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des plus proches étoiles en trois ans , et des plus éloignées de notre groupe en trois mille ans, six mille ans, ou même plus.
La lumière terreste, à son tour, monte vers les astres, dans le même temps : et le détail des choses visibles sur notre >terre, étant visible par la lumière et les couleurs , toutes ces choses , leurs états, et leurs mouvements , sont des images qui montent dans les espaces avec la vitesse même, ou le temps même de la lumière. L'image de notre globe avec tous ses détails visibles monte ainsi toujours vers le ciel , s'élève vers les étoiles., et arrive aux premières étoiles en trois ans, et arriverait aux der« nières de notre groupe en. six mille ans.
Par exemple, sur le calvaire, lorsque Jésus était en croix , la lumière de sa Êice divine , celle de son corps, et celle de son divin r^;ard, élevé vers le ciel, aussi bien que la lumière pourpre du saffig béni, toute cette lumière montait dans les espaces ; et quand il eut rendu l'esprit, le soleil incKm sa lumière devant la sienne, poiur ne pas tronUer ce spectacle de ses rayons. U laissa tout monter dans toutes les directions du ciel. Eh bien y tout ce spectacle de la croix n^est en aucune sorte efiacé. Puisqu'il n'y a que deux mille ans, il est encore dans les étoiles de notre groupe, et si, siur une étoile
moyenne, se trouve une créiiture armée de puissants instruments, ou d'un regard plus perçant que le nôtre, elle voit, en ce moment même, elle voit la croix , elle voit cette face , ces membres , cette couronne d'épines, ce sang qui coule, et ce doux et divin regard ! Oui cet être créé voit cela, aujourd'hui, à cette heure, si son œil y regarde. S'il ne regarde pas, ou s'il dort, cette merveille, en tout cas, passe près de lui : toute la scène du calvaire y arrive avec tout son détail et tous ses mouvements, et y sera visible pendant trois heures. Et cela dans mille et mille mondes, et cela demain encore, puis après , et pendant cent ans , pendant mille ans , jusqu'à la fin du monde. Oui, il y a maintenant dans l'immense univers des milliers de mondes où arrive la nouvelle et le spectacle entier de la Passion du Fils de Dieu, avec les trois heures de ténè-; bres : et peut-être il y a réellement une créature qui le voit de ses yeux éveillés , mourant sur le calvaire pour mettre dans l'ancienne création lia substance d'immortalité. Peut-être, au moins, y at-il quelque créature délicate à qui ces grandes images arrivent avec leur sens, leur divine impression, sous forme de rêve prophétique. En tout cas. Dieu le voit, et les anges et les âmes des saints dans le ciel, le voient en Dieu, et peut-être quel-
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ques âmes sur la «terre, par je ne sais quel reflet céleste, le voient aussi.
'. Le discipls. Ah 1 je voudrais sordk* du cercle étroit des sens et du cercle plus stupide encore «de l'habitude , pour m'arréter un peu dans la contemplation de ces prodiges. En ce moment de moindre obscurité, où du moins je soupçohne la lumière, ^aidez<-moi donc, mon maître, à r^[arder encore le ciel, pour mieux comprendre la vie et Fimmorta** lité que poursuivent ma raison et mon cœur. Res- Jtons ici, nous y sommes bien. Continuez, je vous ,en prie.
Le BCAmiB. U est donc vrai que l'univers est un livre vivant où se grave toute l'histoire. Non-seule* ment la scène du calvaire, mais toutes les scènes de la vie de l'humanité sont gravées dans l'espace, et y avançait, et y montent encore aujourd'hui. La terre qui boit le sang d'Abel, dit la sainte Écriture, • crie vers le ciel. Oui, sans doute; car elle crie en» cpre. Le bras de Gain, qui se lève et qui frappe, se voit encore ; les flots du sang qui caule sont visibles actuell^nent, et le dcNgt' de la science peut nous montrer au ciel des étoiles vers lesquelles arrive en ce lemps-ci la tache du sang d'Abel. Et il &ï est ainsi de toute l'histoire de l'humanité sur la terre» et de toute votre* histoire, et de l'histoire de
ceux que vous avez aimés, de ceux que vous avez perdus. U est un cercle dans le ciel où cette mère, tant pleurée, qui aujourd'buirepôse dans son tom^* beau, et dans le sein de Dieu, se voit dans sa jeu*nesse^ avant vôtre naissance. On montrerait l'étoite où l'œil pourrait, la voir jouant dans son berceau. Et vous, âme briséô de douleur, cet être aimé que vous avez perdu est encore, pour des étoiles •voisines, un petit enfant dans vos bras. Sa première enfance s'y déroule, sa jeunesse y viendra, puis ses nobles actions ^ et peut-être sa .mort héroïque, et son dernier soupir qu'il pousse en vous nommant. Et vous, flétrie par le poids de la vie, vous qui ne savez plus que vous incliner vers la tombe, saches que votre douce et gracieuse enfance, votre* belle et riante jeunesse, votre splendide maturité, totft cela est encore dans le sein de ce monde visible^ Si Dieu vous avait donné la beauté, c'est-À*dire l'expression de réternelle et divine idée, qui est vottiâ modèle en Dieu, s'il vous avait donné d'offrir aux yeux des hommes cette visible splendeur de la noblesse morale, de la pureté, du courage, de l'intelligence, de l'amour, eh bien, toute cette splendeur subsiste, elle se propage dans l'immense Univers , et y subsistera pendant des siècles et des siècles de siècles. Et qui vous dit que Dieu ne saura
pas un jour rassembler toute cette dispersion? Ma vie est donc ainsi cons^ervée tout entière et se conservera. Me voici donc , en un sens , immortel, moi et mes (ouvres. Tous mes états, toutes mes actions subsistent. Ohl Dieu, puisse donc ma vie n'être jamais que belle et noble, et digne des regards du ciel! Oh! puissé-je ne jamais propager dans le sein de cet univers, théâtre de la vie que Dieu donne, le spectacle de la honte et du crime! Que de pensées me pressent ici et me saisissent! Non, ce n'est point une illusion,' et ces réalités sont encore plus réelles qu'on ne le pense. Oui, l'image de toute ma vie visible, sous le soleil physique, subsiste et monte au ciel. Sans doute, l'image en avançant s'af&iblit sur chaque point, mais elle subsiste tout entière dans l'ensemble du mouvement. Rien ne se perd. lie principe de la conservation des forces vives s'applique à tout , à la lumière, à la chaleur, à l'électricité, tout aussi bien qu'à l'attraction *.
^ Si tous les rayonnements sont, snrdiaqne point, en raison inver» du caité des distances, c'est justement parœ qu'ils se conserip«nt entieisà qudque distance du eentre qu'ils smoA Tenus. Vuf . Babbage: De Vifmfnsskm pamammU de m» paroUt H démos ae- Ums sur le $lobe f«e nous habOom. (9* mile de Bridgewater, ebap. n.)
Mais alors, s'il en est de même de toutes les forces, il n'y a pas seulement mes actes visibles , sous le soleil, qui se conservent et se propagent : il y a, mes actes invisibles dans le sein de la nuit. Tous mes mouvements, mes actions, mes états, mes contenances,' tous mes battements de cœur s'inscrivent, se gravent, se moulent dans l'espace éthéré à mesure que je les produis.
Mais ma pensée du moins est-elle secrète, et les battements du cœur de l'âme sont-ils cachés? Non, grâce à Dieu I Ma pensée, mon cœur et mon âme, en déroulant leur vie, laissent encore plus de traces que mon corps, et subsistent bien mieux conservés que tous mes mouvements physiques. Une médaille, dans l'obscurité, par je ne sais quelle force galvanique, grave la forme de son relief sur une plaque qui ne la touche pas. Moi-même, je grave par mon regard ma figure sur l'acier. Et il n'y aurait pas une substance, un milieu où se graveraient les formes et les mouvements de ma pensée, les ardeurs, les élans, les enthousiasmes de mon âme? Je suis en Dieu, je vis en Dieu, et je me meus en Dieu. Comment alors un regard en Dieu, un acte de foi et d'amour, un sanglant sacrifice à la justice et à la volonté de Dieu ,^ pourraient-ils ne laisser aucune trace en Dieu ? Dieu n'est-il pas le milieu
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véritable où tout vit? N'est-il pas le milieu univefsely absolu, infini, éternel, au-<ieS8US de l'espaoe et du temps? L'air est un milieu grossier qui reçoit et transmet ma parole , lentement et péniblement. L'éther est un milieu incomparablement plus solide et plus souple, plus pénétrant, plus subtil, plus actif, plus rapide, plus durable, mais cependant soumis au temps et à l'espace, à l'espace qu'il remplit, au temps que les forces emploient à parcourir l'espace. L'éther conserve , mais il dis*perse et emporte d'ici ce qu'il porte là4)as. Je vieilr lis sur cette terre, pendant qu'il porte aux étoiles ma jeunesse. U n'en est pas de même de Dieu, milieu surnaturel, étemel, immuable, infini. U voit tout, reçoit tout, conserve tout et ne disperse point En lui, comme en un point et en un seul instant, se conserve distincte, totale et rassemblée, toute la suite de ma vie passée. C'est en lui qu'un jour je dois la retrouver et la lire tout entière d'un coup d'œil, vie physique et visible, vie invisible du cceur et de la pensée. O mon Dieu I qu'ai-je inscrit en vous ? Quelle unité I quel résumé I quelle conclu-* sion sortira de la suite de tous ces caractères qui sont ma vie? Je comprends maintenant ces paroles que j'ai lues dans la vie d'une sainte : « Tu es ins- « crite et gravée en moi, avec toutes les années et
« toas les nombres de ta vie, avec toutes tes actions^ ce tes souffrances et tes impressions, avec tous tes (c défauts et «es péchés que j'ai couverts de ma m}- <f séricorde *. »
Il en est ainsi de toute âme.
Nous voilà donc , encore de ce point de vue, dads la vie pour toujours. Dès lors qu'attendonsnous pour servir Dieu, pour aimer, pour connaîttre, pour travailler au royaume de Dieu, pour tressaillir de joie dans la joie qu'apporte THomme- Dieu?
Le Biscn^u. Mais ici revient ma question : ô maître, que faut-il faire?
Le iffAmts. Il faut d'autres plaisirs, d'autres affaires ! Il faut une ligue pour donner au monde un élan. lie monde est beaucoup moins lourd qu'autrefois. Évidemment, il est plus petit. Bien^tôt on en fera le tour entier en quelques jours , et déjà nous avons une force qui l'eriVeloppe et le traverse en un instant. U est donc beaucoup plus saisissable. Que ppuvait autrefois un homme par la parole? U atteignait une assemblée. Aujourd'hui, urte seule voix peut parler, en un jour, au globe entier. Les progrès approuvés de Dieu, les
* Vie de J. M. de la Croix de Roveredo, p. 60<
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efforts vrais, les impulsions du cœur, la lumière des idées, peuvent soulever le monde mille fois plus tôt et plus haut qu'autrefois ! Que quelques âmes soient lumineuses et possèdent véritablement le feu, elles peuvent réaliser la divine attente du Sauveur : a Je suis venu apporter le feu sur la « terre-, et j'attends qu'U s'aUume. » La flamme, ce semble, pourrait bientôt jaillir. Qu'un des grands peuples européens vienne à s'unir, autant qu'il est possible sur la terre, dans la vraie foi de Dieu; qu'il rassemble toute la science moderne, la compare, la pénètre et la consacre dans la lumière sacrée ; mais qu'il rassemble, avant cela, les pauvres, c'est-à-dire les membres réels et substantiels de JésuspChrist, dispersés et souffrants ; qu'il établisse et organise enfin magnifiquement le culte de ces membres divins ; que les bons cœurs trouvent dans ce culte la félicité de la vie. Que la risible et animale avidité de la race inférieure pour l'argent soit arrêtée par la pudeur, flétrie par le d^oût, réprimée par la loi dans ses fureurs et dans ses fraudes ! Que la richesse r^énérée soit source, et non pas goufiBre ; que le luxe homicide des joueurs et des courtisanes, et de ceux qui les suivent, suscite enfin le soulèvement eflBcMx de tout'ce qui n'a pas perdu le sens ; que rénervante sensualité soit
tempérée par la passion du vrai ^ et surtout par le grand amour; que la paix, et non pas la guerre, soit rhonneur et la gloire des peuples ; qu'en un mot, une nation chrétienne fasse son devoir, et je vois éclater la flamme, et la force du feu remplit le monde, et le soulève.