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Mous objectivons l'étendue, en la rapportant

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CHAFITRB IX, — OBi£GTIV|TÉ DE L^ÉTEBTDUE. 348

aux objets extérieurs ; toutefois, il serait inexact de préteodre d'une manière absolue qu'elle est représenlée par la sensation. Disons qu'elle est le réceptacle de certaines sensations ; qu'elle est une condition né* ccssaire à Texercice de certains sens, plutôt qu'une chose sentie. L'étendue, abstraction laite des sensa-* tionsdelairueet dutact, se réduit, comme nous Tavons dit plus haut, à la multiplicité et à la continuité. Cette connaissance nous vient des sens , mais elle diffère des représeiitalions des sens. Si j 'enlevé la couleur et la lumière aux impressions fournies par la vue, il reste ridée d'une chose étendue, non d'une chose visible ou d'un objet représenté par la sensation. De la même manière, si je dépouille les impressions du

tact des propriétés qui relèvent de cet ot g.ine, 1 objet qui produisait ces impressions persiste, mais Timpression qu'il produit n'est point la représentation

de robjet.

53. Cette observation prouve que nous ne transportons point nos sensations aux objets extérieurs, que les sensations ne sont pas des images dans lesquelles notre âme contemple les objets, mais un moyen par lequel elle arrive à la connaissance. Toutes les sensations nous révèlent une cause extérieure, et quelques-unes, comme celles de la \ue et du toucher, nous rendent sensibles d'une manière particulière la multiplicité et la continuité, c'est-à-dire rétendue.

On en conclut pareillement que le monde extérieur n'est pas une illusion, qu^U existe avec sa géométrie,

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SCS masses gigantesques, ses formes multiples jusqu'à riaûni ; mais qu'une grande pailie doses beautés re^ lève de nous-mêmes; la main tonte puissante qui l'a créé nous montre, en particulier, sa sagesse dans les êtres sensibles » et surtout dans les éties intelligents* Que serait l'univers s'il ne contenait aucune créature qui sAt^^omprendre et sentir? C'est dans les rapports intimes, dans l'incessante communication des objets avec les êtres intelUgeats » qu'éclatent la beauté ^ rbarmonie, les charmes secrets de la nature. Le ta* bleau le plus parlait » si nul ne savait voir» si nul ne savait comprendre^ que serait-il? ma pâe^néle de lignes, de traits, de couleurs et de contours. Ce n'est qu'en présence de l'être qui sent et qin oonnait que le chef-d'œuvre s'anime, qu'il acquiert sa valeur, qu'il est ce qu'il doit être. Dans cette communication mystérieuse» l'objet s'embellit de tout le charme, de tout l'attrait, de tout le plaisir qu'il procure*

Supposons que des instruments de musique, sous Fimpulsion d'un mécanisme ingénieux, exécutent avec précision les meilleures compositions de Bellini ou de Mosart; à quoi se réduit cette harmonie si tout être sensible a disparu de la création? à des vibrations de l'air combinées selon certaines lois , à certains mouvemeiils d; uii fluide s'exécutaiil avec une précision géométrique. Maisi que l'homme apparaisse, tout change; l'harmonie naît, et le plaisir avec Vharmonie.

La symétrie d'un jardin, la verdure de ses arbustes, l'éclat des fleurs , l ai ùme de leurs parfums , que

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