DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE IV
péri^. Mais la superficie est beaucoup mieux conservée dans ce qui reste qu'elle ne l'est dans le Bacchus ou Thésée^ de sorte qu'on peut jouir de l'exécution^ qui est admirable. La pose de l'Ilissus est^ d'ailleurs, pleine de vie et de naturel. Le dieu-fleuve, entendant la nouvelle de la lutte qui vient de s'engager entre Minerve et Neptune, ou peut-être tiré de sa rêverie par le bruit du char, se soulève de la terre où il reposait^ et^ en s'ap* puyant sur sa main, se tourne vers le lieu de l'action • Le mouvement marque bien la curiosité, ou même l'intérêt 5 mais il n'a pas, ce me semble^ l'impétuosité que lui prête Visconti^. J'y crois sentir, au contraire, quelque chose d'indolent, une sorte de lenteur qui convient sans doute à un fleuve dont les eaux^ chères aux muses, coulaient avec une paisible harmonie, et parfois s'endormaient un peu sous les lauriers-roses* M. Beulé me semble avoir très-bien saisi dans cette figure un certain caractère féminin qui se marque surtout vers la chute des reins ^. Bien que les formes du corps soient pleines et vigoureuses, elles ne sont cependant pas exemptes de mollesse; on voit que ce corps n'est pas celui d'un héros exercé aux combats, mais d'un dieu qui vit dans le repos^ occupé d'une tâche facile. Les Athéniens n'avaient sans doute pas besoin d'autre indice pour reconnaître le fleuve dont l'urne paresseuse, à l'agréable murmure.
1. La main gauche et une partie du bras droit existaient encore du temps de Stuart , qui a dessiné cette statue « Antiq, of Ath.^ t. II, pi. 9.