THÉORIE DE L'EVOLUTION ET THÉORIE DE LA CONNAISSANCE
n'est pas pressé d'arriver à 1 1 conclusion ; il ne veut pas se forger une idée qui pourrait servir d'étendard, il s'avance au contraire pas à pas, peu à peu, suivant que la vérité se montre à lui. Il s'agit de se garder l'horizon ouvert. Cette marche des idées apparaît notamment chez Ardig6 en ce qui a trait au problème de l'unité de l'ôtre, par opposition d'une part au matérialisme, d'autre part à la tendance à s'en tenir à une multitude de faits sporadiques. Dans son dernier ouvrage {Vunità délia coscienza, 1898) il se prononce dans ce sens surtout à l'égard du problème psychologique. Marchesini, un de ses élèves, part de ce point de vue, dans un écrit spécial intitulé la « Crise du positivisme» [La crisi delpositivismo, Torino 1898), pour discuter l'attitude de la philosophie d'Ardigo vis-à-vis du positivisme. Il apparaît que le point de vue d'Ardigo a sur ce point une certaine ressemblance avec le point de vue de Wundt. Déjà du reste Villari et Anguilli s'étaient levés pour critiquer d'une manière semblable les anciennes formes du positivisme.