CLASSIFICATION DES FORMES RELIGIEUSES
La question de L'origine des formes religieuses terminée, nous
abordons celie de leur Classifieution, Ce sert iei le lieu de faire un examen plas où moins détail.
lé des differentes forines religieuses où des diverses religions qui
ont existé dans le monde, ali de bien constater la loi qu'elles
ont suivie daus leur développement, Ce travail est très longs, quoique très agréoble d'ailleurs et
fort peu diilicile; C'est pourquoi nous laissons au lecteur le soin de
combler par lui inêiue cette petite Hncane tout en charmant ses
loisirs.
La classifivation elle-inêime des différentes relivions qui ont
existé depuis Le co nimencement du mon le présente une très gran de dificulté ; elle est même impossible, si l'on'se place au point
de vue de la certitule absolue, par Aa bonne raison que nous
manquens Complètement de doeuiments historiques, Ce serait
pourtaur la seule vértiable et absolument certaine, rangeant his-
toriqueiment toutes les religions d'après leur génération propre et
leur corruption les unes par les autres, La Crenèse nous indique bien quelque per Ia marche qu'ont
suivie les croyances primitives mais elle est loin de tout dire. Sa
grande et unique préoccupation était de nous faire connaître l'his-
toire du peuple hébreux, elle ne purle des autres qu’ea pussunt,
et dans la seule mesure où le récit biblique en atteste lé besoin.
La vraie méthode qui corsisteruit à les ranger historiquement
d’sprè, leur génération et leur corruption u’est pas possible, L’ine
suflisance des données positives sur les temps prélistoriques et
même. historiques nous le prouve, Qu'il y ait eu une ‘loi logi-
que” dans le développement des religions, personne n'en doute. Mais la grande difficuité est préciséineut de découvrir cette loi
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C'est ce qui a donné lieu à une foule de systèmes; on cena fait de toutes sortes, quelques-uns assez bous, d' ‘liocres, et d'autr:s absolument nuls, Au nombre de ces derniers se trouve le fameux système des rationalistes qui, se plaçant au seul point de vue physiologique, en arrivent À une Classification aussi arbitraire qu'insoutenable, A supposer même absolument Certaine leur hypothèse eur l'évolution de l’hoinme d'abord simple brute et passant de cet état inférieur À l'état d'homme, il est al, surde de soutenir, comme ils le font, la rationakilité dans l’homme, comme si en pareille matière ce n'était pas tout ou rien, comme si le fait du Changement des formes n'était pas nn fait instantané, Line peut yavoir d'état mitoyen, c’est tout l'un ou tout l’autre, Le jour où notre majestueux ancêtre est devenu homine il a cessé d'être bête. Que le cerveau de cet homine prie mitif fût plus lourd que le nôtre, que sa nature d'homme fut moins aflinée et moins subtile et que son intelligence fut bien plus obnu. bilée et moins Puissante que la nôtre, tout cela est fort Dossible, mais ce n’est plus la question de l’âine qui est en jeu, c’est la questiun de mécanisme et d’arrangement de la matière. Si ce n’est que cela nous serons parfaitement d'accord, sur la question évo. lutiouiste, bien que nous rejetions comme insuffisant leur système de classitication qui n’a que la physiologie pour base,
Une autre théorie, également insuflisante, mais non sans valeur, est la théorie q'": 8e place au point de vue géographique, Il est absolument hors de doute qu’en religion, comme en tout le reste, l’hoinme subit fatalement et souvent dans une très g'aude mesure “l’inflience du milieu”, Les habitants du Gange n’auraient jamais été les adorateurs de ce fluve, s'ils n'avaient habité ses rives. L'Egypte n'aurait jamais adoré le crocodile, si ce monstre horrible n’eût fréquenté les: bords du Nil. incontestable que le climat influe beaucoup sur 1 les mœurs, Cependaut ce ne sont là que des i telles et par le fait insuffisantes à servir de base à une classification complète ; non, il faut pour cela quelque chose d’essentiel et de commun à tontes les religions, Où trouverons-nous ce Principe commun, ce poiut capital qui puisse servir nos appréciations et devenir la base même de no Je n’en vois pas d’autre que celui-ci :
toutes les religions, et se demander
autres at moins mé
Progressive
Il est également € Caractère et sur ufluences acciden.
de mesure à tre classification ?
se meltre en présence de quelle est la ‘notion’ de cha.
cune concernant la divinité, D’après notre principe, si nous pon- Vons arriver À découvrir sur ce point une notion commune, nous nous en servirons comme base et comme point ae départ, Or le biincipe commun ou la notion Capitale, comme nous l'avons vu, c’est la grande notion monothéiste plus ou moins intacte même dans Îe polythéisme Grecet Romain clez qui l’on trouve uon pas un Dieu unique, mais un dieu supérieur à tous les dieux, un Jupiter quelcorque père et maître de tous les dieux.
Si nous posons, à la base de l'humanité, l'hypothèse mono. théiste, nous sonimes amenés par la force des choses à conclure que l’histoire de l’homme a été murquée par un double mouvemert: l’un, de digression c’est-à-dire d'éloignenent de l'idée piimitive; l’autre, de régression c'est-à-dire de retour à cette même idée, à cette nême notion puie et parfuite de la divinité.
(a) MOUVEMENT DE DIGRESSION
Quant au mouvement préhistorig'e rapide et profond, qui amena Dieu jusqu’à se repentir d’avoir créé l’homme, ce mouvement nous échappe et il! ne nous reste absolument riep qui puisse nous servir de document pour expliquer scientifiquement cette première phase de décadence et de dégrudation, Cependant nous pouvons remarquer que parmi les reproches que Jéhovah adresse à l'homme il n’y en a pas un seul qui l’accuse d'idclatrie, 11 dit bien que l’honme est devenu charnel, inais il semble qu'avant le déluge l’idolatrie n’est pas apparue sur la terre, et que l’homme, soit parce qu’il était plus proche de la révélation, soit parce qu’il étuit moins dégradé, avait du moins conservé intacte jusque-là sa notion du vrai Dieu, ce souvenir de la révélation, Voilà la seule donnée historique que nous ayons, et au point de vue purement scientifique cette notion même perd beaucoup de sa valeur, par. ce qu’elle parle d'événements du passé et par conséquent de choses qu’elle n’a jamais vues. Cette période de décadence nous échappe, puisque nous ne saurions trouver Île récit .de ce travail de décomposition préhistorique dans l’histoire des peuples.
Pour ce qui concerne l’époque historique, le travail de dé. composition et de décadence peut se classer comme suit: dans des vues providentielles et pour arriver à ses fins, Dieu permit qu’une partie de l’humanité conservêl intacte au moins la notion du vrai Dieu. Une autre partie étant tombée dans ja barbarie,
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les notions religieuses s'efacèrent avec elle,
Il y eut une troisiène catégorie intermédiaire qui a toujours eu du Dieu unique, tout-puissant, miséricordieux, rémunératenr une notion plus on moins confuse.
Cette œurvre de décadence: et de digression,s" explique d'an. tant mieux, que ces notions si élevées sur Dieu et sur leur! desti. née étaient le résultat d'un enseignement et nou pas de notions qu'ils avaient acquises. C'était le ferait d'un enseignement, non celni d’une invention ; en nn mot, c'était un legs de famille, un héritage, aa don ot non un bien acquis piniblement, fruit du tra. vailet de la mélitation, O1 pouvait l'apprécier d'autant moins et le laisser s'altérer et se perdre d'autant plus facilement.
D'un autre côté l'homme, en se dégradant, devait réduire fa. talement tontes ces vérité au niveau et à M limite de sa raison plus où moins anéantie et dégradée. Si, selon bien des probabi. lités, le déluge fut une inondation locale et non cette quasi fin du monde, cette grande lessive, comme l'appelle Tertullien, dans la. quelle Dien dût laver la terre et purifier le monde; rien n’empé. che que ce triple stade que nous constatons après le déluge ne se t'ouvât également à la période antédiluvienne,
Lorsque nous lisons ce Passage où Dieu se repentit d’avoir créé l’homme et résolnt presque de l’anéantir, lorsque nous voyons Noé avertir cette race égarée et déjà sur la pente de l’idolatrie, il ne faudrait reconraître dans cette race égarée que le Patriarche rappelle au devoir par ordre de Dieu, que cette dernière partie de Thamanité qui, bien que déjà pervertie, n’a pas encore perdu la notion de Dieu. Ce serait cette race située au berceau du genre humain qui, placée sur le théâtre même de tous les grands événements passés, aurait seule échappé an naufrage idolatrique et que Dien aurait maintenue dans le devoir par le déluge et par le choix de Noé, comme il se verra plus tard obligé de recourir non àune destruction, mais à un Choix analogue dans la personne d’Abra- Lam pour 13 même but et dans la même pensée, Mais alors les
mots, énule la terre, humanité entière etc... ne seraient plus em-
ployés que dans un sens absolument restreint, comme on le rencontre plus d’une fois dans la Bible; ce ne serait pas le seul exemple qu’en fournissent les Saints Livres, Après le déluge il était quasi impossible que les enfants de Sem, de Cham et de Japhet de nouveau dispersés et se trouvant désormais dans les mé.
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mes conditions que leurs ancêtres antédiluviens, ne retombaseent pas ainsi rapidement dans la dégradation et finalement dans l’ido
latrie, et Dieu aurait sauvé la vérité d’un second naufrage en choisissant une fois pour toutes Abraham et sa race pour en être les gardiens et les dépositaires jusqu’à la venue de Celui qui devait racheter le monde et.sauver l'humanité, »
(b) MOUVEMENT DE REGRESSION
L'homme esi va être pe:fectible ; même après les plus lourdes chutes et la dégradation la plus complète, il etait capable de ré- &ression et de relèvement : régression sans doute plus où moins lente ; car l'homme, laissé À lui-même, est bien plus rapide daus la chûte que dans le retour, Il en fut des Sociétés déchues comme des individus. Je les Comparerais volontiers aux hommes Pauvres, Parmi cef cassenrs de pierre, dans la classe illetrée et pauvre, il se rencontre toujours des individus qui, à force d’énergi: et de constance, finissent par échapper au naufrage commun et par faire fortnne, D’autres ihoins heureux atteindront la mé. diocrité, et d’autres enfin resteront plus où moins portefaix ou Casseui8 de pierre, Suns doute il ne faut pas prendre cela à la lettre, mais l'entendre d’une façon générale ; cor on rencontre des exceptions, Nous en avons comme preuve incontestable, ceux qui sont demeurés dans la barbarie jusqu’a nos jours, ou ceux qui y retournent, Mais en règle générale, et c’est un fait historique, il y eut dans l'humanité un irouvement de régression ou de retour lent, inais constant et procédant de la perfectibilité de l’homme fonstitué en société. Rome a été fondée sur le brigandage et cimentée par le fratricide, et c’est pourtant de ces enleveurs de femmes et de ce ramassis de voyous que sont sortis le Sénat et la grande nation. Le travail de tout peuple consiste à développer d’abord sa diplomatie et son commerce, jusqu’à ce qu’il arrive à l’opulence ou du moins au bien être et, par ce dernier, à la littérature, aux arts, à la philosophie, en un mot à la haute civilisa. tion. Il suffit d'étudier l’histoire des peuples anciens pour nous convaincre qu'ils en étaient là, Ce serait en effet se tromper grandement que de prendre les peuples anciens pour des peuples nor civilisés,
Un fuit historique, son moins incontestable et d’une importance capitale dans la question qui nous occupe, c'est que paral.
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lèlement au développement intellectuel amené par les civilisations Egyptienne, assyrienne, grecque, indoue, chinoise etc. l’idée de la divinité s’épura peu À peu. Certains esprits même, comine les grands bhilosophes d'Athènes et de Rome, arrivèrent À une connaissance de Dieu‘qui étonne et ne pouvait réellement être agrandie que par la révélation chrétienne, Il est bon de remarquer toutefois que ce grand mouvement régressif n’est pas toujours absolument en rapport avec la civilisation, Il ya là sans doute une ordonnance providentielle. Ce qui n’est pas moins admirable ni moins providentiel, c’est de voir qu'après sa chute Dieu laisse en quelque sorte l’humanité se relever elle-même. Il lui laisse faire tont ce qaWelle peut faire avant de lui tendre In main pour lui veniren aide, Ilan laisse faire un grand effort et lorsqu'il voit qu’elie est à bont de force, qu’elle a fait tout ce qui est en son pouvoir et qu’elle ne peut pas monter plus haut, alors satisfait de son énergie Dieu lni vient en aide et lui donne sa liberté dans la personne de son propre Fils,
Si nous considérons attentivement l’histoire de l'humanité de ce temps, nous verrons qne Jésus-Christ se manifeste aux nations alors que chacune d’elles a fait tout ce qu’elle a pu pour arriver à la vraie notion de Dieu, C’est l'empire d’Alexandre, puis la con. quête Romaine qui ont imposé la civilisation au monde— A près l'empire d'Alexandre et la conquête Romaine, le mouvement ré. gressif avait atteint l'extrême limite de la puissance humaine dans les grands génies de l’autiquité, D’un autre côté l'humanité entière était fatiguée. Cette lumière même Ini révélait son impuissance et lui faisait appeler un libérateur, Alors satisfait d’avoir montré à l’homme d’un côté, sa grandeur, de l’autre sa bassesse, d’un côté sa sublimité, de l’autre, son néant, Dieu se souvint enfin de ses promesses et lui envoya le Rédempteur. ‘Et Verbum caro factum babitavit in nobis”’,—
Sinous voulions faire un tableau synoptique des grandes formes religieuses qui, depuis le monothéisme primitif jusqu’au Christianisme contemporain, se sont partagé le monde, nous pourrions procéder comme il suit. Avant le déluge, le monothéisme
conservé par tous les patriarches mentionnés dans l’Ecriture jusqu’à Noé; que même à cette époque, une partie de l'humanité fut Polythéiste on Fétichiste, c’est possible, l’Ecriture ne nous en dit rien, Après le délnge, le monothéisme, conservé par Abraham, le ju-
duïsme, Moïse, les jugs, et la dynastie des rois, se prolongent Jusqu'à Jésus-Christ. À côté du judaïsme et se dévelôppant paral. lèlement à lui nous rencontrons les deux grandes formes religieuses de le Perse et de la Chine. ”
En Perse, c’est la religion: formée ou plutôt réformée par 20. roastre (XVè siècle av. Jésus-Christ) et connue sous le nom de Brabmanisme, plus tard modifiée par Boud lha (quatre cents ans avant l'ère chrétienne. )
En Chine la Religion de Confucius est la religion de l'Etat et des grands— : celle du peuple est la religion appelée l'ao- Tsée fondée par le philosophe Lao-Tseu six cents ans avant Jésus-Christ. Vient enfin le Bouddhisme qui est assez florissant en Chine.