‹ Philosophie de l'art (volume 3)Chapitre 30 sur 73 · Gymnopédies · texte numérisé non relu

Gymnopédies

NIILOSOPIIIE DE L’ART

des officiants, premiers coryphées des grandes compositions où les chœurs de jeunes hommes et de jeunes filles représentaient en public la légende héroïque ou divine. Un de ces ballets sacrés, le dithyrambe, devint plus tard la tragédie grecque. Elle-même n’est d’abord que la fête religieuse, à la fois perfectionnée et réduite, transportée de la place publique dans l’enceinte fermée d’un théâtre, une succession de chœurs coupés par le récit et par la mélopée d’un personnage principal, analogue à un Évangile de Sébastien Bach, aux Sept Paroles de Haydn, à un oratorio, à une messe de la Sixtine dans laquelle les mêmes personnages chanteraient les parties et feraient les groupes.

Entre toutes ces poésies, les plus populaires et les plus propres à nous faire comprendre ces mœurs lointaines sont les cantates qui célèbrent les vainqueurs des quatre grands jeux. De toute la Grèce, de la Sicile et des îles, on en demandait à Pindare. Il y allait ou envoyait son ami le Stymphalien Énée, pour enseigner au chœur la danse, la musique et les vers de son chant. La fête commençait par une procession et un sacrifice ; ensuite les amis de l’athlète, ses parents, les principaux de la ville, s’asseyaient à un banquet. Parfois la cantate était chantée pendant la procession, et le cortège faisait halte pour réciter l’épode ; parfois c’était après le festin, dans la grande salle parée de cuirasses, de lances et d’épées*. Les acteurs étaient des compagnons

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