‹ Philosophie fendamentaleChapitre 72 sur 184 · PREMIÈRE PROPOSITION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PROPOSITION

Nier le principe de contradiction, c'est ébranler toute certitude, toute vérité, toute connaissance.

Démonstration.

Si Ton admet qu'une chose peut simultanément être et ne pas être, il faut admettre qu'avoir et n avoir point la certitude, connaître et ne point connaître, exister e tn'exister pas, affirmer et nier, sont une même chose. Dans cette hypothèse, les contradictoires s'allient; les semblables se repoussent;

CBAP. XXI. -^ DU PRlNCIPt DE CONTRADICTION. 167

rintelligence est un chaos; la raison se trouble, le langage devient absurde, le sujet et Fobjet se heurtent au sein des ténèbres; toute lumière intellectuelle est pour jamais éteinte. G*est la ruine universelle des principes; la conscience elle-même vacillerait sur sa base immuable, si, pendant qu'elle se livre à cette supposition impossible, elle n'était soutenue par Tinvincible main de la nature. La conscience ne périt point parce qu'elle est immortelle ; mais elle se sent entraînée par ce tourbillon qui roule et confond toutes choses. En vain s'efforce-t-elle de conserver ses idées, la force de la contradiction les anéantit; elles ne renaissent, elles ne se succèdent que pour disparaître bientôt. La conscience ne peut périr, disons-nous, mais elle n'existe bientôt plus que parle sentiment de l'impossibilité radicale où elle est de penser; et, seule désormais dans l'intelligence dévastée, la contradiction règne, broyant sous son sceptre de fer tout ce qui veut y germer,

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