‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 62 sur 132 · LIVRE IV. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE I

loppé; c'est sans doute pour renforcer le sens de Fodorat de façon que la plus grande partie de l'âme animale est, pour ainsi dire, olfactive. Après eux viennent les nerfs optiques, le sens de la vue étant, après celui de l'odorat, le plus nécessaire à l'animal. Ils appartiennent davantage à la région moyenne du cerveau et servent à un sens plus délicat. Les autres nerfs, que je ne veux pas énumérer ici, suivent dans la mesure de leur importance dans l'organisation dont ils relient les parties entre elles, comme, par exemple, les nerfs et les muscles de l'occiput qui soutiennent et animent la bouche et les mâchoires, etc. Ils terminent pour ainsi dire le visage et moulent la forme externe sur un seul tout de même que la forme interne l'a été par les rapports des forces internes. Néanmoins ces considérations ne doivent pas s'arrêter à la face seule mais s'étendre au corps tout entier. Une étude intéressante est celle des rapports des diverses formes comparées entre elles et aussi celle des forces à l'aide desquelles la nature a mis chaque créature en mouvement. Ce qu'elle a dû refuser d!un côté, elle l'a compensé de l'autre ; ce qu'elle a dû compliquer, elle l'a compliqué avec sagesse ; c'est à dire qu'elle a mis l'organisation externe de la créature en harmonie avec le genre de vie qui lui est propre. Cependant elle ne perd jamais de vue son type et ce n'est qu'à regret qu'elle s'en écarte ; car, son grand but en créant toutes les organisations de la terre, est de répartir une sensibilité et une intelligence, jusqu'à un certain point analogues. Cette analogie croissante se retrouve chez les oiseaux, les poissons et chez les animaux terrestres les plus variés.

6^ Et ainsi nous arrivons à la supériorité de l'homme dans la formation de son cerveau. D'où provient cette perfection? N'est-ce pas évidemment de la perfection générale de son organisation et surtout de sa position verticale. Le cerveau de chaque animal est formé d'après le moule de sa tête, ou plutôt

celle-ci d*après lui , puisque la nature procède du dedans au dehors. Elle a combiné et ordonné les forces organiques sui* vant l'attitude, les rapports réciproques des parties et Vhabittis auquel elle a destiné la créature. Ainsi, en raison de ces forces et de leurs relations mutuelles , le cerveau est grand ou petit, étroit ou profond, léger ou pesant, simple ou compliqué et les sens de la créature sont faibles ou forts, dominants ou subordonnés. Les cavités et les muscles des parties antérieures et postérieures de la tête se forment eux-mêmes en même temps que la lymphe y arrive, en un mot suivant l'angle de la direction organique de la tête. Des preuves si nombreuses que je pourrai énumérer ici, je n'en veux indiquer que quelques-unes. Qu'est-ce qui constitue la différence organique entre notre tête et celle du singe? L'angle de direction. Le singe a toutes les parties du cerveau que possède l'homme, mais, en raison de la conformation de son crâne, elles sont rejetées en arrière et cela parce que sa tête est formée sous un autre angle et qu'il n'est pas fait pour la marche verticale. Il en résulte que toutes les forces organiques agissent dans un autre sens et que la tête est plus étroite, moins élevée et moins profonde que chez l'homme. Les sens inférieurs dominent avec les parties basses de la face et la face est celle d'une brute, comme son cerveau, rejeté en arrière, n'est encore toujours que le cerveau d'un animal. Ainsi , bien qu'il ait toutes les parties du cerveau de l'homme, il les a dans une position et dans des proportions différentes. Les anatomistes parisiens ont constaté, dans les singes qu'ils ont disséqués, que les parties antérieures sont semblables à celles de l'homme, mais que les parties internes à commencer par le cervelet, sont, proportionnellement beaucoup plus massives ; que la glande pinéale est conique et que sa pointe est tournée vers le derrière de la tête, etc.; ce qui prouve évidemment qu'il existe un rapport manifeste entre

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