‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 285 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE VIII

SOUS le règne d'Antipater. Né à une époque de gloire, de patriotisme et de liberté, il s'éteignit dans la honte et l'asservissement de la patrie athénienne. L'art vécut plus longtemps dans les écoles doriennes. On vit sortir des ateliers des fondeurs des bronzes athlétiques lorsque le ciseau des sculpteurs avait cessé de travailler le marbre pour les temples. Après la ruine de la Grèce, lorsque le goût des Romains pour les arts amena une renaissance de la sculpture, ce fut le génie dorien qui prédomina parmi les nouveaux artistes et qui marqua de son empreinte les nouveaux chefs-d'œuvre de l'époque romaine. Polyclète fut alors préféré à Phidias, et, comme cela devait être, l'art systématique des écoles d'Argos et de Sicyone au grand art athénien. Mais le génie grec était éteint et la fécondité de l'art épuisée. De pâles imitations, des redites fastidieuses, entre lesquelles quelques nobles œuvres apparaissent çà et là, signalent ses derniers efforts vers une perfection abstraite et morte. Comme la Niobé du poëte, qui couvait des tombeaux, la Muse de la sculpture essaye en vain de réchaufferdes marbres glacés; elle se traîne en expirant sur des pierres stériles.

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