II
cères thoraciques et les masses cérébrales hors. | crâne. Ces espaces provenaient d’enfoncemens pratiqués dans le placenta, parce que les diaphragmes, !
disposés pour la plupart comme les lames du péritoine , étaient une continuation des membranes de
l'amnios. Ces enveloppes générales du fœtus, qui |
avaient fourni la matière des cloisons, s’en distin-
guaient cependant à quelques égards.
C’est dans la situation où le fœtus etson placenta
sont figurés que nous les avons reçus : par consé-
quent nous ne garantissons que l’adhérence de la,
bride #2, qui avait fixé la tête au placenta. N'ayant vu qu’en vestiges les brides des viscères thoraciques, nous les jugeons dilacérées, sans pouvoir dire à quelle époque. La poche fœtale n’a pu s’ouvrir sans avoir causé ces déchirures : mais auraient-
elles attendu le moment de cette crise ? et n'est-il |
pas plus raisonnable de les attribuer aux agitations et au poids du fœtus dans le dernier mois de la gestation ?
Quoi qu'il en soit, l’état de choses que nous ve-g
nons de décrire ne constitue pas moins un système
de pièces similaires en dehors du fœtus, toutes |
pièces inconnues jusqu’à ce jour, un appareil qui déploie une force d'inertie, et subséquemmentune résistance en opposition à la prédisposition de l’être pour ses développemens normaux. On remarquera en effet qu'il n’y a de brides que là où sont des
(at)
viscères déplacés, repoussés du centre et retenus à
la circonférence. Si l'on n’a non plus oublié les
faits des précédens paragraphes, on sera de même
également attentif à cette circonstance bien signi-
ficative, que les faits pathologiques que nous avons
précédemment constatés ne consistent pas dans . une réelle transposition des viscères, mais se bornent à l'entrainement régulier et comme méthodique de leur masse en dehors. Tout s’est passé, les connexions ayant été fidèlement conservées, comme si du dehors des griffes se fussent appliquées sur une masse d'organes, et en eussent entrainé le bloc avec elles. Les organes les premiers à apparaitre étant saisis et tirés, les autres, enchainés à leur suite, ne pouvaient manquer d’arriver. Darnle |
Cette force d'inertie devient active, et déploie réellement une résistance prépondérante en raison de la situation du placenta et de l’engrenage de ses cotylédons : greffé aux parois de la matrice , le
| placenta y adhère ; il y reste immobile. Dans cette | occurrence, les brides qui le lient au fœtus sont
| des tirans qui n'ont de prise que sur le fœtus , | puisque lui seul est passible de mouvemens. Ces | brides l’entrainent, ou plutôt le tiraillent du côté | du placenta, quand son propre poids et ses contiuuelles agitations tendent à l’en écarter : c'est, comme on le voit, une lutte perpétuelle.
(| ar ) Cependant cet engagement donne nécessarrement lieu à un tout autre résultat, si les liens qui
attachent le fœtus au placenta sont d'un tissu iné- 1]
galement serré et consistant, et si à leurs points de faiblesse il arrive à ces attaches de céder et de se rompre : l'observation de brides en vestiges porte à penser qu’il en doit être ainsi. En n’osant rien affirmer à cet égard, nous montrons de l’hésitation. Mais qu'on veuille bien y réfléchir; c'est pour la première fois qu’on se rend attentif à ces faits, et nons n’en avons pas d'assez multipliés pour prononcer, surtout comme on sera dans le cas de le faire, quand l'observation pourra procéder sur un placenta nouvellement produit.
Maintenant il resterait à faire voir comment se contractent les adhérences du placenta au fœtus : mais J'observe que ce serait se porter sur un degré supérieur d'explication. C’est le sujet d’une autre
thèse et le premier anneau de la chaîne de ces re-.
cherches. Dans le développement progressif de nos
idées, la discussion de ce point ne peut venir qu’a-,
près celle de la question traitée dans ce Mémoire, lunde ces faits supposant l’autre.
Il suflit pour le présent que nous ne soyons pas: frappés de limpossibilité de ces adhérences. Or toute l'anatomie pathologique nous donne surabondamment des faits analogues, entre lesquels , à cause de leur caractère de plus grande similitude,
nous citerons les adhérences de la pupille avec la cornée transparente: Les eaux de lamnios dans Péœuf, et l'humeur vitrée dans l'œil, empêchent l'adhérence des membranes qui leur servent de bourse : car, en s’interposant entre ces membranes, ‘llésen maintiennent lécartement. Mais qu'il arrive au contraire à ces fluides de s’écouler hors de leur bourse, alors et très-manifestement les adhérences de ces membranes se-multiplient en raison de leurs contacts. | Cire | Ayant ramené la monstruosité de l’hypérencé- phale à n’être qu’un fait d’adhérence du placenta à l'égard du fœtus, et cette adhérence du plicenta s’exerçänt sur des viscères ordinairement renfermés danis des cavités sans issue, il faut, si notre explication se trouve fondée, que ces viscères s’organisent d’abord, et soient en effet à leur naissance hors deces cavités. Peut-être qu’au point où en sont venues ces explications, il suffirait de l'établir par une décision affinmative, et en alléguant la monstruositémême del’hypérencéphale (1). Mais ceserait là une pétition de principes, tomber dans les :inconvéniens de lunum per idem, alléguer enfin pour preuve la chose même qui est en discussion. Jignore si cette question se serait déjà offerte à la méditation des physiologistes, et ne sais par con-
(1) On ne prouve pas ce qui est évident, a dit Montesquieu.
séquent de quelle manière elle aura été résolue. Je-
ne me flatte pas d’avoir suffisamment compulsé les archives dé l'anatomie, et il ne m'est au contraire qué trop souvent arrivé d'apprendre, après avoir
terminé des travaux d’une très-longue haleine,
qu’il en existait sur le même sujet de‘plus anciens et de plus recommandabies sous tous les rapports (1). |
Qu'ilse rencontre dans Porganisation des parties prenant position dans des cavités qui se ferment sur elles, cela se conclut nécessairement du mode de subdivision des vaisseaux circulatoires, des corrélations des premiers embranchemens, ét principalement de la disposition excentrique des vaisseaux ombilicaux. Mon sujet ne m’entraine heureusement point sur les faits des premières époques fœtales, et je puis sans regret passer sous silence la haute question présentement débattue entre les physiologistes , si le cordon ombilical fournit les premiers linéamens de l'être, ou si au contraire la vésicule ombilicale devient génératrice du‘placenta. Ce qui me suffit, c'est de considérer les faits des
(x). Cette réflexion m'a. principalement été ;suggérée par les travaux de M. F. Meckel, dont j'ai fait mention page 193, et
que j'ai cités, non d'après ses écrits en langue allemande, que je
suis privé de pouvoir lire, mais sur une note manuscrite 4 1
ma fait la grâce de me remettre.
(Hip) secondes époques, et nommément la situation des branches transversales de l’aorte descendante. Ces branches sont les artères intercostales ; et les artères intércostales sont créatrices de la cage respiratoire.
S'il pouvait arriver à ces vaisseaux de rester abandonnés à la seule action de la force d’impulsion, ils ne sauraient produire qu’un réseau à surface plane, dont le gros vaisseau générateur formerait l'axe. Mais cette impulsion n’agit jamais seule. La forme ovoïde du contenant imprime:aux parties latérales du réseau sa propre courbure. Les deux plans se relèvent pour se recourber de plus eu plus, et pour marcher à leur rencontre mutuelle, Eteneffet, s'il n’y est apporté aucun changement du dehors, on voit chaque artère intercostale et sa congénère décrire d’abord, se portant. l’une vers l’autre, deux demi-circonférences, se réunir bientôt après en un cercle parfait, et finalement produire, après leur anastomose, des rameaux formateurs du sternum. à
Mais ce ne sont pas seulement les points de dé; part de ces artères , la force d'impulsion imprimée à leur contenu, et les résistances du berceau: où elles se propagent, qui nous paraîtront déterminer leur convergence, et devenir ainsi la raison de leur mutuelle rencontre et de leur anastomose. Ces déductions que la théorie enseigne, je les puis auss!
présenter comme un résultat d'observations , et ces observations, je les emprunte à M. Serres.
Cesavant, qui à eu recours, pour l'établissement de ses lois de l’ostéogénie, à un nombre considérable d'observations microscopiques sur les premières formations animales, a vu les parties osseuses employées dans la cage respiratoire se propager de la colonne épinière, leur point de départ, à la ligne médiane du sternum , le dernier point de la route parcourue de ce côté par l’ossification.
Puisqu'il est de toute nécessité qu’à une époque fœtale les viscères thoraciques occupent toute la
face extérieure du sujet, il n’y a nulle difficulté à
concevoir comment une affection pathologique
pourrait occasioner l’adhérence de ces viscères avec la membrane du chorion. J'ajoute que par ce qui précède j'ai rendu, sinon tout-à-fait certain, du moins extrémement probable que la monstruosité de lhypérencéphale tient à ce fait d’adhérence.
C’est ma conclusion définitive : etje vais montrer
que l’hypérencéphale présente encore plusieurs circonstances d'organisation qui ne s'expliquent que dans éette supposition.
Je rappellerai d'abord ce que j'ai exposé plus haut, pages 166, 175 et 192, du défaut de symétrie des organes pairs. N'ayant pu n’expliquer alors sur la véritable cause de cés anomalies, je m'étais borné à les considérer comme dépendantes d’une sorte
de torsion. En effet, le cerveau parait comme poussé de gauche à ob tai le cervelet, lettre À, fig. 2, bien dde : et l’on peut, en consultant nos fig. et 2, vérifier qu'ils sont rejetés l’un et l’autre précisément du côté où n’est pas la large bride 7. Or ilest vraiment manifeste que la poussée est venue de celle-ci. Tendue par le poids du fœtus, dont l’action s’est exercée vis-à-vis du placenta dans une: position fixe, et par conséquent continuellement tiraillée, cette large membrane a fini par opposer une résistance efficace au développement que l’encéphale devait prendre de son côté.
Mais qu’ai-je dit, l'encéphale? Ce ne sont pas uniquement les masses den qui ont trouvé plus de facilités à s’accroître à droite, où n’était aucun obstacle : toute la tête est dans ce cas , et le crâne en sa totalité et chaque pièce en particulier; ce mouvement s'est propagé de proche en proche. Ainsi des entraves à gauche, et au contraire toute liberté laissée à droite, motivent ces différences singulières de lun à l’autre côté, sur! lesquelles nous avons insisté page 174,°quand nous avons remarqué plus de différences d'un côté à l’autre chez l'hypérencéphale, qu'entre l'un de ces côtés et les pièces de même ordre chez un anencéphale.
11 faut que ces obstacles soient moins ressenus à l'extérieur, et que la carotide externe se trouve moins génée dans son cours que les vaisseaux plus
(etat)
profondément situés. Le système osseux est. plus prononcé et comme plus avancé en âge chez l’hypérencéphale. Ce n’est, 1l est vrai, pour chaque pièce qu'un accroissement peu considérable ; maïs ce peu devient sensible dans la composition générale. Car, bien que la face se soit à peu de chose près maintenue dans l’état normal, ce ne sont pas très-exactement cependant les traits de la race caucasique que donne l'assemblage des parties. Commé chez les nègres, le front fuit, les mächoires avancent, le nez est écrasé, et la levre inférieure est épaisse. à Nous appliquerons au thorax les explications que nous venons de donner au sujet de la tête. Nous avons vu que le fœtus était aussi suspendu au placenta par les brides de la masse viscérale. Tenu à la fois et par le tronc et par la tête, sa lame ‘de suspension passait par conséquent d'un côté de la tête sur le milieu du corps: Je prie qu'on veuille bien demeurer attentif à cette autre-circonstance: engagé dans ces entraves, lhypérericéphale aura nécessairement etconstamment occupé, en dedans | des membranes de l’œuf, une seule et-:même posi- | tion. L'un de ses flancs soutenu, mais en même | temps géné par le placenta, se sera développé sous la raison de la mutuelle pression des deux corps en contact : au contraire, le flanc opposé aura, libre d’entraves, été abandonné à ses propres évolutions.
Rappelons la forme des viscères renfermés. L’ellipsoïde, qui à droite se compose du poumon et du rein, est là étendu en largeur et aplati : les côtes du même flanc, qui sont plus comprimées et même pliées sur un point,recouvrent ces viscères avec une forme à l'avenant de la leur : évidemment c’est le côté sur lequel le placenta avait réagi. Mais à gauche, où celui-ci n'avait nulle contrainte à faire supporter, nous apercevons l’ellipsoide formé par l’autre poumon et par l’autre rein sous le relief dun corps ovoïde, et nous voyons aussi que ce qui recouvre ces viscères fait de même la ronde-bosse ; tels sont les cerceaux ou arcs osseux du même côté, et les dépendances du demi-stérnum contigu à ces longs osselets.
Il n’est sans doute que ce moyen de concevoir les dépressions ou les rondeurs de ces ellipsoïdes , puisqu'on ne saurait raisonnablement les attribuer aux conditions essentielles d’existence des viscères eux-mêmes. Les organes pairs, soumis à un même mode d'évolution, tendent, comme on le sait, à 3 paraître sous la même forme : mais chez l’hypérencéphale, c’est le rein et le poumon qui, reproduits. à gauche différemment qu’à droite, apparaissent, l'un à l'égard de l’autre, sous des formes correspondantes et comme concertées.
J'ai donné upe bien longue description de la
monstruosité d'Arras: mais il y aurait quelque peu de légèreté, je crois, à taxer de futilités plusieurs détails sur lesquels.je me suis étendu. La grande science est de connaitre les lois de la vie. Au peu que nous savons touchant l’organisation, il faut croire qu'iln’y ayait pas tout à apprendre'en s’attachant à l'étude des constitutionsrégulières. L'étude des monstres n’est doncpoint à négliger. En recherchant soigneusement les faits anomaux, nous en marcherons avec plus de fermeté sur. les faits de l'ordre régulier. C’est ouvrir une porte à la considération de plus grands contrastes; c’est.entrerdans un champ de comparaisons plus variées; c’est enfin fournir à notre esprit l’occasion et les motifs de jugemens plus nombreux et plus certains. |
a: Bxplisaion. te la vit p. OP
F1G. 1. . L'hypérencéphale : cétte figure et celles aës n°5 2, 3 ‘et % sont réduites à deux tiers de grandétrnaturellé.
m btide aponévrotique fixant la tête au placenta : j cérvéau : a vestiges festonnés d’une portion-de la ‘bride enlevée’ avec de scalpel : p placenta, p' sa partic'extérieure, p” sa face interne : (2 cordon ombilical, .s' portions enroulées et adhérentes entre elles et au placenta :.c le cœur : f le foie : ee la région de l’esz tomac, de la rate et du pancréas : ££ intestins : {4 brides en vestiges ceignant le cœur : 60'8" brides aussi en vestiges sur le foie, l'estomac et les intestins : / double bec de lièvre.
. Fac. 2. Tête de profil : j cerveau : À cervelet.
F1c. 3. Coupe, par le milieu , de la masse viscérale thoracique, côté gauche : les reins et les poumons sont entiers. cc' les deux moitiés du cœur écartées : g l’intérieur du ventricule gauche : s — du ventricule droit : o l'unique oreillette : la veine-porte : d le duodénum : qg le canal choledoque : # la vésicule du fiel : r la rate : ee l’estomac : z1 le canal intestinal : p’le grand lobe du poumon droit, p” son petit lobe : 7’ rein droit, 7 trait pour indiquer le bord du rein gauche : » capsule surrénale.
Fic. 4. Même coupe, mais côté droit : les lettres comme dessus. aa est le pancréas.
Fic. 5. Poumons et reins vus par leurs faces dorsales. p le poumon : » capsule surrénale : z2 le rein : p', m', n', forment l’ellipsoïde de droite.
Frc. 6. Demi-sternum cartilagineux : / la clavicule.
Fre. 7. Le palais, où 1m à droite est le sinus nasal en partie fermé : 727 à gauche est l’autre sinus entièrement ouvert.
Frc. 8. Le crâne vu par dessus, toutes les pièces du vertex . étant rejetées sur les côtés.
Frc. 9, Le crâne vu par sa base. C maxillaire : D palatin : E hérisséal : G vomer : H nasal ; K frontal : L lacrymal : M jugal : N ptéréal : P rocher : Q caisse (tympanal et serrial soudés) : R temporal : T pariétal : U sur-occipital: V ex-occipital : X sousoccipital : Ÿ hyposphénal : Z entosphénal : OE ingrassial.
Fic. 10. L’hyposphénal.
F1c. 11. L’ingrassial.
Fiac. 12. L’entosphénal.
Frc. 13. L’étrier de l’hypérencéphale.
Fre. 14. Le même étrier, grossi.
Fic. 15. Étrier de crocodile,
Oss. Note au sujet de la première planche. Au lieu de hp-
|} posphénal, Zsez hyposphénäl. d
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