LE CRÉDIT, LES SIGNES REPRESENTATIFS
Tous les créanciers et débiteurs de la série s’effacent l’un devant f autre ; il ne reste finalement en présence que le premier débiteur ou créancier, et le dernier créancier ou débiteur.
Le billet de banque et l’effet de commerce sont donc de véritables machines qui ont leur point d’appui dans les institutions de crédit.
Le premier et véritable but d’une banque est de faire, par les billets et les effets, vite et souvent, beaucoup de paiements de quelque nature qu’ils soient.
Une machine ne marche pas toute seule ; elle doit être actionnée par une force.
La force qui meut le billet de banque, l’effet de commerce et l’institution de crédit, c’est le crédit.
Le crédit est une des manifestations les plus importantes de l’instinct d’association, de la solidarité des hommes, dans l’espace et dans le temps.
Sans le crédit aucun échange n'est pratiquement possible.
En théorie, tout échange comprend deux parties simultanées, dont l’une est de donner, et l’autre, de recevoir.
En réalité, les deux parties d’un échange sont /ow-
souvent elles sont très rapprochées; elles sont néanmoins successives. Entre faction de
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donner et l’action de recevoir, il y a toujours un intervalle, ne fût-il que d'une seconde.
Alors celui qui donne le premier fait crédit d’une seconde à celui qui reçoit d’abord.
Le crédit existe donc en germe dans tout échange au comptant.
Les échanges dans leur ensemble se sont développés de deux façons:
1" En s’étendant dans l'espace, en augmentant de nombre; ce sont/^5 échanges au comptant;
2° En s’étendant dans le temps, en augmentant de durée; ce sont les échanges à terme.
Le premier genre d’échanges est celui dont les parties sont plus ou moins simultanées.
Le deuxième est celui dont les deux parties sont plus ou moins successives.
Donner crédit ou demander crédit, c’est transformer un échange dans l'espace en un échange dans le temps, un échange au comptant en un échange à terme, un échange à parties simultanées en un échange à parties successives.
Le crédit est une action humaine ; comme tel le crédit dépend de la raison, des instincts de l’homme et de l’action des choses et des hommes ; comme tel, le crédit peut être un acte de confiance, ou une spéculation, ou une nécessité; ordinairement il est le résultat de ces trois facteurs réunis.
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On peut donc définir le crédit:
La force matérielle ou morale, ou à la fois matérielle et morale, que l'homme possède de transformer les deux opérations simultanées d'un échange en
deux opérations successives.
Au point de vue du crédit, l’homme est considéré comme possédant un capital moral (ses facultés) ou un capital matériel, ou les deux à la fois.
Le crédit qu’un homme reçoit est donc moral, sonnel, ou il est réel, ou encore réel et personnel à la fois.
Le prêt, ï emprunt, la location, le louage, etc., sont des variétés de l’échange, où les deux opérations sont successives et portent sur la meme matière.
La première partie de ces échanges est de donner ou de prendre ; la deuxième est de recevoir ou de rendre. Comme l’échange (la circulation) donne lieu à un effet nuisible à l'usure, la seconde partie de l’échange, qui est de recevoir ou de rendre, comprend , en dehors de la chose en question, une compensation pour l’usure, compensation qui porte les noms de loyer, intérêt, fermage, salaire, revenu.