène qu’il appelait corps électro-positif absolu est devenu corps électro-négatif absolu.
Dans toutes les combinaisons de l’oxygène que l’on peut détruire par l’action de la pile, cet élément se rend toujours au pôle positif. Les autres corps simples se rendent tantôt à l’un, tantôt à l’autre pôle, ce qui dépend de l’autre corps auquel ils sont unis : ils ne sont donc négatifs ou positils que relativement. Deux corps électro-négatifs, à l’égard de la plupart des autres, joueront, étant unis entre eux, l’un le rôle positif, l’autre le rôle négatif, ce qui donnera le moyen de les classer en série où chacun sera positif avec celui qui le précède, négatif avec ceux qui le suivent.
Si on en compose un couple voltaïque, celui qui sera plus altérable, pour parler le langage de la doctrine nouvelle, dégagera l’électricité négative, et partant se constituera lui-même positif.
Mais comme on ne peut pas décomposer tous les corps par la pile, et
qu’on ne peut pas les employer tous à former des couples, on conçoit qu’on a dû procéder bien souvent par voie d’analogie pour assigner à chaque corps sa place sur la liste.
Ce qu’on a fait pour les corps binaires du premier ordre, on peut le faire pour ceux du deuxième, ou pour les corps ternaires, si l’on aime mieux. L’acide des sels que l’on soumet à l’action du courant, se rendant au pôle positif de la pile, sera le corps négatif, et la base le corps positif : voilà pour la classificatiop.
Maintenant, pour la nomenclature, il y a eu, il liiut le dire, fort peu de chose à faire : celle de Guyton Morveau , Lavoisier, Berlhollet etFourcroy n’a point été profondément modifiée par M. Berzélius. Il y a une telle relation , entre les propriétés chimiques proprement dites des corps et leurs propriétés électro-chimiques, que la connaissance des premières permet de prédire les autres.
Pour ne pas sortir des limites de mon sujet, je me borne à cette simple indication du parti que la science spéculative a tiré des phénomènes électro-chimiques.
Mais les applications qu’on en a faites à la science pratique, ainsi qu’à l’industrie et aux arts, me paraissent mériter de plus grands développements.