‹ Philosophie de l'art (volume 3)Chapitre 13 sur 73 · Mommsen, Rômische Geschichte> I, 2t · texte numérisé non relu

Mommsen, Rômische Geschichte> I, 2t

Jetons les yeux sur une carte. La Grèce est une péninsule en forme de triangle, qui, appuyée par sa base sur la Turquie d’Europe, s’en détache, s’allonge vers le midi%s’enfonce darls la mer, s’effile dans l’isthme , de Corinthe pour former au delà une seconde presqu’île plus méridionale encore, le Péloponèse, sorte de feuille de mûrier qu’un mince pédoncule relie au continent. Joignez -y une centaine d’îles, avec la côte asiatique qui fait face : une frange de petits pays cousue aux gros continents barbares, et un semis d’îles éparses sur une mer bleue que la frange enserre, voilà la contrée qui a nourri et formé ce peuple si précoce et si intelligent. — Elle était singulièrement propre à cette œuvre. Au nord1 de la mer Égée, le climat est encore dur, semblable à celui de l’Allemagne du centre; la Roumélie ne connaît pas les fruits du Sud; point de myrtes sur sa côte. Le contraste est frappant, lorsque, descendant vers le midi, on entre en Grèce. Au 40e degré, en Thessalie, commencent les forêts d’arbres toujours verts; au 39e degré, en Phtiotide, l’air tiède de la mer et des côtes fait pousser le riz, le cotonnier, l’olivier. Dans l’Eubée et l’Attique on trouve déjà les palmiers. Ils abondent dans

t. Curtius, Griechische Geschichte , I, 4.

les Cycladcs; sur la côte orientale de l’Argolide sont des bois épais de citronniers et d’orangers; le dattier africain vit dans un coin de la Crète. A Athènes, qui est le centre de la civilisation grecque, les plus nobles fruits du Midi croissent sans culture. Il n’y gèle guère que tous les vingt ans; la grande chaleur de l’été y est modérée par la brise de la mer; sauf quelques coups du vent de Thrace et des bouffées de sirocco, la température y est exquise; aujourd’hui encore1 « le peuple a d l’habitude de coucher dans les rues, depuis le milieu a de mai jusqu’à la fin de septembre; les femmes dor- « ment sur les terrasses. » En pareil pays on vit en plein air. Les anciens eux-mêmes jugeaient que leur climat était un don des dieux : « Douce et clémente, « disait Euripide, est notre atmosphère; le froid de « l’hiver est pour nous sans rigueur, et les traits de a Phœbus ne nous blessent pas. » Et ailleurs il ajoute : « O vous ! descendants d’Érechlhée, heureux dès l’anti- « quité, enfants chéris des dieux bienheureux, vous « cueillez dans votre patrie sacrée et jamais conquise « la sagesse glorieuse comme un fruit de votre sol, « et vous marchez constamment avec une douce satis- « faction dans l’éther rayonnant de votre ciel, où les « neuf Muses sacrées de Piérie nourrissent Harmonie a aux boucles d’or, votre enfant commun. On dit aussi « que Cypris, la déesse, a puisé des vagues dans l’Ilissus « aux belles ondes et quelle les a répandues dans le

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