‹ Philemon et Baucis opera comique en trois actes de Jules Barbier & Michel Carre (volume 2)Chapitre 11 sur 100 · PHILÉ .MON · texte numérisé non relu

PHILÉ .MON

A plus de soixante ans!

VULCAIN

Et vous n’avez d’autre ordinaire Que ces figues et ce raisin ?

BAUCIS

Avec cette onde claire- Prise au ruisseau voisin. *

Le reste est superflu, nous n’en avons que faire. . Écoutez, à ce propos,

Un apologue fort sage.

Un conte de mon jeune âge,

Que veux essayer de vous dire eu deux mots :

Un rat de ville.

D’humeur eivile,

S’en vint diner par passe temps

- ia

PHILÉMON ET B.VUCIS.

Chez sun ami le rat des champs.

La maigre chère Du pauvre hère Déplut au noble citadin ;

Et du repas hâta la fin.

— >• Viens tout à l’heure « Dans ma demeuré’;

»• Quittons ce rustique séjour,

»< Dit-il, je t’invite à mon tour. »

— « Allons, dit l’autre,

« Goûter du vôtre.

“ On m’a parlé de vos trésors... »

Ils partent ; les voilà dehors.

Le couple avide D’un pas rapide Gagne la ville et les remparts ;

L’ombre régnait de toutes parts.

Par la fenêtre Vite on pénètre

. Dans une salle aux lambris d’or Où le souper fumait encor.

Le rustre admire ;

L’autre de rire.

On s’installe pour miepx manger ;

Mais quelqu’un vient tout déranger.

Un bruit de porte Soudain emporte Et l'appétit et la galté !

— Chacun s’enfuit de son côté.

— Rejoignons vite « Mon pauvre gîte !...

•< Se dit notre rat campagnard,

». Mfln sommeil, mon orge et mon lard !

<• La joie est double ». Que rien ne trouble ;

<• Chez nous on est moins' bien traité,

*• Mais on y mange en sûreté ! »

JUPITE R.- 9 ,

Bien dit! — Fi du plaisir que peut troubler la crainte! Le vrai bonheur n’est pas où règne la contrainte.

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