DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE VL
vers lui. Viennent ensuite un dieu et une déesse qui paraissent former un second couple; la déesse a pour attribut un flambeau ; le dieu est représenté dans l'attitude du Mars de la villa Ludovisi, tenant un de ses genoux élevé et serré entre ses deux mains. Ce dernier personnage a été pris pour Vulcain par Otfried Mûller, pour Triptolème par Visconti, pour Mars par M. Beulé, pour Mercure par M. Lenormant. Je demande la permission de le nommer Thésée; j'essayerai de justifier cette opinion. Quant à la déesse, dans laquelle on a voulu voir tantôt Cérès, tantôt Diane, je la tiens pour Vénus avec M. Lenormant. Le rapport dans lequel Thésée est ici avec la déesse de l'amour s'explique par le culte du héros athénien pour Vénv^ Pandémos, à laquelle il éleva un temple dans Athènes, afin d'appeler sa protection divine sur les dèmes de l'Attique réunis par lui en un seul État.
Je reviendrai sur ces deux figures quand j'aurai parlé du groupe suivant qui se trouve en relation étroite avec elles. Ce groupe est composé de trois figures dont l'une, assise sur un trône orné de sphinx , a été reconnue unanimement pour Jupiter ^. A côté de lui est une divinité qu'on a prise assez naturellement pour Junon, et devant celle-ci une jeune déesse debout, qu'on a appelée Iris. La femme dans laquelle on a vu l'épouse du dieu souve-
1. Jupiter avait été choisi par les Athéniens pour souverain de leur ville après la mort de Godrus (Scolies sur Aristophane, Nuées, vers 2), de la même manière qu'on a vu depuis Jésus-Christ élu roi de Florence , ce que rappelle une inscription placée au-dessus de la porte du Palazzo vecchio.
rain paraît justifier ce titre, et par la majesté de son attitude, et par le geste à la fois plein de noblesse et de pudeur au nfioyen duquel , en se tournant vers lui , elle écarte et retient son voile derrière elle comme pour se révéler à lui seul. Cette pose se retrouve, en effet , dans quelques représentations de Junon. Ce mouvement n'est cependant pas exempt d'une certaine coquetterie , puisqu'il fait voir un bras dont la beauté rappelle une des épithètes poétiques de la déesse * ; et c'est là un argument de plus pour la dénomination attribuée à cette figure. Quant à Iris, quoi de plus naturel que de placer auprès du couple auguste la messagère attitrée des volontés divines ?
Je proposerai cependant d'autres noms. Je vois dans la femme qui écarte son voile l'antique divinité de l'ordre naturel et de l'ordre moral, Némésis^, dont les rapports avec Jupiter étaient consacrés par d'anciennes traditions mythologiques. Ces traditions lui attribuaient le rôle de Léda *, avec laquelle elle paraît même avoir été