LE DUC, JULIE, D'OLLIYON
Où sont donc ces messieurs et ma mère et ma sœur? On nous laisse tout seuls avec notre bonheur, Et monsieur d'Ollivon trouve que l'étiquette Souffre déjà beaucoup d'un si long tête-à-tête,
d'ollivon.
Vous vous moquez de moi! Pouvez-vous supposer?...
JULIE
Vous n'êtes pas du tout forcé de m'épouser, Vous savez,
d'ollivon.
Je le suis par mon amour ex-trème.
JULIE
Non, vous ne m'aimez pas comme je veux qu'on m'aime! Je vous en avertis , j'ai la prétention De plaire à mon mari jusqu'à la passion, Comme ma sœur. C'est bien la peine d'être belle Pour ne pas attirer autant d'hommages qu'elle !
LE DUC
Mais, mon enfant, monsieur vous aime tant qu'il peut.
JULIE
Ah! oui! c'est un glaçon qui de rien ne s'émeut.
d'ollivon.
Si je ne montre pas ces éclats de tendresse
Qui mettent une femme au rang d'une maîtresse,
ACTR III. 9;^,
Croyez que mon amour n'en e^t pa^ moin? profond, Et votre sœur n'est pas plus adorée au fond.
JULIE
Enfin! Sur ce fond calme il faut bien me rabattre.
Au duc.
Où sont ces deux messieurs?
* LE DUC
Ils sont allés se battre.
JULIE , à dOUivon.
Vous voyez bien, monsieur! vous ne vous battez pas!
DOLLIVO.V.
Contre qui? Désignez un rival à mon bras.
Si les moulins à vent me disputaient votre âme,
Je les provoquerais pour vous prouver ma flamme.
JULIE
Oui, je suis une sotte et vous avez raison.
LE DUC . à part.
Il a réponse à tout ce prétendu glaçon.
JULIE
Mais ce vilain combat passe la raillerie : Il le faut empêcher.
DOLLIVOX.
Pourquoi donc, je vous prie? Ces messieurs sont rivaux et se battent, eh bien! C'est dans l'ordre; il ne faut les déranger en rien.
JULIE
Ce flegme! Supposez pourtant quun d'eux succombe...
LE DUC
Tous les duels, mon enfant, n'ouvrent pas une tombe.
d'ollivon.
Puis, si l'un des deux meurt, il n'aura pas l'ennui De voir l'autre épouser votre sœur aujourd'hui.
JULIE
Ah! je vous croyais froid, mais non pas méchant homme.
LE DUC
Monsieur dit vrai, ma chère, et parle en gentilhomme.