‹ PhiliberteChapitre 26 sur 71 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

C'est qu'ils n'ont jamais eu les prunelles bien nettes,

Moi , qui la regardais à travers vos lunettes ,

Je voyais tressaillir en elle , à tout moment ,

Quelque grâce nouvelle à chaque mouvement.

Ne vous êtes-vous pas , auprès d'une eau dormante ,

Amusé quelquefois d'une main nonchalante

A faire s'élargir et courir devant vous

Des cercles lumineux en jetant des cailloux?

Je n'y manque jamais quand la rive est déserte.

Eh bien , je viens de faire auprès de Philiberte

Quelque chose d'assez semblable au jeu susdit ;

Je viens de lui jeter des pierres dans l'esprit.

L'image vous paraît baroque et vous effraie ;

Mais réfléchissez-y, vous la sentirez vraie.

Or, qu'est-il advenu? Qu'en faisant de mon mieux

Miroiter cet esprit et chatoyer ces yeux ,

Je me suis au miroir pris comme une alouette.

RAYMOND

Quoi, monsieur?...

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