SCENE YI. 2t
PHILIPPE changeant de ton.
Vous voilà donc enfin!... morbleu! n'ayez-vous pas de honte?...
FBÉBÉRIC.
Ah! je t'en prie, fais-moi grâce de tes remontrances. Je ne suis pas en humeur de les entendre.
Et VOUS les entendrez pourtant... Qu est-ce que ci signifie, une vie comme celle-là?... Nous donner de rinquiétude à tous... à moi surtout, et à mademoiselle.
FEÉDÉRic se levant vivement.
Mademoiselle, dis-tu?... Eh! quoi, Philippe, elle saurait?.,.
Elle sait tout... j'ai eu heau mentir pour vous excuser; ce qui ne me serait pas arrivé pour moimême... Elle n'a rien voulu entendre!... elle est furieuse contre vous.
FRÉDKRIC.
Allons, il ne manquait plus que cela!... j'aurais tout bravé... je prenais mon parti... mais sa colère... Ah! jamais... moi, qui donnerais ma vie pour lui épargner un regret, un chagrin...
A la bonne heure... mais est-ce que vous ne craignez pas aussi de ine faire de la peine?,., à moi, votre soutien, qui, absent ou présent, suis toujours là, pour vous surveiller, pour vous défendre... vous n'ayez donc pas d'amitié pour moi?
FRÉDÉRIC
Si fait, Philippe. .. pardonne -moi... je suis un fou, un ingrat... mais non... tiens, je suis malheureux, yoila tout.
Vous êtes malheureux!.,, {s'' arrêtant plus froide
ment.) Je comprends vous avez fait quelques
sottises?
Une seule d'abord, qui m'en a fait commettre
vingt autres,
C'est beaucoup pour commencer... mais allons par ordre.
JRÉDÉRIC.
Je suis amoureux.
Amoureux!... Eh bien, il n'y pas de mal., il faut l'être quelquefois... pourvu que chaque fois ca ne dure pas long-temps.
FRÉDÉRIC
Mais c'est d'une personne si fort au-dessus de
moi!
Bah! quand on est jeune, et assez bien... il n'y a plus de distance.,, et cette personne...
FRÉDÉRIC
Ah! si tu savais... mais non, je voudrais me le cacher à moi-même... Ah! Philippe... qu'il est cruel de sentir au fond du cœur qu'on pourrait se distinguer... qu'on serait capable d'arriver.,»