ACTE ITI
Oh 1 de cela surtout.
TALMAY.
Puis-je m'y conformer?
Ce n'était qu'un caprice et qu'une fantaisie Dont ma tète dabord était seule saisie ; Mais elle s'est changée en véritable ardeur Dont le foyer brûlant est au fond de mon cœur.
Je vais vous envoyer quelqu'une de mes femmes A qui vous finirez le récit de vos flammes.
TALMAY.
Cruelle ! c'en est trop. Ah 1 vous ne m'aimez pas, Je le vois bien.
C'était facile à voir.
TALMAY.
Hélas î Je n'ai plus qu'à mourir.
Cette dernière affaire Pourra vous retenir quelque temps sur la terre.
TALMAY.
Vous vous moquez de tout ! 0 funeste maison ! En y mettant le pied j'ai perdu la raison î
Oh 1 — J'ai connu certain poète sans ressource
Qui se vantait toujours d'avo'r perdu sa bourse.
TALMAY.
Je suis un étourneau, c'est convenu ! Pourtant J'ai prouvé mon bon sens par un signe éclatant, Quand seul j'ai fait justice à tout votre mérite.
La part que j'en possède à ce compte est petite ; Mais je crois valoir mieux que le très-piètre honneur D'occuper un instant l'ennui de monseigneux.
TALMAY.
Faites-vous tant d'injure à mon idolâtrie?
Loge-t-on son idole en une hôtellerie ? Du cœur que vous m'offrez il n'est ni plus ni moins : Les passants ont écrit leurs noms dans tous les coins.. Excepté dans un seul, que monseigneur réserve Pour y placer Junon à défaut de Minerve.
TALMAY.
Puisque je ne veux pas me marier!
Tenez, Vos secrets sentiments, je les ai devinés. Je ne vous déplais pas, mais vous trouveriez presque Que m'épouser serait sottise romanesque.
TALMAY.
Que vous me jugez mal !
Non ; votre ambition Vous réserve à plus riche et plus haute union,