‹ Philosophie de l'art (volume 4)Chapitre 4 sur 66 · Froissait · texte numérisé non relu

Froissait

tiennent le courage, la turbulence, l’audace, l’insolence même, tous les excès de la force énorme et brutale; sous ces tisserands, il y a des hommes, et, quand on trouve des hommes, on peut s’attendre à trouver bientôt des arts.

Il suffit alors d’un moment de prospérité ; sous ce rayon de soleil, l’éclosion préparée s’achève. A la fin du xive siècle, la Flandre est, avec l’Italie, la contrée la plus industrieuse, la plus riche, la plus florissante de l’Europe1. — En 1370, il y a 5 200 métiers de laine à Mali nés et sur son territoire. Un négociant de la ville fait un commerce immense avec Damas et Alexandrie. Un autre, marchand à Valenciennes, étant à la foire de Paris, achète, pour faire parade de son opulence, toutes les denrées qu’on y expose. Gand, en 1389, a 189 000 hommes portant armes; les drapiers seuls fournissent 18 000 hommes dans une révolte; les tisserands forment vingt-sept quartiers, et, au son de la grosse cloche, on voit accourir sur la place du marché les cinquante-deux États sous leurs bannières. En 1580, les orfèvres de Bruges sont si nombreux qu’ils peuvent former, en temps de guerre, un corps d’armée. Un peu plus tard, Æneas Sylvius dit qu’elle est une des trois plus belles villes du monde; un canal de quatre lieues et demie l’unit à la mer; il y entre cent bâtiments par jour; elle est alors ce que Londres est aujourd’hui. — En même temps, l’état politique atteint une sorte d’équilibre. Le duc de Bourgogne, en 1584, se trouve, par

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