‹ Philosophie de l'art (volume 4)Chapitre 26 sur 66 · Hérodote, VI, ch. cxix · texte numérisé non relu

Hérodote, VI, ch. cxix

LES INSTITUTIONS

YEmmélie , il la dansa, puis un instant après, faisant apporter une table, il monta dessus et dansa des figures de forchestrique lacédémonienne et athénienne. — Ainsi préparés, ils étaient à la fois « chanteurs et danseurs1 », et se donnaient eux-mêmes à eux-mêmes les nobles spectacles pittoresques et poétiques pour lesquels plus tard ils payèrent des figurants. Dans les banquets des clubs2, après le repas, on faisait des libations et l’on chantait le pæan en l’honneur d’Apollon ; puis venait la fête proprement dite3, la déclamation mimée, la récitation lyrique au son de la cithare ou de la flûte, un solo suivi d’un refrain, comme plus tard la chanson d’Harmodius et d’Aristogiton, un duo chanté et dansé, comme plus tard, dans le Banquet deXénophon, la rencontre de Bacchus et d’Ariane. Quand un citoyen s’était fait tyran et voulait jouir de la vie, il agrandissait et établissait à demeure autour de lui ces sortes de fêtes. Polycrate, à Samos, avait deux poètes, Ibycos et Anacréon, pour en ordonner l’arrangement et pour en faire la musique et les vers. Les jeunes gens qui représentaient ces poésies étaient les plus beaux qu’on eût pu trouver, Bathylle qui jouait de la flûte et chantait à l’ionienne, Cléobule aux beaux yeux de vierge, Simalos, qui dans le chœur maniait la pectis, Smerdiès, à l’abondante chevelure bouclée, qu’on était allé chercher jusque chez les Thraces Cicons. C’était l’opéra en petit et à domicile.

\. Lucien. « Autrefois les mêmes chantaient et dansaient. ©

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