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Architecture, fol. 13. Ce n’est peut-être pas tout à fait

LES MAITRES DE L’ART

L’abbé d’Ivry tourna la difficulté en reléguant les bâtiments du quinzième siècle, très irréguliers, dans une sorte d’aile droite, indépendante du nouveau logis. Il en fît un des côtés d’une première cour, dite basse-cour, où il disposa la chapelle, les cuisines, et divers services accessoires, ainsi qu’une fontaine monumentale. Vers l’aile gauche, pour la symétrie, il traça une seconde cour de dimensions analogues, desservant le jeu de paume et conduisant aux écuries. Elle reçut, comme Iapremière, une fontaine magnifique, couronnée de la statue de Diane que l’on admire aujourd’hui au Louvre 1 (pl. III).

Entre la cour de la fontaine et la cour de la chapelle s’étendait la cour d’honneur, desservant le château proprement dit.

Ici, taillant dans le neuf, de l’Orme suivit un plan d’une précision géométrique. La cour, parfaitement rectangulaire, était circonscrite sur trois côtés par les bâtiments d’habitation, et fermée du côté de l’entrée par le célèbre portail que l’on voit encore en place, et qui donnait au logis de Diane une noblesse sans pareille. Mais dans l’ordonnance géné-

exact. En d’autres passages, fol. 12 v° et fol. 13, de l’Orme parle des difficultés, des déboires, des grandes envies et haines qu’il rencontra dans ses travaux d’Anet.

1. Une tradition ancienne attribue ce magnifique morceau à Jean Goujon. Il est curieux qu’aucun texte ne soit venu confirmer cette conjecture et que du Cerceau, qui a gravé la fontaine, n’ait pas donné le nom de l’auteur. Cf. Vitry, Jean Goujon, p. 80.

raie de l’édifice, en dépit de la liberté qui lui était laissée, le surintendant fut loin d’appliquer ses principes avec la même rigueur qu’à Saint-Maur. Plus d’attique, de frises le long de la corniche, de pilastres entre les croisées. Une haute toiture d’ardoises, sur laquelle se détachent des lucarnes d’un dessin exquis et de superbes cheminées sculptées, recouvre tout le château. De grandes fenêtres à meneaux régnent le long de la façade, et aux angles des bâtiments s’arrondissent d’élégantes tourelles en encorbellement. Jamais, autant que dans cet ensemble, de l’Orme n’a fait de concessions à la mode française.

Pour retrouver la « vraie architecture », il faut regarder aux détails. N’est-ce pas un véritable monument romain que l’entrée du grand logis, telle qu’elle se détachait au fond de la cour seigneuriale et telle que nous la pouvons voir aujourd’hui réédifiée dans la cour de l’École des beaux-arts (pl. XVII)? Les trois ordres s’y étagent dans un dessin parfait de goût et de proportions, encadrant la statue de Louis de Brézé, et portant sur la frise les regrets, que nous aimons à croire sincères, de sa belle veuve :

Broezeo hæc statuit per grata Diana marito Ut diuturna sui sint monumenta viri.

Cette superbe ordonnance, faisant avant-corps, se reliait aux deux ailes par un portique d’ordre

dorique, à colonnes accouplées et monolithes comme toutes celles d’Anet, qui régnait le long du grand corps de logis.

L’aile gauche, la seule qui soit encore debout, ne comportait pas de portique, mais l’ordonnance reparaissait à l’aile droite, où s’élevait la chapelle, véritable temple antique recouvert d’une coupole sphérique et surmonté d’un campanile en forme de petit édicule (pl. XI).

Rien de plus gracieux ne fut jamais imaginé par l’architecte du roi Mégiste. C’était bien là l’oratoire de cette époque de piété tiède et élégante, où les souvenirs de l’antiquité païenne se mêlaient aux symboles de la foi chrétienne et aux exemples de l’Écriture sainte. La tribune communiquait avec le premier étage du château. O11 y pénétrait de plain-pied par une vaste galerie occupant toute l’aile droite. Deux escaliers, renfermés dans la base des tours, permettaient de descendre au rez-dechaussée. Tout avait été prévu pour concilier l’accomplissement des devoirs religieux avec la majesté du roi ou l’agrément de la favorite.

Un tel bijou méritait de survivre à la destruction totale du grand corps de logis et de l’aile droite où il était enchâssé. Mais il a perdu toute sa signification depuis que nous voyons isolées une façade, que de l’Orme n’avait faite si plate que parce qu’elle était masquée par le bâtiment du devant, et deux flèches — encore une concession à la mode fran-

çaise! — taillées en pyramides et nues comme des solides géométriques, qui ne devaient paraître

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