Connu sous le titre de la Malédiction paternelle
visage sont également insolents. Le bon vieillard, qui a aimé ses enTaiils, mais qui n'a jamais souffert qu'aucun d'eux lui manquât, fait effort pour se lever; mais une de ses filles, à genoux devant lui, le relient par les basques de son habit. Le jeune libertin est entouré de l'aînée de ses sœurs, de sa mère et d'un de ses petits frères. Sa mère le tient embrassé par le corps ; le brutal cherche à s'en débarrasser et la repousse du pied. Cette mère a l'air accablé, désolé; la sœur aînée s'est aussi interposée entre son frère et son père ; la mère et la sœur semblent, par leur attitude, chercher à les cacher l'un à l'autre. Celle-ci a saisi son frère par son habit, et lui dit, par la manière dont elle le tire : « Malheureux, que fais-tu? Tu repousses ta mère, tu menaces ton père; mets-toi à genoux et demande pardon. »> Cependant le petit frère pleure, porte une main à ses yeux; et, pendu au bras droit de son grand frère, il s'efforce à l'entraîner hors de la maison. Derrière le fauteuil du vieillard, le plus jeune de tous a l'air intimidé et stupéfait. A l'autre extrémité de la scène, vers la porte, le vieux soldat qui a enrôlé et accompagné le fils ingrat chez se? parents, s'en va, le dos tourné à ce qui se passe, son sabre sous le bras et la tête baissée. J'oubliais qu'au milieu de ce tumulte un chien placé sur le devant l'augmente encore par ses aboiements.
Tout est entendu, ordonné, caractérisé, clair dans cette esquisse , et la douleur et même la faiblesse de la mère pour un enfant qu'elle a gâté, et la violence du vieillard, et les actions diverses des sœurs et des petits entants, et l'insolence de l'ingrat, et la pudeur du vieux soldat qui ne peut s'empi'cher de lever les épaules de ce qui se passe ; et ce chien qui aboie est un des accessoires que Greuze sait imaginer par un .noût tout particulier.
Cette esquisse, très belle, n'approche pourtant pas, à mon gré, de celle qui suit. ;