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CHAPITRE V

LA RAISON, lTnSTINCT

L’homme est un être organisé ou animal à centre dirifjeant. L’homme possède, ou peut posséder, tous les instinets de tous les animaux ; il possède en outre la raüon.

La raison estconsciente ; les instincts sont inconscients.

La raison est la faculté de l’individu de pouvoir coml3iner, suspendre, développer, augmenter, rcn- :orcer les instincts qu’il a ; mais la raison ne peut Das détruire ces instincts.

Un instinct ne peut être détruit. L’action d’un nstinct peut néanmoins être annulée par l’action de ’instinct contraire.

L’instinct est une force com tante ; la raison est une force accidentelle. L’instinct est pour l’homme et, en général, pour tout être organisé ce que la ]iesanteur est pour tout corps matériel.

LA RAISON, l’instinct 13

Leur action est continue. L’instinct est inhérent à tout organisme comme la pesanteur est le propre de toute matière.

Pour que la raison agisse^ il faut \e.voidoir.

Pour qu’il y ait une force accidentelle, il faut la produire ; mais l’instinct agit d’une manière continue comme une force constante, comme la pesanteur.

Jetez une pierre en l’air, vous lui communiquez une force accidentelle qui empêchera au premier abord la pesanteur de produire un effet visible ; mais peu à peu la force accidentelle imprimée à la pierre est annulée ; la pesanteur agit librement, et la pierre retombe ; elle revient à l’état dans lequel elle était avant que vous lui ayez communiqué la force accidentelle.

Ayez la force de volonté de ne pas suivre l’instinct qui vous pousse continuellement, vous l’empêchez de produire momentanément son effet, mais vous ne le détruisez pas ; la volonté ayant cessé de contrarier l’instinct, celui-ci agira comme avant.

Jetez la pierre dans un puits, vous augmentez la force de la pesanteur, mais celle-ci aurait produit le même effet; au fond, vousrEavez donc rien changé à la force de la pesanteur par votre force accidentelle.

Suivez volontairement l’impulsion d’un instinct, vous arrivez plus rapidement au but vers lequel

l’instinct vous pousse. Vous renforcez l’instinct, mais vous ne le créez pas plus dans ce cas que vous ne l’avez détruit dans l’autre.

L’action de la raison sur les instincts est plutôt négative que positive, plutôt spéculative que réelle. L’homme doué de mauvais instincts est rarement arrêté par la raison ; l’homme doué de bons instincts peut se passer de l’action de la raison.

La raison sert à reconnaître la bonne ou mauvaise direction des instincts ; elle n’a qu’une influence médiocre sur leur cours.

La raison n’est pas toute-puissante, et l’homme, avec la plus ferme volonté, n’est pas libre de faire tout ce qu’il veut.

iNous avons employé jusqu’ici, après avoir décomposé l’âme en raison et en instinct, ce dernier terme tantôt au singulier, tantôt au pluriel. En tout individu il y a un instinct; cependant,* comme certaines manifestations de l’instinct sont les mêmes chez un grand nombre d’individus, il sera plus commode de I distinguer en autant d’instincts qu’il y a de mani-

I festations principales de l’instinct.

^ Ainsi, nous distinguerons:

L instinct de la conservation, qui correspond aux I besoins de manger, de boire, de dormir, et aux sen-

j . timents de défiance, de prudence, de crainte ;

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L’instinct de conservation de l’espèee, ou instinct de reproduction';

L’instinct religieux ;

L’instinct de production ou de création ;

L’instinct d’association ou sociabilité, qui correspond au besoin de vivre en société, aux sentiments d’amitié, de générosité ;

L’instinct de domination, l’ambition;

L’instinct de destruetion ;

L’instinct de connaître ;

L’înstinct du ehangement, etc., etc.

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