P II ILE MON
A plus de soixante ans!
VULCAIN
Et vous n’avez d’autre ordinaire Que ces figues et ce raisin ?
BAUCIS
Avec cette onde claire Prise au ruisseau voisin.
Le reste est superflu, nous n’en avons que faire.
: Écoutez, à oe propos,
Un apologue fort sage,
Un conte de mon jeune âge,
Que je veux essayer dé vous dire eu deux mots :
Un rat de ville,
D’humeur civile, «
S’en vint dîner par passe temps
• Chez son ami le rat des champs.
La maigre chère Du pauvre hère Déplut au noble citadin ;
Et du repas hâta la fin .
— « Viens tout à l’heure « Dans ma demeure;
« Quittons ce rustique séjour,
Dit-il, je t’invite à mon tour. »
— •< Allons, dit l’autre,
•< Goûter du vôtre.
« On m’a parlé de vos trésors... »
Ils partent ; les voilà dehors.
> Le couple avide
D’un pas rapide Gagne la ville et les remparts ;
L’ombre régnait de toutes parts.
Par la fenêtre Vite on pénètre
Dans uue salle aux lambris d’or Où le souper fumait encor.
Le rustre admire ;
L’autre de rire.
On s’installe pour mieux manger ; |
. Mais quelqu'un vient tout déranger.
Un bruit de porte
Soudain emporte »
Et l’appétit et la gaité !
— Chacun s’enfuit de son côté.
— “ Rejoignons vite (i Mou pauvre gîte !...
, « Se dit notre rat campagnard,
i< Mon sommeil, mou orge et mon lard!
i. La joie est double , •* Que rien ne trouble ;
“ Chez nous on est moins bien traité,
“ Mais on y mange en sûreté ! »
JUPITER
Bien dit! — Fi du plaisir que peut troubler la crainte! Le vrai bonheur n’est pas où règne la contrainte.