‹ Philemon et Baucis opera comique en trois actes de Jules Barbier & Michel CarreChapitre 12 sur 38 · P II ILE MON · texte numérisé non relu

P II ILE MON

A plus de soixante ans!

VULCAIN

Et vous n’avez d’autre ordinaire Que ces figues et ce raisin ?

BAUCIS

Avec cette onde claire Prise au ruisseau voisin.

Le reste est superflu, nous n’en avons que faire.

: Écoutez, à oe propos,

Un apologue fort sage,

Un conte de mon jeune âge,

Que je veux essayer dé vous dire eu deux mots :

Un rat de ville,

D’humeur civile, «

S’en vint dîner par passe temps

• Chez son ami le rat des champs.

La maigre chère Du pauvre hère Déplut au noble citadin ;

Et du repas hâta la fin .

— « Viens tout à l’heure « Dans ma demeure;

« Quittons ce rustique séjour,

Dit-il, je t’invite à mon tour. »

— •< Allons, dit l’autre,

•< Goûter du vôtre.

« On m’a parlé de vos trésors... »

Ils partent ; les voilà dehors.

> Le couple avide

D’un pas rapide Gagne la ville et les remparts ;

L’ombre régnait de toutes parts.

Par la fenêtre Vite on pénètre

Dans uue salle aux lambris d’or Où le souper fumait encor.

Le rustre admire ;

L’autre de rire.

On s’installe pour mieux manger ; |

. Mais quelqu'un vient tout déranger.

Un bruit de porte

Soudain emporte »

Et l’appétit et la gaité !

— Chacun s’enfuit de son côté.

— “ Rejoignons vite (i Mou pauvre gîte !...

, « Se dit notre rat campagnard,

i< Mon sommeil, mou orge et mon lard!

i. La joie est double , •* Que rien ne trouble ;

“ Chez nous on est moins bien traité,

“ Mais on y mange en sûreté ! »

JUPITER

Bien dit! — Fi du plaisir que peut troubler la crainte! Le vrai bonheur n’est pas où règne la contrainte.

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