XIV AVANT-PROPOS
rement tout ce qui se rapporte a la grande philosophie du dix-septième siècle, à Descartes, à Spinoza, à Malebranche, à Leibniz.
Nous avertissons aussi le lecteur studieux qu'il peut se fier à la scrupuleuse exactitude de nos citai ions. Il n'y en a pas une qui soit de seconde main. Nous les avons tirées, non des historiens qui nous ont précédé, mais des auteurs euxmêmes, dans les éditions les meilleures et quelquefois les plus rares, que des recherches assidues nous ont permis de rassembler.
Le second volume dé l'année 1829 (le troisième de cette collection) est consacré a l'examen critique de la Philosophie de Locke. L'état de la philosophie en France, où les restes de l'école de Condillac et des Encyclopédistes du dix-huitième siècle s'agitaient contre la philosophie nouvelle, nous imposait cet examen qui, à travers Locke, atteignait ses modernes disciples, et couvrait l'école spiritualiste en livrant un sérieux combat à ses adversaires. Sans doute,, avant nous, Leibniz dans ses Nouveaux Essais sur F Entendement humain^ avait donné une admirable réfutation de Locke ; mais cette réfutation , très-solide en elle-même, avait perdu son autorité par le mélange des hypothèses leibniziennes, depuis longtemps abandonnées
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et décriées, la monadologie et l'harmonie pré^établie. Il fallait une critique nouvelle pour des temps nouveaux : celle-ci a été jugée capable d'arrêter un esprit sincère à l'entrée ou sur la pente du sensualisme. On n'ose rappeler l'éloge qu'en a fait le plus grand critique de notre temps, sir William Hamilton \ Un philosophe américain, M. Henry, en a tiré uq traité complet de psychologie qui sert aujourd'hui de manuel de philosophie dans la plupart des universités américaines \ En Angleterre, ce volume a été le sujet d'une vive et utile controverse qui dure encore \ Notre illustre maître, le juge austère et vénéré de nos intentions et de nos. travaux, M. Royer-Collard, considérait comme les moins imparfaits de nos ouvrages, les moins indignes de le rappeler, la Philosophie Écossaise et la Philosophie DE Kant, dans nos premiers cours, et cette
i. Dans un article de la. Revue cT Edimbourg sur Reid, numéro lOîJ, octobre 1830, reproduit dans les Discussions, etc.
2. Eléments of Psychology, included in a critical examinntion of Locke, Essay on the human understandiny ^ avec des notes et une introduction étendue ; première édition, New- York, 1834 ; deuxième édition, 1836 ; troisième édition, 1842, reproduite à Londres en 1851 enfin en 1856 une quatrième édition très-augmentée, avec ime défense forte et judicieuse de notre ouvrage en réponse à un article d'une Revue américaine ultra-calviniste, Princeton Review.
3. Parmi les nombreux écrits qu'elle a produits, nous nous bornerons à mentionner celui de M. Webb, du collège de la Trinité de Dublin, essai aussi paradoxal qu'ingénieux où l'on fait de Locke un philosophe idéaliste, The intellectunlism of Locke, an Essay by Thomas E. Webb, M. A. Dublin, 1857.