ACTE II
Que le tambour résonne et que la corde vibre!
Buvons ! chantons ! frappons la terre d’un pied libre En avant! eh avant!
(ce chœur entoure la Bacchante
C’est le vin qui de nos songes A peuplé les cieux !
Chantons le dieu des mensonges Créateur des dieux !
H^dès n’aura pas la gloire D’effrayer mon cœur !
Payons cette vieille histoire D’un rire moqueur !
Laissons des sœurs homicides Les ciseaux sanglants.
Et les pâles Euménides
Aux vieillards tremblants!
C’est le vin qui de nos songes A peuplé les cieux !
Chantons le dieu des mensonges « Créateur des dieux !
S’il est un maître suprême,
C’est l'homme ipi-bas;
Jupiter plein de lui-même Ne nous entend pas!
Bravons d’un dieu qui sommeille L’éternelle mort,
Et que la terre s'éveille Quand l’Olympe dort !
C’est le vin qui de nos songes A peuplé lès cieux !
Chantons le dieu des mensonges,
Créateur des dieux !
TE CHCETJR,
Que le tambour résonne et que la corde vibre!
Le thyrse dans la main et les cheveux au vent,
Buvons, chantons, frappons la terre d’uu pied libre!
En avant! En avant!
DAÜSK DES BACCHANTES.
SCÈNÊ III.
Les Mêmes, VULCAIN.
V U L C A 1 N, paraissant au fond.
Arrêtez !
LE CHOEUR
Que nous veut ce triste personnage?
VULCAIN
Au nom du dieu puissant qu’on brave et qu’on outrage, Audacieux mortels Qui souillez ses, autels,
Je viens, suivi par la tempête Interrompre vos jeux et troubler votre fête!
LE CHOEUR
D'où sort ce risible devin,
Cet oiseau de mauvais présage,
Ce fou chargé d’un noir message Dont la voix nous menace en vain !
VULCAIN
Jupiter votre maître En ces lieux va paraître ,
Et vous allez connaître Le pouvoir de son bras !
Croyez à ma menace,
Implorez votre grâce,
Ou toute votre race Est vouée au trépas !
LE C H OE U R , l’entourant.
Hors d’ici ! Qu’on le chasse !
VULCAIN
Malheur! malheur à qui porte sur moi la main !
— Je suis Vulcain !
LE C H OE U R , arec des éclits de rire moqueur*
— Vulcain le forgeron! — Vulcain le dieu difforme! VULCAIN. «
Vulcain fils de Junon ! — Vulcain maître du feu ! '