‹ Philosophie fendamentaleChapitre 62 sur 184 · CHAPITRE XIX. — PRINCIPE DE DESCARTES. M · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. — PRINCIPE DE DESCARTES. M

d'nn raisonnement ou plutôt d'une analyse ; donc il ne peut être le fondement de nos connaissances.

187. Seconde question : Suivra-t-il le sort des autres principes, nous manquant, s'ils nous manquent? Même distinction que tout à Theure : comme simple fait, non; comme proposition, oui. Que Ton nie toutes choses, y compris le principe de contradiction, la conscience survit ; mais que l'on nie le principe de contradiction, toute proposition s'écroule, toute combinaison devient absurde ; l'analyse, le rapport de l'attribut avec le sujet sont des mots vides de sens.

188. Troisième question: Ce i^rindipe je pense, une fois admis, pourrait-on ramener à la vérité quiconque nierait tout le reste? Distinguons encore. L'on tentera de ramener le sceptique ou par le raisonnement ou parj l'observation, c'est-à-dire de le combattre à l'aide d'une argumentation logique ou d'éveiller son attention. La seconde méthode se peut essayer ; la première serait inutile.

Quiconque nie tout principe, y compris le principe de contradiction, se soustrait au raisonnement ; on dispute en vain contre lui. Essayons.

— Yous pensez, puisque vous admettez ce principe, « je pense. »

— J^en conviens.

— Donc, vous devez admettre le principe de contradiction.

— Pourquoi ?

— Nier ce principe, c'est reconnaître que Ton peut en même temps penser et ne penser pas.

150 LIVRB I. — DK Là certitude.

— Je ne vois rien qui s'y oppose.

— Mais alors vous anéantissez votre pensée...

— Pourquoi ?

— N'est-il point vrai que vous pensez?

— Cela est vrai.

— Et vous admettez qu'il soit possible que vous pensiez et ne pensiez pas en même temps.

— J'en conviens.

— Mais l'un détruit l'autre ; vous anéantissez votre propre pensée, en admettant simultanément Vxxn et l'autre.

• — Je ne puis en convenir ; votre argumentation n'est qu'une pétition de principe, car vous supposez vrai, sans le prouver,- ce que je conteste. En effet, puisque je nie le principe de contradiction, je n'admets point que le non^étre détruise l'être, ou l'être le non-être, et, par conséquent que la proposition c< je ne pense pas » soit incompatible avec la proposition «je pense. » Dans votre système, où l'être détroit le non-être, et vice versa, il est certain que penser et ne point penser sont deux choses contradictoires, ou, si vous le voulez, impossibles; mais dans mes principes, selon lesquels j'admets simultanément l'être et le non-être, il est très-simple que je pense lorsque je ne pense pas.

Ce langage est absurde, mais conséquent; le principe admis, la déduction est logique. Que si l'on répond que, dans ce cas, le sceptique n'est pas en droit d'établir l'argument que nous venons d'entendre, il peut répliquer à son tour qu'on n'a pas plus que lui

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