LA NATION, LE PEUPLE
La nation possède également tous les centres'' dirigeants de tous les individus. Mais qui dit plusieurs centres dirigeants nie le centre dirigeant unique, et celui-ci n’existe qu’à la condition d’être seul.
Une nation n’a donc pas de centre dirigeant. Elle n’a ni conscience, ni énergie, ni volonté, car elle n’a pas la raison.
Une nation n’est pas libre comme un individu peut l’être; elle n’est pas responsable de ses actes.
Les instincts agissent sur la nation, le peuple et la foule, comme la pesanteur sur la matière. La nation est un être organisé inerte ; elle subit aveuglément l’impulsion de ses instincts et l’action de l’espace et du temps.
Entre un peuple qui se révolte et un fleuve quP déborde il n’y a pas d’autre différence que celle qui existg entre l’action des instincts et l’action de la pesanteur. DanS doux cas, l’acte est inconscient,
forcé, fatal.
Livré à ses instincts, le peuple le plus civiix.?^ comporte comme une tribu de sauvages ; les deux exercent et subissent la force, le pouvoir de la même façon.
De nation à nation, de nation à individu les instincts et l’action de l’espace et du temps sont seuls en jeu. Le droit de la force exercé ou subi par la
nation est la résultante de ces deux actions ; c’est la force brutale, matérielle qui fait loi.
Un peuple, une nation, ne possédant pas la raison, ne peut connaître de droits ni de devoirs.
Une nation n’est jamais l’obligée d’un individu.
Si un individu fait du bien à la nation, c’est-à-dire s’il lui laisse toute liberté d’agir suivant ses instincts, elle trouve le procédé très naturel.
Mais si l’individu lui fait du mal, c’est-à-dire s’il empêche la libre action des instincts de la nation, celle-ci réagit ; elle résiste. Une nation ressent toute contrainte imposée à l’action de ses instincts, mais elle est incapable de juger de la portée d’une mesure qui, dans l’intention de son auteur, doit être favorable aux intérêts de la nation.
La plupart des phénomènes économiques doivent être envisagés différemment suivant qu’il s’agit d’un individu ou d’une nation.
Ainsi, un peuple n’est riche aue par les capitaux que lui fournit Côn tprritnire et, surtout nar son