‹ Philiberte: comédie en trois actes et en versChapitre 47 sur 78 · RAT1I01<ID · texte numérisé non relu

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Il sufQt, et c^est trop de bonté.

Moi , j'ai tout oublié, selon notre traité ; Et cette main d'ami que j'avais repoussée , Je vous l'offre, à mon tour, sans arrière-pensée.

Est-ce bien une main d'ami? J'en doute un peu.

64 PHILIBEAi^E.

ftATMOND.

Et que croyez-vous donc?

PHILIBBRTE.

Je crois... je crois... mon Dieu, Je crois ce que tantôt je ne voulais pas croire; Ce que vous me disiez.

EATHOTÏD.

Je n'en ai plus mémoire...

Ou plutôt, laissons Ht des détours superflus : Je vous aimais tantôt , je ne vous aime plus. Vous avez su d'un mot me remettre à ma place ; Mais j'y suis retombé le cœur frappé de glace. Les chutes que Ton fait d'une pareille hauteur Sont des sauts de Leucade et guérissent le cœur.

Ne puis-je racheter l'odieuse parole?...

EATMOND.

On dit que l'écrit reste et que le mot s'envole ; C'est faux. Il est des mots qui, semblables au fer, Se brisent dans le cœur comme lui dans la chair. La blessure sur eux avec le temps se ferme , Mais on en sent toujours le froid sous l'épiderme; Et la seule façon de les bien oublier C'est sur l'endroit blessé de ne pas appuyer. Ne parlons donc jamais de cette triste scène : Grâce à sa netteté, la plaie est déjà saine.

Voire bonté, qui veut tout à fait la guérir, Pourrait par ses efforts peut-être la rouvrir.

JULIE

Tout doux , mon cher monsieur, ne prenez pas b moucne

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