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Bien qu'il y ait entre les sensations purement

320 LIVRE H. — DES SEÎÏSATIONS.

internes, surtout lorsqu'elles procèdent des sensalions externes, une certaine dépendance, cette dépendance n'est point telle que nous ne puissions les modifier. Dans le temps que nous pensons à Tobélisque de la place de la Concorde, il est possible que les fontaines jaillissantes qui s'élèvent à côté avec leurs statues de bronze, les Tuileries, le temple de la Madeleine, les Champs-Elysées se présentent à nous; mais il dépend de nous de changer la scène, de transporter par exemple le monolithe dans le Carrousel, d'imaginer l'effet qu'y produirait ce monument, enfin de le rétablir sur sa base de granit et de l'oublier.

Mais il s'agit de la vision, c'est-à-dire du phénomène externe, rien de tout cela ne nous est permis; chaque chose demeure ou semble demeurer à sa place; les sensations sont liées entre elles conmie par des anneaux de fer. L'une succède à l'autre, il est impossible de franchir les intermédiaires.

Ainsi l'observation constate l'existence de deux ordres de phénomènes entièrement distincts. Dans le premier tout ou presque tout relève de notre volonté ; rien n'en relève dans le second. Les phénomènes de la première espèce sont liés entre eux; mais les rapports qui les lient se peuvent modifier et se modifient en grande partie selon notre caprice. Nous voyons les seconds dépendre les nns des autres, et ne se produire que sous des conditions déterminées, — Je ne puis voir si je n'ouvre les volets de ma chambre pour donner passage à la lumière. Les phénomènes volets et vision sont nécessairement

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