‹ Philosophie de la natureChapitre 1 sur 30 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

première édition.

La philosophie et les sciences exactes n’ont depuis longtemps rien crée chez nous, comme si elles étaient mortes. La littérature en général ne donne aucun signe de vie.

Philoaoplile de la Nature. ]

Nous prenons sans cesse les créations intellectuelles de l’étranger et elles nous suffisent.

Digestives ou non, nous les ruminons depuis le matin jusqu’au soir tranquilles de les avoir englouties ; nous ne rendons rien à l’humanité en échange de son labeur.

Nous vivons en vérité au milieu d’un calme sépulcral au champ de l’intelligence. Nous vivons comme des parasites, muets et indifférents, voués exclusivement à l’ex-

ploitation de notre prochain.

Il est temps de réveiller l’esprit des Kopemik et des Sniadecki.il est temps d’arracher la pensée à l’apathie universelle. Il est temps de montrer que nous sommes dignes de la divinité que nous portons en nous; que les sciences exactes et les recherches philosophiques touchant l’humanité ne sont pas mortes dans nos cœurs; que si notre époque a été longtemps silencieuse, qu’elle sait sortir de sa léthargie et donner un démenti à la mort.

Par la philosophie de la nature nous n’entendons pas la philosophie de la nature morte, ni organique, ni intellectuelle; nous n’entendons pas la philosophie des forces simples, ni des facultés de l ame. La philosophie de la nature dans le sens le plus général, traite toutes ces questions ensemble, et dans l’ordre logique elle doit embrasser toutes ces questions à la fois dans leur développement naturel et leurs rapports solidaires.

„I1 est également dangereux pour les sciences, dit Flourens et nous ajouterons pour l'humanité aussi, d’accumuler sans cesse des matériaux sans s’élever à aucune idée générale et de vouloir pour ainsi dire deviner ces idées avant qu’elle soient sorties d’elles-mêmes des observations déjà acquises."

„I.a disposition d’esprit qui porte à ces deux écueils est comme on voit tout-à-fait opposée: „je l’appelle dans

un cas, dit Flourens, l'esprit de routine et dans le second l’esprit de précipitation” (').

Le temps est venu d’avertir que des simples observations ont un résultat stérile, que la disposition contrait e de l’esprit en nous éloignant du véritable but de ces dernières entre dans la sphère des rêveries stériles.

On courait après les détails et à chaque pas on s’éloignait du nœud d’ensemble , qui seul en tempérant la fougue de l’esprit dans son tout harmonieux répond à la vraie dignité et à la destinée de l’homme, au vrai progrès sur la terre.

Saisir le secret du rapport et de l’unité en tout, sai- • sir la loi commune à toute la création, expliquer la cause et les effets de ses phénomènes, doit être le problème de la Philosophie de la Nature.

Indiquer la voie des recherches philosophiques pour l’avenir, c’est sauver l’esprit humain des aberrations morbides des siècles passés, c’est maintenir l’esprit et le cœur dans l’harmonie, c'est tracer les bases hygiéniques de l’esprit pour les générations futures

La Philosophie de la Nature doit nous amener à répondre à cette question: que sommes nous, qu'est ce que la création entière?

J'ai assez vu et assez médité pour ne pas laisser à la postérité le fruit de mes méditations, de mes vues sur la nature et sur l’homme.

Devant tout à la science pourquoi ne marcherais-je pas sur les traces de Flourens et d’Etienne Geoffroy Saint- Hilaire, afin d’encourager les penseurs à ce que leurs conclusions philosophiques soient toujours basées sur l’observation ?

(') Flourens, Analyse do la Philosophie Anatomique.

La médecine à la quelle j’ai consacré toute ma vie devrait-elle être oubliée daus mon travail?

Devant beaucoup à l'histoire du développement de l’esprit humain de Georges Cuvier ( •) et non moins débiteur des travaux philosophiques d’E. G. Saint-Hilaire écrits le scalpel à la main, démontrant mathématiquement l’unité do type pour les animaux vertébrés, avec la seule différence de leurs développements et de leurs perfections organiques

Devant beaucoup aux travaux de Flourcus, de ce naturaliste-philosophe, qui par ses expériences sur un organe des plus compliqués de l’homme, le cerveau, a dévoilé tant de mystères dans ses fonctions, a tranché et résolu tant de questions dans le domaine de l’intelligence, qui a tracé aux philosophes la voie qu’ils doivent suivre pour ne pas tomber dans les utopies et les vaines illusions ....

Devant plus aux autobiographies des grands hommes, éclaircissant mieux que le scalpel de l'anatomiste l'histoire de la nature humaine, l’histoire des nations et des époques, qu’aux grands folios de l’histoire ex professo et à la routine de l'école (2).

( ') Cours do l’histoire des sciences naturelles et de la philosophie de l’histoire naturelle.

„ (*) Lises les autobiographies de Pasek, de Benvonuto Cellini,

les Confessions de JJ. Rousseau, de St. Augustin, les mémoires de Goëthc, la vio do Byron, de Dante, do Silvio Pellico, du Tasse, de Camoens, de Mozart, les mémoires de Ltlthcr par Michelet, la vie des savants illustres par L. Figuier etc. eto. Lisez le chant XXXIIIèmc de l'enfer de Dante et vous verrez oc qu’uu homme qui, n’avait auoun sentiment de famille est capable de faire — vous y verrez un homme-hyène, qui fait murer un père avec ses trois fils et qui les fait mourir de faim — vous y verrez des époques historiques dépeintes de main de maître.

Admirateur de la nature, c’est-à-dire du vrai , devrais-je me taire sur ce qui élève et ennoblit tant la dignité de l’homme, sur ce qui éclaircit la noblesse de son origine, de ses destinées . . . devrais-je me taire sur ce qui le rapproche de Dieu?

Devrais-je envers les grandes oeuvres et les grands noms de l’humanité me montrer ingrat et muet. ... ?

Je n’offenserai pas l’Ecriture-Sainte, si basé sur les données de l’état actuel de la science, je remplace contrairement à la lettre du livre de la Genèse, la création du monde en six jours, par des époques embrassant des siècles et même , si contrairement aux idées actuellement admises je cherche à prouver, que la Sagesse infinie dans sa volonté toute-puissante s’est instantanément incarnée dans la création, que l’oeuvre de la création par conséquent, fut l’affaire d’un instant; que les époques admises par la science dans la création se rapportent non pas à la création dans le sens rigoureux du mot, mais bien aux changements que la terre a subis depuis la création dans sa structure , ainsi que dans les êtres organisés qui l’habitent.... Je n’offenserai pas, dis-je, l’Ecriture Sainte, si ne faisant pas cas de l’arc-en-ciel , symbole de la paix et de l’harmonie dans la nature je prédis encore plusieurs déluges, plusieurs catastrophes et peut être même d’incalculables changements plus ou moins généraux , non seulement dans le système solaire , mais même dans le système de l’univers; si à l’existence du monde au lieu de 5,000 ans, je fixe une éternité de siècles, si j’essaie de démontrer les rapports de la force à la matière et le lien de l'âme avec le corps, que la création aura une fin comme tout ce qui vit et existe, et qu’elle retournera un jour à sa cause première, à la force , à l'idée , à Dieu; qu’il n’y a pas de matière morte, que tout vit dans la création; que la pierre,

comme la bète, comme l’homme, comme l’univers tout-entier, que tous les êtres de la création ont une âme sut generis qui est immortelle

L’église qui emprisonnait Galilée pour une vérité, reconnut avec les progrès du temps , que la terre tourne autour du soleil; devrait-elle méconnaître que Celui qui a créé l’homme, l’a doué de la puissance des découvertes et du progrès — qu’en dévoilant les mystères de la nature, non seulement nous ne manquons pas à l’Eternelle Sagesse , mais nous contribuons à sa plus grande gloire sur la terre.

Le génie de Cuvier me contestera-t-il, si contrairement à sa puissance et avec quelques débris seulement de l’industrie naissante, trouvés dans les dépôts sousmarins du dernier déluge (’) tout en laissant de côté les découvertes faites depuis plusieurs années dans le domaine de la Paléontologie, je reporte l’existence de l'homme à quelques milliers milliers d’années avant le dernier déluge. ... ?

Veillons donc pendant qu'il en est temps, car viendra un moment où il n'y aura plus de télégraphes pour annoncer le malheur imminent, il n’y aura plus de main pour le signaler , il n’y aura plus de fil pour transmettre la nouvelle sinistre! Le jour où nous apercevrons les vagues furieuses de l’océan rouler sur nos habitations et nos familles, sera le dernier pour toute la terre. Un cri, un seul cri se fera entendre, le cri de la mort! et tout sera fini! Un instant effacera toute existence sur la terre (*)

(') De la Murmura a le premier découvert danii Hic de Sardaigne des débris de 1 industrie naissante avant le déluge.

(2) Nous donnerons en son lieu une idée exacte sur ce «juc nous entendons par le déluge universel, nié de nos jours par M. D’Orbigny, Cb. Lycll, Huttun, Huxley, Darvin et autres savants de premier ordre.

et la déposera comme un immense linceul dans la fosse commune....!

Génies des Moïse et des Luther, d’Apelles et des Matejko, (') des Mozart et des Chopin, des Phidias et des Michel Ange, d’Homère et des Miekiewicz, des Socrate et des Kopernik, des César et des Napoléon, 2) que vous êtes petits au milieu de ce calme funèbre!

Tu ne seras plus mentionnée sur la terre ô gloire et grandeur humaine! Vos mérites et vos noms illustres en face de Dieu auront le même sort, que le plus simple jouet éblouissant il y a un moment le regard d’ un enfant et qui à peine donné, sera bientôt jeté dans un coin pour y être oublié à jamais.

Viendra un jour un nouveau Dante, qui donnera une description des tortures des damnés de l’enfer, qui racontera en vers immortels la mort d’Ugolino et de Françoise de Rimini, mais il ne se trouvera plus de plume qui exprimera la grandeur des souffrances de l’humanité entière, qui saura dépeindre l’immensité de la perte des siècles pour les sciences et les arts, qui saura exprimer le dernier cri de la vie, le dernier cri du cœur, qui saura décrire le mugissement d’ un élément aveugle engloutissant la vie, effaçant le passé qui saura décrire le déluge!

Une seule immortalité nous attend sur la terre, que nous devons avoir présente à la pensée— résurrection terrible, attérantc — dernière punition de Dieu ici-bas: lorsque après ce déluge viendra un second Cuvier, qui après avoir ramassé à ses pieds nos ossements les ossements de nos pères et de nos enfants, et après avoir reconnu notre espèce d’après la ' plus minime de ses facettes, prononcera: il y eut jadis un être sur la terre qui avait des dents pour arracher sa

(’) Le plus grand peintre moderne.

(*) Allusion au génie de Napoléon Icï.

proie, des ongles pour déchirer, une langue pour ne jamais exprimer le fond de sa pensée, un instinct pour exploiter ses semblables, qui avait un morceau de chair dans la poitrine et qui pour la forme seulement s' appelait coeur et cet animal était l’homme du dernier déluge ('). Malheur à nous à ce jugement des générations futures, où la doctrine du Christ qui nous recommande d’aimer notre prochain comme nous même, peut être mieux comprise, fera une plus ample récolte ... !

Le lecteur trouvera dans mon livre en fait de questions scientifiques et historiques approuvées par la science et d’ une précision mathématique, des conclusions philosophiques et des vues nouvelles. Il y trouvera des hypothèses et même des suppositions toujours appuyées sur les sciences exactes et sur l’observation.

En pliant ma pensée à la routine généralement admise je me serais écarté de la nature.

Pourquoi devrais-je contrairement à ma pensée et à mes convictions intimes, renier l’élan de mes convictions personnelles, lorsque je parle de la naturfe ?

Le monde est aujourd’hui par trop plongé dans l’égoïsme et dans les spéculations des chiffres, il est trop adonné à la minutieuse spécialité, il court trop après les œuvres immenses de l’esprit et cherche des perfections dans les détails, pour ne pas le détourner de son aveuglement avec des vues plus générales, pour ne pas fortifier son âme avec une nourriture plus en rapport avec

(') Lnrtct a trouvé dans lea grottes de pareils squelettes d'homme, où tout porte à croire que surpris par le dernier déluge, l’homme a trouvé sa fin au milieu d’un repas de famille, où il savourait avec ses eonvives la moelle crue des os d'animaux.

ses hautes destinées, pour ne pas réveiller en lui dans ses œuvres de tous les instants le côté agonissant de l’amour de scs semblables.

Telle société, tel homme. La société viciée par sa base ne peut pas marcher dans la voie du vrai progrès. Les sciences trop perdues dans la routine ne peuvent plus fournir de sève vivifiante à de nouvelles générations, car les générations qu’elle donnera seront imprégnées de la même routine. Je prends l’exemple suivant: dans les forêts qui confinent la Lithuanie et la Russie on a pris en 1694, un jeune homme d’environ dix ans qui vivait parmi les ours (*). Or d’après Connor „cet enfant n’avait ni raison, ni langage, ni même voix humaine” et d’après Condillac le même enfant „imitait les ours en tout, avait un cri à peu près semblable au leur et se traînait sur les pieds et sur les mains. Nous sommes si fort portés à l’imitation, ajoute Condillac, que peut être un Descartes à sa place n’essaierait pas seulement de marcher sur ses pieds.” — Que dirons nous maintenant de l’intelligence dirigée par une éducation viciée dans sa base par la routine et les préjugés du siècle ? Que dirons nous de ceux qui écrivent exprès des livres impréjgnés des préjugés de l’église pour la jeunesse universitaire, comme cela se pratique en France, lorsqu’ils sont contraires à leurs convictions intimes, lorsqu’ils sont contraires au bon sens commun, lorsque la science les désapprouve ?

Il existe de grands physiciens, de grands ingénieurs de grands mathématiciens, de grands peintres et sculpteurs. Il ne manque pas de grands noms dans l'histoire, dans la poésie et dans la morale; mais nous n’avons plus de

') Essai sur l'origine de» oonn. hum. 1 repartie sec: IV. ch. 11. Philosophie de la Nature. 2

Leonard de Vinci (*), qui excellant dans toutes les branches du savoir et de l’art, sinon à la même hauteur du moins dans une grande puissance fut mâitre. Nous n’avons pas aujourd’hui de Michel Ànge — Nous n'avons plus de Leibnitz. Cuvier, le grand Cuvier n’est plus. E. Geoffroy Saint-Hilaire et Lamarck, ces grands hommes, que je ne mentionne pas comme génies universels, mais comme génies qui voyaient plus juste dans les sciences que leurs contemporains les plus éminents, ne sont plus; et surtout Geoffroy Saint-Hilaire qui aimait son prochain comme soi même n’est plus !

Le chimiste pour paraître plus grand, se cache aujourd’hui avec ses connaissances en physique tout occupé à augmenter le nombre des faits, ou borné à faire ses applications à l’industrie qui ne fait malheureusement qu’une vaste branche de l’exploitation de l’homme par homme. L’astronome ne connaît pas, ou semble ne pas connaître la géologie pour prouver son amotur exclusif pour les étoiles

On exige impertinemment du médecin à ce qu’il ne s’occupe que de médecine. On veut le voir toujours gonflé, la grosse canne traditionelle à pomme d’or à la main, l’oignon antique avec des formidables breloques, le bas cylindre à larges bords, tâtant continuellement le pouls, regardant la langue de ses malades, ou occupé du matin au soir à lire une des gazettes de sa spécialité — soutenant: que la vie entière d’un homme ne suffit pas pour approfondir les matériaux amassés, que chaque moment perdu est une

(') I.éonnrd de Vinci avait des ' idées justes sur les coquilles fossiles. Celui qui les a développées avec le plus do force est Falissy.

perte pour l’humanité. Grande erreur! on oublie que la science de la médecine la plus vaste, fait du médecin l’homme du savoir plus ou moin universel, que toute la nature est, et doit être le champ de ses observations. Rien ne doit lui être étranger, bien que tout en lui doit tendre vers le même but.

Vouloir soulager non pas un malade, mais tous les malades, désirer arracher notre siècle à la manie du calcul et de l’exploitation de l’homme par l'homme en lui montrant la grandeur de ses destinées et la petitesse de choses d’ici-bas n’est ce pas être médecin?

Nous feignons très souvent un savoir que nous n’avons pas, nous passons pour des hommes spéciaux, souvent par besoin, toujours par spéculation, sans en avoir ni le droit ni le mérite nécessaire: car nous avons remarqué que les spécialistes sont recherchés, qu’ils sont en vogue, que la spécialité rapporte, qu’elle est lucrative Partout et toujours l’exploitation du prochain Nous

avons hélas! trop de ruse et pas assez de coeur et de vraie sagesse. Lorsque au déclin du jour nous avons tout pesé et calculé, il nous semble que nous avons tout fait, que nous avons loyalement répondu à notre destinée et que nous avons bien rempli notre devoir.

Nous avons oublié que l’harmonie du savoir et de l’amour du prochain fait la base du vrai progrès, qu’elle est la seule digne de l’homme; qu’autrement l’homme même le plus honnête, renfermé dans sa spécialité ressemblera toujours à cette mouche à miel, qui ne fait toute sa vie que construire les rayons et remplir ses cellules td’une savoureuse liqueur, qu’il y aura de plus beaux et de plus symétriques rayons aux cellules de la subtile matière de cire, mais ce seront toujours des cellules, toujours lesmêmes gâteaux de miel, que l’homme autrement dit ressem-

blera toujours au castor qui construit sa maison riche en étages, mais ne transportera pas une montagne d un endroit à un autre par la seule puissance de sa volonté comme dit le Christ.

Je n'écris pas toutefois la philosophie de la nature pour nier l’importance des faits, pour chercher à effacer la chimie , la physique, la géologie, la botanique, la minéralogie, l’astronomie ou la géométrie, pour chercher à effacer de la science les mots mouvement, gravité, chaleur, lumière,

force organique, intelligence ! (*) pour chercher a re-

- plonger les sciences dans le chaos d’où le génie d’Aristote les a rétirées.

Bien loin de là, que ce qui est considéré utile pour ses progrès reste, mais que chaque branche de cet arbre immense ne soit pas regardée comme détachée et à part, sans rapport avec la sève circulant dans le tronc du géant. Que la nourriture puisée dans le sol par les milliers de racines soit vivifiante et commune à toutes. Qu’elles ne soient pas regardées comme autaut de sciences et forces isolées saus rapport intime et solidaire

La nature malgré son unité vue à de grandes distances, l’homme et la plante par exemple dans l’echelle des êtres organisés, la nature dis-je envisagée dans ses détails, dans ses parties isolées et détachées, se soumet à cette division, c’est à-dire à cette division du travail ayant en vue le progrès. Serait-on toutefois coupable de vouloir

(') Le R. P. Sccchi qui a publié son livre en 186 9 et qui ne pouvait pas connaitrc la première «édition de mon ouvrage paru h Varsovie en 1868, propose de bannir de la physique les mots chaleur, lumière, électricité et de substituer h leur place le mot mouvement, /.'unité Jet force t phyii</uei Paris 1809. pag: 085.

la réunir, et la montrer dans son ensemble aux yeux étonnés ?

Le croisement des races a pour résultat, comme nous le savons, le perfectionnement toujours croissant de l’espèce, pourquoi le croisement des sciences, ou l’application de l’une à l’autre, (*) ou l’éclaircissement des points obscurs de l’une par les lumières de l’autre ne serait il pas appelé à ouvrir une ère nouvelle dans le domaine du progrès intellectuel de l’humanité ?

Ce livre que nous soumettons à nos lecteurs donnera des faits isolés et des observations que je chercherai à relier dans un ensemble commun en cherchant en tout l’unité de la cause et l’unité du but, conformément à la loi de la nature: unité de cause dans la diversité des formes.

Ecrivant sans modèle, ne suivant que l’exemple d’Etienne Geoffroy Saint-Hilaire et de Flourens, le premier tracé dans le domaine de l’anatomie comparée, le second borné aux deux organes: le cerveau et les os; n’imitant personne dans mon travail, écrivant de ma propre intuition, ce qui sera bon et utile dans mon livre restera, ce qui sera contraire à la vérité et inutile retournera à l’oubli.

Si donc mon livre parâit aujourd’hui ou demain, si je vais souffrir de la part des faux amis de la science et du préjugé , de l’amour-propre blessé ou du fanatisme, ou s’il va jeter après ma mort quelques rayons de sympathie sur la froide poussière à jamais sourde et silencieuse n’im-

porte.

(2) Descartes créa de cette manière une science nouvelle: l’algèbre appliquée è la géométrie.

Si c’est un rayon d’approbation, qu’il répande ses bienheureux effets sur mes enfants chéris, qu’il leur rappelle le dernier amour pour l'humanité et les sentiments d’admiration pour le Créateur de celui, qui leur a donné le jour.

Varsovie le 22 Juillet 1868.

Dr. Henri Levittoux.

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