LES SCULPTURES DÉCORATIVES
DES PRINCIPAUX ÉDIFICES DU Ve SIÈCLE
Pour les statues et reliefs isolés, il était facile de signaler immédiatement, au cours du texte ou sous la légende des gravures, en quels musées on les rencontre aujourd'hui. Les sculptures décoratives d'édifices, se trouvant quelquefois dispersées, demandent un plus grand détail d'explication; principalement celles du Parthénon.
Parthénon. — Beaucoup des sculptures du Parthénon sont détruites; beaucoup de celles qui sont restées à leur place sur le monument sont fort mutilées; la presque totalité de celles qui sont bien ou assez bien conservées est au British Muséum, collection Elgin. Cf. A. H. Smith, Catalogue of the sculptures of the Parthénon in the British Muséum (Londres, 1902).
Les 14 métopes à l'Est et les 14 à l'Ouest sont encore en place, martelées, à peine reconnaissables. Des 32 métopes au Nord, il reste en place les 3 premières à partir de l'angle Nord- Est, et les 9 dernières vers l'angle Nord-Ouest, mais abîmées, plusieurs même indistinctes ; les 20 autres ont été détruites par l'explosion de 1687, et on n'en a recueilli que de très rares fragments, presque informes. Des 32 métopes au Sud, il en reste une en place, bien conservée, à l'angle Sud-Ouest; celles qui suivaient, de la 2e à la 9e inclusivement, sont à Londres; la 10e est au Louvre ; les 7 dernières vers l'angle Sud-Est sont aussi à Londres; toutes les autres, de la 11e à la 25e inclusivement, ont été détruites par l'explosion, et on n'en a retrouvé que très peu de fragments; elles nous sont connues cependant par des dessins faits en 1674 sur l'ordre du marquis de Nointel : l'artiste avait pris des croquis de toutes les métopes au Sud,
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de celles-là seulement. Cf. H. Omont, Athènes au XVIIe siècle. Dessins des sculptures du Parthénon attribués à J. Carrey et conservés à la Bibliothèque nationale (Paris, 1898); A. Vandal, les Voyages du marquis de Nointel (Paris, 1900), p. 162 sqq. et 280 sqq. — En résumé, des 92 métopes, il en reste sur l'édifice 41, dont une seule en bon état; des 5i autres (abstraction faite de quelques débris au musée de l'Acropole et à Londres, d'une tête au Louvre et d'une à Copenhague), il en subsiste seulement 16, dont i5 sont à Londres et 1 au Louvre.
Les côtés Est et Ouest de la frise sont parfaitement connus : le côté Ouest, encore en place presque tout entier, sauf les deux blocs les plus voisins de l'angle Nord-Ouest, qui sont à Londres; le côté Est, presque tout entier à Londres, sauf 1 bloc au Louvre et 1 au musée de l'Acropole. Cf. pour une vue du côté Est, restitué aussi complètement qu'il est possible aujourd'hui, A. Michaelis, Strassburger Antiken (Strasbourg, 1901), p. 3o-3i. Les côtés Nord et Sud ont été en grande partie détruits par l'explosion, et malheureusement le dessinateur de Nointel n'avait copié que les deux cinquièmes environ de chacun des deux. Du côté Sud, il ne reste quasi rien en place; il y en a 36 mètres à Londres, et plusieurs blocs au musée de l'Acropole. Du côté Nord, plus rien n'est en place; il y en a 25 mètres à Londres, et un certain nombre de blocs au musée de l'Acropole. — En somme, des 160 mètres de la frise, près de i5 mètres nous sont totalement inconnus (dans les côtés Nord et Sud); près de 20 mètres ne nous sont connus que par des dessins (dans les mêmes côtés); un peu plus de 125 mètres ont été sauvés, dont près de 74 mètres sont à Londres, un bloc d'un peu plus de 2 mètres est au Louvre, et le reste est au musée de l'Acropole ou encore sur l'édifice. — Sur les circonstances qui ont rendu le Louvre possesseur d'un morceau de la frise et d'une métope, cf. Revue arch.,
1894, I, p. 76 sqq. (É. Michon); Ibid., 1894, II, p. 28 sqq. et
1895, I, p. 237 sqq. (Ph. Legrand) ; Bulletin de la Soc. des Antiquaires, 1894, p. 134 sqq. (É. Michon).
Plus de la moitié des figures du fronton Est furent jetées à
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bas et détruites dès le ve siècle de notre ère. Tout ce qui subsiste aujourd'hui est à Londres, sauf quelques débris laissés en place dans les deux coins, quelques autres au musée de l'Acropole, et la tête dite tête Laborde, à Paris. — Le fronton Ouest, dont les dessins faits en 1674 attestent qu'il était demeuré quasi complet, fut détruit en 16S8 par la faute de Morosini; les quelques morceaux importants qui survécurent sont à Londres; un groupe de 2 figures, très détérioré, est resté en place; divers fragments sont au musée de l'Acropole, — On peut, d'un coup d'œil, reconnaître ce qui subsiste et ce qui manque des deux frontons et se rendre compte de la grandeur de la ruine, grâce à deux dessins d' « état relevé », représentant ces frontons tels qu'ils seraient aujourd'hui si tous les morceaux subsistants étaient remis dans le tympan à la place qu'ils y occupaient originellement : Antike Denkmœler, I, pl. 58e (B. Sauer). Les vides nombreux et vastes de ces deux tympans ont une éloquence singulière. Notons à cette occasion que l'auteur des dessins a fait erreur, en maintenant dans l'aile droite du fronton Est, selon une tradition non discutée jusqu'à ces derniers temps, une figure féminine debout, qui certainement appartenait à l'aile droite du fronton Ouest.
Autres monuments attiques. — Les métopes et les deux frises de YHéphaisteion d'Athènes sont encore en place. Cf. B. Sauer, Das sog. Theseion und sein plastischer Schmuck (Berlin et Leipzig, 1899). — Une partie de la frise du temple d'Athéna Niké est à Londres. Cf. A. H. Smith, Catalogue sculpt. in British Muséum^ I, no 421 sqq. Ce qui avait échappé à lord Elgin a été remis en place lors de la ré-érection du temple en i835-i836 par les Allemands Ross, Schaubert et Hansen. Quant aux reliefs de la balustrade, tous les morceaux retrouvés sont au musée de l'Acropole. Cf. R. Kekulé, Die Reliefs an der Balustrade der Athena Nike (Stuttgart, 1881). — Les fragments de la frise de YÉrechtheion sont aussi au musée de l'Acropole. Une des Caryatides est au British Muséum (cf. A. H. Smith, Ibid., n° 407), et a été remplacée par un moulage en terre cuite, lors de la restauration que l'architecte
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Paccard fit en 1846, aux frais de la légation de France à Athènes. — Les misérables débris de la frise du temple de Poséidon au cap Sounion ont été laissés sur le terrain. Cf. Athen. Mittheilungen, IX, 1884, p. 324 sqq. (W. Dœrpfeld) et 338 sqq. (E. Fabricius).
Temple d'^Egine. — Les restes des deux frontons, retrouvés dans les fouilles de 181 1, sont tous à Munich. Cf. A. Furtwjsngler, Beschreibung der Glyptothek \u Milnchen (Munich, 1900), p. 77 sqq.; Id, sEgina, p. 176 sqq. Les fragments nouveaux, exhumés dans les fouilles de 1901, sont restés à iEgine ou ont été transportés à Athènes, Musée national. Cf. A. Furtw^ngler, sEgina, p. 188 sqq.
Temples du Péloponnèse. — Les sculptures du temple de Zeus à Olympie sont, quelques-unes au Louvre, les autres à Olympie même, parce qu'elles ont été découvertes en deux fois : dans les fouilles de l'Expédition française de Morée, l'année 1829, et dans les fouilles allemandes de 1875 sqq. Les fouilles de 1829 ne ramenèrent au jour que des morceaux des métopes ; la plus belle trouvaille fut celle de la métope Héraclès et le taureau ; les principaux des fragments retrouvés, sinon tous absolument, ont été rapportés au Louvre. Cf. Revue arch., 1-895, II, p. 78 sqq. et i5o sqq. (É. Michon) ; Olympia, III, tableau p. 140 sqq. (G. Treu). Le reste de ce qu'on connaît des métopes, particulièrement la belle métope Héraclès et Atlas, provient des fouilles allemandes, ainsi que tout ce qui a subsisté des frontons : ces sculptures-là sont conservées au musée d'Olympie.
La frise entière du temple de Bassae-Phigalie est au British Muséum. Cf. A. H. Smith, Catalogue sculpt. in British Muséum, I, n° 520 sqq. Pour les métopes, lamentablement mutilées, de ce même temple, cf. A. H. Smith, Ibid, n° 5 10 sqq.; Berichte d. Gesellschaft d. Wissenschaften pi Leipzig, Phil.-hist. Classe, 1895, p. 207 sqq (B. Sauer); Athen. Mittheilungen, XXI, 1896, p. 333 sqq. (Id). — Les restes des frontons et métopes de YHéraion d'Argos sont à Athènes, Musée national. Cf. CWald-
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stein, The Argive Herœum. I (Boston et New-York, 1902), p. 144 sqq.
Monuments d'Asie. — Toutes les sculptures retrouvées du monument « des Néréides » sont au British Muséum. Cf. A. H. Smith, Catalogue sculpt. in British Muséum, II (1900), p. 1 sqq. — La totalité des frises de l'héroon de Trysa a été transportée à Vienne. Cf. O. Benndorf et G. Niemann, Das Heroon von Gjœlbaschi-Trysa (Vienne, 1889).