ACTE III
TALMAT.
J'ai trouvé sur ma route un fossé d'eau bénito
• LB DUC
Si sa conversion vous surprend , par ma foi Elle ne vous surprend toujours pas plus que m(n«
RAYMOND
Je suis heureux et fier de la métamorphose, D'autant plus que j'y crois être pour quelque chose» Et le conseil d'ami que je vous ai donné Vers un meilleur chemin vous aura retourné.
TALMAT.
Vous vous imaginez que c'est votre défense Qui m'a fait renoncer à mon impertinence?
RAYMOND
Elle ne vous en a du moins pas empêché,
Et je m'en applaudis ; car j'eusse été fâché
Que par un point d'honneur à transgresser mon ordre
Vous eussiez entre nous amené du désordre.
Je croyais ce respect pour le fruit défendu
Parmi les jeunes gens entièrement perdu.
TALMAY.
Vous paraissez chercher un prétexte à vous battre , Cher monsieur ; qu'à cela ne tienne : en voici guatre.
LE DUC, k part.
S'ils pouvaient revenir tous deux estropiés 1
TALMAY.
J'ai parfaitement mis vos ordres sous mes pieds, Et je suis bien en règle avec votre insolence;
90 PHILTBERTE.
Un. — Philiberte m'a pardonné mon offense, Deux. — Vous êtes forcé de donner votre yoix À notre mariage ou d'être absurde ; trois.
Enfin , et pour Tappoint, je vous déclare en face Que vous êtes un sot qu'il faut mettre à sa place.
&ATMOHD.
Vous attesterez que je suis l'insulté.
Volontiers.
RAYMOND
Je connais un endroit écarté Dans le parc, bien uni, bien sablé, long et large, Un endroit fait exprès enfin pour qu'on s'y charge»
TALHAT.
Allons.
RATMOND , an dno.
Monsieur veut-il nous servir de témoin?
LE DUC
C'est selon, mes enfants. Votre endroit est-il loin?
RAYMOND
Au fond dn parc.
LE DUC
C'est trente arpents pour aller ; trente Pour revenir; or trente et trente font soixante ; Plus soixante» ans que j'ai font au total cent vingt. Bien obligé — d'ailleurs Je vous suivrais en vain ; Vous êtes gens d'honneur et pour tomber en garde