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ÀinA se trouve résolue la seconde difficulté

c S'il nous était donné un nouveau sens qu'adviendrait-il ?» Ni la certitude de nos connaissances, ni Fordre ou la nature de lios idées n'en seraient altérés ou détruits; nos organes auraient acquis une manière nouvelle d'être affectés par les objets extérieurs, voilà tout. Un homme reçoit tout à coup l'usage de l'odorat; il éprouve une sensation de plus. Un homme sent naître dans son cœur un sentiment inconnu jusque là, cet honune possède une affeclion de plus. Les inapressions nouvelles prennent leur rang: et ne détruisent ni ne changent les autres.

m DU DEUXIÈME UVRE.

MOTËS DU UYRE PREMIER.

■um u oAmu i—nm, page 3,

Il fautdisting^uer enlrc la cerliludc cl la vérité : la vérité est la conformité de la compréiicnsion avec la chose. La cerliludo est un assentiment ferme à une vCrité apparente ou réelle.

Si la certitude n'esl pat la térité, elle eiige au moins Fillu* sion de la vérité. Nous pouTons éire certains d'une ebose fausse; mais nous n'aurions pas la certitude, si nous ne pea« sions qu'elle est vraie.

Il n'y a vérité qu'après jugement; s'il ne juge, l'esprit ne lait que perceToir, il ne compare point l'idée avec la diose; OT, sans comparaison» il n*y a ni conformité ni différence.

Si jeconçois une montagne haute de mille lieues, ma conception est sans ré.ililé extérieure, mais je ne me trompe pa^ tant que je m'abstiens d'aflirmer. L'aflirmalion, établissant une opposition entre mon jugement et la réalité^ constitue Terreur.

La vérité est l'objet de l'entendement; c'est pourquoi la certitude exige au moins l'illusion de la vérité. Notre eutendcmentest faible, de là son assujettissement h l'erreur.

L'entendement cherche la vérité en vertu d'une loi de sa uature; il prend Terreur pour la vérité en vertu de sa &îblesse.

La philosophie, on plotét Thommé, ne se peut contenler

d'apparences, il lui faut la réaUlé; soyuz convaincu que lout n'est qu'apparences» admettez même un léger doute à ce su-

AÙi UVAE I* — DE LA CERTITUDE.

jei, la oartttodt «'évammlU U otititné» peut «'«ttadior h

l'apparence, mais à condition de U prendre pour la réalité*

SUA Ul CHAVITmS u« page 7*

Le doute de Pyrrhon n'était pas universel, comme quelques philosophes semblent le croire. Il admettait les sensations en tant que passives, avouant que dans la pratique il fallait se conformer k leurs in<;pirations. On n*a jamais nié les apparences. Les uns souliciiiienl que rhoiuiac doit dire ; Urne mnble ; et s'arrôler là ; les autres , qu'il peut oser cette affirmation : c«la 09U Touteladiscussionestlà} n'oublions pas cette distinction; elle jette un grand jour sur les questions de la certitude. Âin^ de ces trois questions : Exisle-lril une certitude? sur quoi s'appuie-l-elle? comment peut-on l'acquérir? la première est résolue en un même sens par toutes les écoles en tant qu'elle se rapporte à un fait de notre âme; admettre les apparences» n'esirce point admettre la certitude des apparences ?

am sa <au9imii m, page ÎB*

Voir» sur le développement de Tintriligence el dea autres fMsultésdenotreàme» VAr$ d^mrioer m vraHib, i> 2» 3, iS, 13, 14, 18 et 22}.

ami la onanTan iw» page 27.

On me saura gré de franscriie id les passages si remarquables de saint Thomas auxquels j'ai fait allusion sur l*u*

nité et la muKiplicilé des idées. Je m'adresse h, ceux qui aiment une mélaphysique solide et profonde en même temps.

« In omnibus enim subslantiis intelleclualibus inTenilur virtus inteliectiva pér influmUam di»ini ktminii, Quod quidam in primo principio est uQum et simplex, etquanio magis creatuaee IntoUectuales distant a {urimo priacipio, lanto

mrsA. 403

magî« diTidiftiir ilM lumen, el diversifioahir, <foii( MklH in lineis a erairo egredientibus. Et inde est quod Beos per

suam essentiam omnia inlelligit; superiores aulcin intelloclualiurri substunharum, eUi per piures fonnas inlolHgant, tamea iutelligtuu per pauoiores et «agis uaiversales, et virtuosîores ad compreheiuîoiieai lenim» loropier elficaciam YirUitis iolellectifie quœ est in eb. Ib inferioribas aatem sunt formœ plures et minus universales, el minus efificaee» ad compréhension cm rerum in quanium deficiunt a virtote iniellecliva superiorum. Si eigo ioferiores substanliœ liaberent formas in iila univetvalitale, in q«ahabeai«u|»enoTes, quia non sont tante elfioaei» in inteltigendo, noaaràpe* rent per eas perfectam cognilionem de rébus, sed in qnadam communitate et confusione, quod aliqualiter apparet in homiiùbus. Nam qui sunt debiiioris inteiiecittSy per universales conceptiones magts ialelligenlinm» non aecipiunt perfectam eogniilonem, nUI eta aingula in apeeîali exi^ieen* lur. (i p. quœst» 89, art. i.)

oc Inlellectus quanlo est allior et perspicacior» tanto ex une polest plura cognoscere. £t quia intellectus diyinus est altissimus, per unam simplicem essentiam suam omnia oognoieil: nec est ibi aliqua ploralitas formarum idealinm» niai seeon* dum' difersos reapectua âiyin» easenticB ad vea eognitaa; aai în intelleetu creato multiplicatur, sccunciinn rem, quod est unuin, secundum rem, iu mente divina, ut non possit omnia per unum cognoscere: lia tamen quod quauio intellectua creatus est altior, tanto panciorea habet formas ad plura oognosoenda efficaces. Et hoc est quod Dionysius dicit (12. c Hier.) : quod superiores ordines liabent acientiam magis uni» versalem in inferioribus. Et in lib. de causis dicitur, quod intelligenliîe superiores habcnt formas roagis universales: hoc tamen observalo, quod in ioûmia angelia sunt formœ adhuc universales in tanlum, quod par unani fonaam posaunt eognoaoere omnia indiTidna imios speciei; ita quod illa species propria, uoiuscujusque particularium » secundum diversoB

404 uvKt;. i. — r>E la cEKiiitibii:.

mpedus ejus ad particulariay aicul essentia divina eificiiur propria similHudo sÎDgulanim secundum diversos respectus;

sed iBitlkclus liumanus qui est ultimus in ordine substanliarum iiitelleclualium Imbcl formas in lantum pailiciilalas quod non potest pcr unam speciem nisi unum quid coguos> oere« Et ideo simiUiudo speciei existens in intelleclu hamano Bon sufBeii ad cogiiosceiida plurasiogularia; et propter hoc intdleclai adjuncti sunt sensus quibiis singularia accipiat. (t>uodlib. 7, art. 3).

a Hespoûdeo dicendum, quod ex hoc sunt in rébus aliqua snperiora, quod sunt uni primo, quod est Dcus, propinquiora et siimliora.fn Deo autem tota plenitudo inleliectaalls cognt- Honis eontineUir in uno, scilicet In essentîa divina, per quam Dl'US omiiia cognoâcit. Quœqindciii iiiU'Uigibilis [ileniliido in inlcllîgibilibus creaturis inferioii modo et minus simpliciter invenilur. Unde oporiet, quod ea quœ Deus cognoscit per UDUiD, inférions intelleetos cognoseant per multa : et tanto ampliusper plura, quanto ampliusinlellectus inferior fuerit. Sic igitur quanto angélus fiierit superior, tanto per pauciorcs species univcrsitatem intelligibilium appréhendera poleril, et ideo oportet quod ejus forma sint uni versai iores, quasi ad plura 86 exteudentes unaqaœqae eanim. Et de hoc exemplum aliqualiter in nobis perspici polest; sunt enim quidam qui verilatem intelligibilem eapere non possunt nisi eîs partie»latim per sin^rula explicetur. Et hoc quidem ex debililale inlellectus eorum conlingit. Alii vcro, qui sunt forlioris intclleciua» ex paucis multa capere possunt. » (i p. q. 53, art* 3.)

- tua sa «Baima page 21.

Voici rexplicatiou que donne Condillac de l'homme statue : « Pour remplir cet objet, nous imaginâmes une statue

c organisée intérieurement comme nous, et animée d'un esprit privé de toute espèce d'idées. Nous supposâmes

«c encore que l'extérieur tout de marbre ne lui permettait

« rusage d'aucun de ses sens, et nous réservAmes la liberté « d« les ouTriT, k notre choix, aux diaérenies impressiona « dont ils sont susceptibles.

« Nous crûmes devoir commencer par 1 odorat, parce que « c'esl, de lOLisles sens, celui qui paraît contribuer Je moins c aux connaissances de l'esprit humain. Les autres dirent « ensuite l'objet de nos recherches, et après les avoir consi» € dérés sépaitoent et ensemble, nous vîmes la sfatœ deve^ « nîr un animal capable de veiller à sa conseï vaiion.

« Le principe qui détermine le développement de'ses face cuUés est simple; les sensations mômes le renferment: car « toutes étant nécessairement agréabies ou désagréables, la « statue est intéressée à jouir des unes et à se dérober aux « autres. Or on se convaincra que cet intérêt suffit pour « donner lieu aux opcraLions de rentcndemenl et de la voie lonié. Le jugement, la réflexion, les désirs, les passions, etc. « ne sont que la sensation même qui se transforme différemi tf ment. C'est pourquoi il nous a paru inutile de supposer « que Fâme tient immédiatement de la nature toutes les « facultés dont elle cal douée. La nature nous donne des « organes pour nous avertir par le plaisir de ce que nous c avons à rechercher, et par la douleur de ce que nousafo^s « à fuir. Mais elle s'anéte là^ etelle laisse à rexpérience le soin « de nous fàire eonUraoter des habitudes, et d'aciievei i ou- <r vrage qu'elle a commencé.

« Cet objet est neuf etil montre toute la simplicité des voies « de l'auteur de la nature. Peut-on ne pas admirer qu'il n'ait « fallu que rendre l'homme sensible au plaisir et à la don- « leur, pour faire nattre en lut des idées, des désirs, des it habitudes et des talents de toute espèce ? »

Ce qui nous étonne ici, c'est encore moins le système que la naïveté de l'auteur ^ et cependant, durant quelques années, une imagination si superûcielle et si pauvre a trouvé des partisans ! GondilUuï se pose cette difficulté : Tout ce qui existe dans Tàme n'étant que sensations transformées, il est

406 LIVRE I. ~ DB Là CERTITUDE*

étrange que iae animaux, qui ont aussi la sensation n'arrivent pas ani mtees dévelappements* le doute que le lecteur soupçonnât jamais la réponse donnée par le pliiloeophe; la voici : Vorgane du têei est moim parfimt Mes les animaux»

cl partant ne saurait ôire, pour eux, la caube occasionnelle do iouie& les opéralioDs qui se remarqiicul en nous. N'est-ce pas avec laison que Tauteur a choisi oeUe épigraphe s c JKec tanMi ^wsi PjrtliiiisÂpoUe ? a

sm MM MiMna Wh page 43«

11 faut lire les scolastîqnes sur ces matières; exacts et profonds lors<iir ils Ira il uni de l'objet de la science^ on peut difQcilemeûl imaginer quelque chose, relalivement h la classification des véritéSi qui ne soit ou expliqué ou indiqué dans leurs ouvrages.

tOB sa OBsynma vu, page 4s.

Que l'on ne m'accuse point de séfériié envers les philosophes allemands ; on sait oomawai M*^ de Staël s'exprime h

leur sujet; je puis citer un juge plus compOlunt encore; l'un des maîtres de la philosophie ailemande , Schelling s'exprime ainsi :

« Les philosophes allemands ont philosophé si longtemps entre eux seuls, que peu à peu ils ont banni de leurs idées

et de iour langage les formes universellement intelligibles cl en sont Minas a prcudie, pour mesure du lalual philosophique, le degré d'éloignement de la manière commune de pmer et de s'exprimer. 11 me serait aisé d'en citer des eiem- ' pies. 11 est arri?é aux Allemands ce qui arrive aux familles qui se séparent du reste du monde pour vif re uniquement enlrc elles, et qui ûnissent par adopter, sans compter tf autres bizarreries, des expressions qui leur fcOuL pi oprts, et qu'elles seules peuvent comprendre» Après quelques efforts infructueux pour répandfe k rétraoger la phiUuK^hie de

Kanl, lU oui renoncé à se rendre iDtulligibles aux aulreg nations, s'habituant à se considérer comme les élus de ia phiiosopbi«,comme n% releraBl que d'eux-mêmes. Les philosophes ne devraient jamais perdre de vue que leur unique but est d*obtenir rassenUment universel en se rendanL universellement inlelligibles. Je ne prétends pas assurément qu'on ne doive juger les œuvres philosophiques qu'au point de vue liltéraire; mais je dis qu'une philosophie qui n'est pas intelligible à toutes les nations illustres, el accessible h toutes les langues , doit renoncer par cela seul h être une philosophie vraie et universelle. » {Jugement sur la philosophie de M. Cousin et sur l'état de la philosophie allemande en générai. 1834).

Schelling se llatlé que la philosophie allemande entre sous le rapport de la clarté en de meilleures voies et il

ajoute :

« Le phiiosoplie qui, il y a dix ans, n'aurait pas pu, sans compromettre sa réputation scientilique, répudier le langage et les formes de récoiCt pourra désormais s'affranchir de toute entrave de ce genre. La profondeur sera dans la pensée et une; incapacité absolue de s'exprimer avec clarté ne sera plus regaidée eomme le bigue du Laicnt et de l'inspiraliua philosophique. »

Je ne dois rien ajouter k ce passage de Schelling : mais lépétons tout bas h l'auteur : c UuMto nomm^ de tû fabula ista narratur. »

sua ui QHAvmn vm, page 66.

La lecture de l'ouvrage de Schelling, Système de l'idéa- Uàmè ttânsdet^antalf ne laisse àocùn doute sur sa manière de penser pat rapport è èétie idehlité qdi tt'est au fond et lie

peut être que le panthéisme. Je dois convenir, toutefois, par respect pour la vérité, que ce pljilosopho semblerait avoir ou modiûé sa doctrine ou reculé devant ses conséquences. On

408 UYIŒ I. — DE LA i;£UriXUDE.

peut du moins le crofie si Ton s'en tient à certains indices,

qui se laissent apercevoir dans un discours prononcé par lui h, Berlin, le 15 novembre 18 i 1 , h roin crture de son cours de philosophie. On y lit le passage suivant, digne d'attirer l'attention de tous les penseurs : ^ « Jamais il n*y eut contre la philosophie, de la part de la -vie active et rf^elle, de réaction plus puissante que celle dont nous sommes lérooins. Cela prouve que la philosophie a pénétré jusqu'aux questions les plus vitales de la société, jus* qu'aux questions sur lesquelles il n'est permis à personne d'être indifférent Tant qu'une philosophie se débat dans les premiers rudiments de sa formation ; tant qu'elle n'en est qu'aux premiers pas de sa marche, personne ne s'occupe d'elle, sauf les philosophes. Les autres liommesne prennent garde h la philosophie que lorsqu'elle prononce sa dernière parole, car la phiiosoplde n'a d'importance pour le publici en général, que par ses résultats.

a Je confesse qu'on ne doit pas tenir pour le résultat pratique d'une philosophie solide et profondément méditée, ce quo le premier venu se croit autorisé à donner pour tel; autre* ment le monde devrait se soumettre aux doctrines les plus contraires à la saine morale et même à celles qui sapent ses fondements. Non, personne ne juge une philosophie sur les conclusions pratiques qu'en tirent l'ignorance et ]a présomption. I^ailleurs, en ce point, il ne serait pas possible de tromper le monde; il repousserait une philosophie aboutis* sant à de tels résultats, sans se mettre en peine de ses prin* cipes, sans même prétendre les juger. Il dirait qu'il n'entend riea au fond des questions , ni à la marche artificielle et compliquée des arguments; mais sans s'arrêter k tout cela, il déciderait bien vite qu'une philosophie dont les conclusions sont telles, ne peut être vraie dans ses bases. Ce que la morale romaine disut de l'utile : nihil utile nisi quod Aorie^tum, s'applique également à la recherche de la vérité. Une phih- Sophie t^ui se respecte n'avouera jamais quelle conduise à

NOTES. j^Qg

VirréUgicn. Or, telle est aujourd'hui la situation de la philosophie, (yi'elle a beau promettre un résultat religieux, personne n'y croit, car les déductions qui sortent de ses principes transforment les dogmes de la religion ch ri lien ne en une vaine fantasmagorie. Plusieurs de ses pius fidèles disciples en conTiennent ouvert^ent, et d'ailleurs peu importe que cette opinion soit fondée ou ne le soit pas» il suffît qu elle existe et ait pris consistance.

« En dernière analyse, la vie active remporte toujours* la philosophie court donc de grands risques. Ceux qui font la guerre k une certaine philosophie se montrent enclins à les condamner tontes : ils disent en leur corar : il n'y a plus de philosophie dans le monde. Moi-même, je n'ai pas été l'abri de leurs condamnations: Cette philosophie en ce moment si sévèrement jugée à cause de ses résultats religieux, ils prélen-~' dent que c'est moi qu i l'ai mise en honneur,

« Gomment me défendrai-je ? Certes, je n'attaquerai jamais une philosophie en me prenant h ses dernières conséquences; je ]a jugerai sur ses premiers principes comme doit le faire lout esprit philosophique. Du reste, on sait assez que depuis longtemps je me suis montré peu satisfait de la philosophie dont je parle et que je ne sw$ guère d'accord avec elle« • .

« Le monde moral et spirituel est tellement divisé que ce devrait être un motif de joie que de rencontrer, ne fût-ce que pour un instant, un point de réunion. Détruire est une chose triste lorsqu'on n'a rien pour remplacer ce que l'on détruit. Fais mieu^f dit-on à celui qui ne sait que critiquer.

« Je me consacre lout entier à la mission dont je suis chaîné, ie vivrai pour tous» je travaillerai pour vous sans relâche» tant qu'il y aura en moi un souffle de vie, tant que me le permettra Celui sans la volonté duquel pas un che»

veu ne peut tomber de noire tôle et, à plus forte raison, pas

410 LIVRE I m UL CERTITUDE.

une parole profondément sentie sortir de notre boucbfie Celui sans l'inspiration duquel pas une idée lumineuse ne peut briller dans notre intelligence, pas une pensée de rérité et de 1 i beriô illumifier notre Àme. »

Ce qui ressort arec la dernière évidence de ce passage re marquable, c'est rembarras du philosophe allemand, ce sont les conséquences irréligieuses imputées h ses doctrines. S'il est consolant do le voir rendre un certain hommage à la vé rité; il est triste d'avoir à signaler les efforU qu'il fait pour se jusUfier du reproche d'inconséquence*

sua LB OBAjpiTu jx^ ^eg6 76.

Dans ces derniers temps, on a osé placer l'illustre Maiebrandie {.armi les panthéistes. C'est ainsi que lU Cousin a

écrit ces lignes :

« Malebrancbe est avec Spinosa le plus grand discirile de « Descartes; tous deux ont tiré des principes de leur maître « commun les conséquences que ces prineipes renferment • Malehranche est, au pied de la lettre, le Spinosa chrétîen.J (Fragments philosophiques^ tome II, page 467.)

On ne conçoit pasqu'un tel paradoxe ait pu sortir de îa plume d'un Ijomme ayant parcouru les œuvres du grand métaphysi^ cien. Dans tous (es écrilsde Malebranche éclale le spiritualisme le pins élevé, joint un profond respect pour les dogmes sa-* crés de notre religion sainte. En traitant des divers systèmes philosophiques sur l'origine des idées et sur le problème de l'univers, j'aurai souvent l'occasion de venger le savant et pieux auteur de la Recherche de la vérité; mais je n'ai pas cru devoir laisser passer celle qui é'ofTre ici de lui rendre justice, en le défendant contre des accusations qti'il eût ré« poussées avec horreur comme d'intolérables calomnies. Lorsqu 11 écrivait ces ouvrages immortels Oft DIeU, l'esprit la religion chrétienne, l'éternelle vérité, le péché originel, des textes sans nombre des saintes Écritures et de saint Augus-

HOTES. 41 1

Ua «e troOfWt à cluitiie page, qui M eèt dk 4fu*un % Ê mfm

\icn(h aii ou , dans soE pays même, il sérail placé à côté de Spiiiosa, avec celte épilhèle absurde: Spinosa chrétien? C'est quelquefois le sort des grands hommes d'être regardé comme les chefs de sectes qu'ils ont détestées. lUIebrancbet ayant à nommer SpîoDsa^ disait : ^tmpie de nos yaur». M. Cousia s'oublie jusqu'à nommer Ifalebrandw la Spinosa clirétienl

sms tM mmâmËM s» page 80.

Je n*lgnorepa8lasdiffîculAésqiiasoulèvantlasqf8tômesda Leibnilz; mais 11 m'est doux de coMtalarqaaleaerraifsda la

moderne Allemagne n ont pas Irouvé place dans TinlelUgence de ce grand Jiuiniiic, iju'on lise par exemple le passage suivaot tiré de sa Aîonadologie t

« La dernière raison de taules cbotes se trouTe dans um substance nécassalte d*où tous les contingents tirent leur or'v^mc, et que nous appelons Dieu,

«Cette substance élaiil la raiïsuii suffisaûLc de toulTunivers, il n'y a qu un ûieuetco Diou suffit.

« Cette substance suprôme qui est unique , universelle t3i nécessaire» ne rencontrant rien en dehors d*dle qui soit indépendant d'elle-même, ne peuta?oir de limites» et contient toutes les reaUlés possibles.

« D'où il suit que Dieu est absolument pariait, puisque la perfection n'est que la grandeur de la r6aiiié positive prise en soi et en faisant abatraction des limites qui la bornent dans Tes choses fiâtes. Où il n*y a de Umiles d'aucune sorte, et en Dieu il u> a aucune, la perfection est absolument irilinie.

« On en déduit que les créatures reçoivent leurs perf celions

de ractton de Dieu; quant h leurs imperfections, elles les tiennent de leur propre nature qui ne comporte pas l'absence de toute InuiLc, cL c est en cela qu'elles se dtsUnguentde Dieu. a En Weu se Uouve ta source, nou-seulemcnt des ex»-

41S LIVRE K — DB L4 GBATITUDB.

lenceSy mais aussi des essences en lanl que réelles, c'està-dire dans (oui ce que le possible contient de réel. »

Dans sa disserlation sur la philosophie platonicienne, Leib* nite combat les tendances panthësfes de Valenlln Yegelîo,

en ces termes :

« Taurais voulaqa'cn expliquant, dans un trailtj spécial, la vie bienheureuse par la translormalion en Dieu et en exaltant fréquemment rexcellence d'une mort et d'une quiétude de ce genre, Valentin Vegelio n'eût pas donné lieu de croire que, comme d'autres quiélîsles, il adopte cette opinion. Splnosa va aa même but, quoique p<ir un autre chemin. H n'admet qu'une seule substance, qui esl Dieu, ci dont les créatures ne sont que les modifications, comme les Ogures que le mouTement fait continuellement paraître et disparaître sur ia cire molle. De cette opinion sort la même conséquence que de l'opinion d'Alméric; il s'ensuit qu'après la mort Tàmc n'existe plus que comme elle a existé de toute éternité, par son être idéal en Dieu.

« Rien dans Platon ne peut faire croire qu'il ait rejeté la doctrine selon laquelle les esprits conservent leur substance propre. Celte doctrine esl incontestable pour quiconque raisonne sagement en plùlosophie. Il n'est môme pas possible de se former une idée de l'opinion contraire, à moins de se figurer Dieu et Tàme comme des êtres corporels, de sorte que les âmes seraient comme des particules détachées de la substance divine; mais il est absurde de se former de Dieu et de ràme de pareilles idées. » {T, ILDiss. dephiL plalonicay p. 224 } epist, ad Hœnschium, an 4707. Ce passac^e se trouve dans les Pensées de LeUmiU sur la religion et la morale, publiées par M. Émery.)

Loin d'Incliner au panthéisme ou de le donner comme «ne philosophie élevée , Leibnilz , nous venons de le voir, considère cette doctrine comme l'enfantement d'une imagination grossière. Chose remarquable , soit sous le rapport métaphysique, soit sous le rapport historique, il se trouve, ici,

NOTES. 413

d^accord avec saint Thomas ; — mêmes pensées et» pour ainsi dire y mêmes expressions. — Le saint docteur se demande

si Tàme est Urée de la substance de Dieu, et il s'exprime ainsi sur Pori^ine de cette erreur:

a Respondeo dicendum» quod dicerc animam esse de substanlia Dei, mamfeslam improbabililatem eontinet. Ut enim ex dictis patet, anima hamana est quandoqae intelligens in potentîa, et scienttam quodammodo a rébus acquirit, et habel diversas potentias qnm omni^i aliéna sunl a Dci n.ilura : qui est actus purus, et nihii ab alio accipiens, et nuliam in se diTersilalem babens, ut supra probatum est.

« Sed hic error principium habuisse yidetar ex daabns positionibus antiquorum. Primi enim» qui naturas rernm con* siderarc inceperunt, imaginalionem Iranscendcre non valentes, nihil prœler corpora esse posuerunt. Et idco Detim dicebant esse quoddam corpus^ quod aliorum eorporum indicabantesse principium. Et quia animam ponebant esse de natura îlUns corports, quod dicebant esse principiam, utdi* citur in primo de anima, per consequcns scqucbalur quod anima esset de substantia Dei. Juxla quam posilionem eliam Manichœiy Deumessequamdam lucem corpoream existimantes» quamdam partem illius lucis animam esse posuerunt eorpori alligatam. Secundo vero processum fuit ad hoc quod aliqui aliquid incorporeum esse apprehenderunt : non tamen a corpore sépara! ii m, sed eorpori s formam. Unde et Varro dixit quod Deus est anima , mundum inluilu vel motu et ra* lione gubemans ; ut Augu. narrât 7 de civit. Dei. Sic igilur illius tolalis animée partem aliqui posuerunt animam hominis, sicut homo est pars totius mundi : non ▼alenles Intel* leclu pertingere ad distinguendos spirilualium substantiarum gradus, nisi secundum disiiactiones eorporum. Hœc autem orania sunl impossibiiia, ut supra probatum est; unde manifeste falsum est animam esse de aubslantia Dei. » (i p.» q. 90, art. I .)

414 UVRE 1. «*- DB lA CERTITUDE

tm u emam^mm », page 85.

Oa li&dang teft scwlastiques, k propos mène des iatelligencet créées, que VenîendmerU el la chose mteiMhM ne sont qu'un. Mais Pidoilité doBi il e'Agit alors est parement Idéale; elle

exprime l'unioa de l'cnlendcmenl avec l'idée, voilà loul. On sait quel rôle jouent dans la philosopliie scolaslique la matière et la forme : cette distinction s'appliquait aussi aux phénomènes de rinteUigence* Les sedasUqnes distinguenl l'idée de rentendement; mais^oomme Tenlendement esiperfeslionné par Tidéequi le met en rapport avec la chose qu'elle représente, on disait de rentendernent qu'il est la chose comprise elle-même. C'est ainsi que doiveut être expliqués certains passages de saint Thomas et de quelques autres scO* lastîques; inexactes isolément» les expressions dont ils se servent cessent de Tèlre si Ton s'en tient au sens qu'ils leur donnent, lequel d'ailleurs ressort claircmcuL des principes posés par eux. Saint Thomas, par exemple, voulant éUil)lir que rentendement créé ne peut comprendre plusieurs choses en un môme temps, s'exprime en ces termes (qiaodUbet. 7» art. 2) :

« Sed qiiod intellectas simul intelligat plura intelligibilia, primo et princip.ilifer, est impossibile. Cujiis ratio est, quia irUellectus secundum actum est omnino, id est perfecte res inteUeota : ut didtwr in 3. de anima. Qaod qiêidem inMigenâim est non qucd eswnHa inteUeetnn fiai res âitottsoln vel specîes ejus; sed quia complété informatnr per speciem rei intelleclrp, dum cam aclu inlelligit. Undc inlelleclum simul plura mteiiigere primo, idem, est ac si res una simul e&set plura. In rébus enim materialibus videmus ,quod uoa rei aomero non potest esse simul plura in actu, sed plura in

potenlia • . • • > «

« Unde patet quod sicut una res malerialis non potest esse simul plura actu, ita unus intellectus non potest simul plura

NOTES

iatilligm iHrfim. Et hoe «st qiiod àlga. didt» quM sicut uaum €orpu8 non poiest simol figtirari plurllias figuris, ila

nnus intcUfuius non potest simul plura inlelligcre. Ncc polest dici quod mlellecUis informelur perferfè ^jmnl pluribus specicbus mtelligibiiiiius , sicut uaum corpus simui informalur figura et colore : quia figura et eolor non sunt forma» unius generis^ née in eodem ordîne aecipiantur, quia non ordinantur ad perfideiidam in esse mrius rationts : sed oiiines ïormfB infelligibiles in quantum }injusTnn(H sunl unius generis» el in eodem ordine se habenl ad inlcUectum, in quantum perûdant ialelieelum in iioe quod est esse inlelleeliim. Unde plures speciea luteiligiMIes se habent sicut figurée plnres; vel plures colores qui simul in aetu in eodem esse non possunt secundum idem. »

ii est facile de voir, par ce passage, que le sens attaché par lea soolastiques à l'identité de Tentendement avec la chose eociprise, était bien celoi que nous avons donné, à savoir; TunioB intime de l'idée on espèee intelligible avec l'entendemont, comme d'une forme avec sa matière; forme qui perfcclionnait l'entendemenl eu le faisant passer de la puissance

à l'acte, et ^ le mettant en rapport avec la cliose repré- •enlée.

sum MM cBAPimn zn, page 9i-

Je me réserve de donner les éclaircissements nécessaires en leur place; cette doctrine de rinteiligibilité immédiate sera développée, et mérite de l'être.

On me saura gré de citer le panade de aaint TbomaSt rapbrasé daas ee diapitre.

Bespondeo dicendum quod unumquodque cognoscibile est secuiidum quod est in actu, et non secundum quod est in.potentia. Sic enim aliquid est ens et verum, quod sub oognitione cadiC, pront aotn tsA : et hoo quidem manifeste apparet in lebas aenaibilibus. Non enim visus percipR oolo-

416 UVBB I* — DE LA GERTITUDB.

ratum in potenlia, sed solum coloraluin in aclu. Et simililer iolelleclus : manifestum est eAim quod ia quantum est oo* gDoscitiviu reram materialiam, non oognoscil nisi qaod est in aetu. Et iode est, quod non cognosdt materiam primam,

nisi sccundum proporlionem ad formam, ut dicitur in i»hysica, Unde et in substanliis immaterialibus sccundum quod unaquœque earum se habet ad hoc quod fit in actu per essentîam suam» ita se habet ad hoc quod fit per essentiam intelligibilis* Essentia igitur Dei, qu» est aolus purus et perfeclus, est simpliciter et perfecte secundum seipsara intelligibilis. Unde Deus per siiam essenliam non solum se ipsum« sed eliam omnia iniclligit. Angcli autem essentia est quidem in gênera intelligibiliam» ut actus; non tamen at actus purus neque completus* Unde ejus intelligere non compleUir per essentiam suam. Elsi enim per essenttmn suam se inlelligat angélus, tamen non omnia potcst per gssentiam suara cognoscere, sed cognoscit alia a se per eorum simililudines. Inlellectus autem bumanus se habet in génère rerum intelligibilium, ut ens in potentia tàntum» sicut et ma* terla prima se habet in génère verum sensibilium. Unde pos* sibiiis nomînaiur. Sic igitur in sua essentia consideratus se habet ul potentia intelligens. Unde ex se ipso habet virtulem ut intelligat non autem ul intelligatur , nisi secundum id quod fil actu. Sic enim platoniciposueruntordinementium intelUgibilium supra ordinem intellectuum : quia intellectusnon intelligit nisi per particîpattonem fntelligîbilem; partiel pans autem est infra parlicipaLum secundum eos. Si igitur inlellectus liiimanus fieret aclu per parlicipationem forraarura intelligibilium separatarum, ut platonici posuerant, per hujusmodi particîpationem lerom inoorporearum intellectushumanus se ipsum inlelligeret. Sed quia connaturale est intellectui nostro secundum sfalum prœsenlis \'ilœ, quod ad materialia et sensibilia respiciat, sicut supra diclum est, conseqiiciis est ut sic se ipsum intelligat intellectus noster, secundum quod ût actu per speeies a sensibilibus abstracias

NOTBS* 417

per lumen inli Ueclus agcTiiis, quocJ est ticlus ipsorum inteiligibilium ; el eis mediaulibus iiilcUiî^'it iiilellectus possibiiîs. Mon ergo per esseuUaia suam, sed per actum suum se cognoflcil intellectiis noster. Quesl. LXXXVII^ari* 1, page I)»

•om iM cmâmmm sDf page 100.

Peul^tre ce que nous avons dil dans ce chapitre esl^il suffisant pour donner à tous nos lecteurs une idée claire de la représentation de causalité; mais je dois faire obserTer

que celle question se rattache d'une manière intime aux questions de la possibilité en général; question que je ae pouvais exposer ici sans cliauger Tordre des matières.

son ui cmavxnB auv^ page 108.

La (lislincliou entre les deux ordres d'idées, géométrique el non géométrique, est de la plus haute imporlaiicc pour l'idéologie. On me pardonnera d'avoir anticipé sur rordre naturel de mon sujet; je ne voulais pas laisser incomplet Fexamen de la possibilité d'une vérité fondamentale parmi les vérités de l oidre purement idéal. On trouvera l'eiplica- Uon de cette distinction et les jondooieiUs sur lesquels elle repose dans le Traité sur Us idée^ de l'espace et de l'életultée.

aun ZA cBAvxTBji mtf page U2.

Il est clair que le mot instinct, lorsqu'on l'applique à rintelligtiuce, est pris dans un sens aulre tiue lorsqu'il s*agit des animaux. Le idL^instinctus sigmliait tmpiratwn: sacro mens imtinota f urore*

wm. tM QUAimBM xvt, page 123.

La confusion des idées, dans la présente question, tient k cette tendance k Tunilé dont j'ai parlé dans le cUap. IV. Ou commence par supposer l'existence d'un principe unique, et ron se met h sa recherche. Mais ne faudrait- il pas d'abord savoir ^'ii est unique comme on le suppose? Noue avons déjà

41S UVRB I, Ml LA CERTITUDE,

vu que le syslèiao do Fichle porte sur une sup[»osilion do ce goure. Ce qui» daas les Écoles, engendrait d'ionocentes dis-

cusftioiiSi eabnliM^ de aot joiiiSy aux pâuft grave» éoarU.

«m MM qsânnui xvn, page 127.

le ecoifl «Toir interprété fidèlement la pensée de Descaries : que ^1 restait quelques dootes, on peut life ce passage remarquable de Tauteur en réponse aux objections du père Mersenne conlre les Méditations II, III, IV, V et VI. « Biais « quand nous aperce? ons que nous sommes des choses qui c pensent» c^est une première notion qui n'esi tirée d'aucun < syllogisme ; et lorsque qoelqa*on dit : je pense^ donc 30 suis « ou f existe^ il ne conelut pas son existence de sa pensée a coDimc par la force de quelque syllogisme, mais comme t une chose connue de soi; il la voit par une simple ins- . € peetion de l'esprit s eomrae il parait de ce que, s'il la dédni* « sait d^nsjfilogismey il aurait dA auparavant connaître cette « majeure : tout cé qui pense est ou eœieU, Mais, au contraire, « elle lui est enseignée de ce qu'il sent en lui-même qu'il n ne se peut pas faire qu'il pense s'il n'existe. Car c'est le c propre de notre esprit de former les propositi<ms générales € de la connaissance des particulières. 9

Descartes ne parle pas toujours avec cette clarté. Il est facile de voir que les objections de ses adversaires, en le forçant à mCdiler plus profondément sa doctrine, contribuaient à dissiper les nuages de sa pensée.

avA u GBAnTU zvxn, pap 133,

Pour nous faire une iddn exacte des opinions de Descar les, écouluns-le lui-môme.

c À cause que nos sens nous trompent quelqu^ois..., je c voulus supposer qu'il n> avait aucune chose qui fût telle « qtfils nous la font ima^ner; et, parce qu'il y a des homc mes qui se mCprenncui m raisonnant, mémo touchaai

I«0TBS. 4i9

« pbis aim[^ maiières do géométrie^ et y lent de» pftralo- • gÎMfw» jttgewit que j'éUUs sijyei à iaillir autant qu'aucun € aulre, je rejetai» comme làussea, toutes les raisons que

€ j'avais prises auparayant pour démonstrations; et, enfin, « considtraut que toutes les mêmes pensées que nous avons c étant éveillées nous peuvent aussi venir quand jkmh dor- « saMqufa y en ait aueuae, pourkMs, qui sait vraie» c je me résolus de feindre que toutes les clioses qui m& m'é- « talent jamais entrées en l'esprit n'étaient non plus vraies « que les illusions de mes songes. Mais aussitôt après je c pris garde que, pendant que ^e voulais ainsi panser que « tout âlait ËÊÊOûLt il lisUait Héewsairemettt penser que moi» c qui le pensais» fusse quelque efeose, el» remarquant que « ceUe vérité t Je pense, dcm je m«», était si tame et si « assurée, que toales les plus extravagaii Les suppositions des « bcepliques n'étaient pas capables de l'ébranler, je jugeai « que je pouvais la recevoir sans scrupule pour kt premier ft ^riiidpa de la philosepliieque je ctMfekais* »

J'ai dit qne le doute de DeeeaiteB était une sappesition» une fiction: ce soûl les paroles mêmes de Tauleur. Dans la r('iponse déjk citée aux objections recueillies par le père Marsenne, on trouve le passage suivant :

c C'est avec beaneonp de saHafaetioii que j'ai ki les obatfvetioBs qoe vo« wm laites snr mon FeiU IMié dê la première Philosophie; car elles m'ont fait connaître la bienveillance que TOUS avez pour moi , votre piété envers Dieu . et le soin que vous prenez pour ravancemeat de sa gloire; et je ne puis que je ne ne r^u»se nan-seuleneni de œ que vous avez jugé mes raisons dignes de votre eensofe» msls aussi de ce que vous n'avancijz rien contre éHes, b quoi il ne me semble que je pourrai répondre assez commodément. En premier lieu vous m'avertissez de me ressouvenir que ce n'est pas tmU de ban et en vérité, maie seulement par une ficHon d^esprit, qm foi rejeté tes idées h» fifi^àmes des ^rps pour conclure qtieje mis une chose qui pensSf dejwiir

9u« IteiU'êire /e n*êHime qu*il suit de là que je m iuia qu^um qui pense. Mais j'ai déjà fait wir dans ma seoQnde Iféditatioa que je m'en étais assee souTenu, vu que j'ai

mis ces paroles. Mais aussi peuUil arriver que ces mêmes choses que je suppose n'être point, parce qu'elles me sont mcounuety ne sont point, en efifet, différenles de moi que je connais: je n'en sais rien, je ne dispute pas maintenaat décela.»

Gomme on voit, Descartos ne refuse pas de reconnattie

que son doute n'csl ([u'urie pure fiction. Il va Jusqu[/i dire, en termes exprès, qu'il n'a fait qu'appliquer une méthode «ioni tous les pbilosopiies reconnaissent la nécessité :

t An reste» je vous prie ici de vous souvenir que, (oucbant les choses que la velouté peut embrasser , j*ai toujours mis une très grande distinction entre Tusage de la vie et la contemplation de la vérité; car, pour ce qui regarde Tusage de la vie, tant s'en faut que je pense qu'il ne faille suivre que les choses que nous connaissons très clai r ement, qu'au contraire je tiens qu'il ne ùaxi pas même toujours attendre les plus vraisemblables, mais qu'il faut quelquefois, entre plusieurs choses tout kfail iaconimes cl incertaines, en choisir une et s'y détcniiiner, et après cela s'y arrêter aussi fermement (tant que nous ne voyons point de raisons au contraire) que si nous savions choisir pour des raisons certaines et très évidentes, ainsi que je Tai dé^k expliqué dans le Discours de la méthode. Mais où il ne s'agit que de la contemplation de la vérité, qui a jamais nié qu'il faille susiiciidrc son jugement k l'égard des choses obscures et qui ne sont pas assez distinctement connues ? »

On demandera peut^-ètre en quoi consiste ie mérite de Descartes. A avoir appliqué une règle que tous connaissent, mais qui iicsL suivie que par un bien petit nombre. A l'avoir fait à une époque où la préoccupation en faveur des doctrines aristotéliciennes était toute puissante. Descartes le dit en terminant : son doute méthodique n'était pas nouveau;

n en a fàil une appUcallon nouyeUe. Quant au principe sur

lequel ce doute se fonde, çut a jamais nié quHl faille suspendre son jugement à V égard des choses obscures et qui ne sont jMW assôi distinctement connues ?

Enlendue en ce lens » c'esi-à-dire en prenant le doute pour une suppoaittoii» pour nne pure fiction» la méthode de Descaries n'est en rien contraire aux bons principes de la religion el de la morale. Le profond philosoplie ne dédaigne pas de rassurer ses lecteurs sur ce point , en disant naïvement qjOL^vrnA de commencer ses infestigations, il a mis à part comme en lieu de sûreté ses crogrances leligieuses.

« Et enfin comme ce n^est pM assez, ayant de commencer à rebâtir le logis où l'on demeure, que de l'abaltre, et de l'aire provision de matériaux et d'architeeles, ou de s'exercer soigneusement h l'arc lu lecture, d'en avoir soi-même tracé le dessin, mais qu'il faut aussi s'être pourvu de quelque autre où Fon puisse être logé commodément pendant le temps qu'on y travaillera; ainsi, afin que je ne demeurasse point irrésolu en mes actions, peiidaiil (lue la raison m'obligerait de rêtrc eu mes jugements, et que je ne laissasse pas de vivre dès-lors le plus heureusement que je pourrais, je me formai une morale par provision, qui ne consistait qu'en trois on quatre maximes dont je vmx bien vous faire part. La première était d'obéir aux lois el aux coutumes de mon pays, retenant constamment la religion en laquelle Dieu m'a fiiit la grâce d'être instruit dès mon enfance,

«Après m'être ainsi assuré de ces doctrines, et les avoir mises à part avec les vérités de la foi, qui ont toujours été en ma créance, je jugeai que pour tout le reste des opinions, je pouvais librement entreprendre de m'en défaire.»

{pisGOurs sur la méthode^ troisième partie.)

•m MM OBAjriTM au, page 141*

Descartes ne s'exprime pas toujours avec assez d'exactitude et de précision, nous devons en convenir. C'est ainsi qu'il

semble confondre le lémoigiiagd fourni par le sens intime et celui de Févidenoei même embarras dans Panalyse de la proposition « Je pense» donc j*eiisle. On en jugera par le

passage suivant : «Apres cela je considérai en général ce qui est requis à une proposition pour être vraie, et certaine; car , puifti|ue je wenais d'en trouYor une que je savais être telle» je pensai que je devais aussi savoir en quoi consisle oette certitude» et, ayaal remarqué <pf il a rien du tout en ceci : Je pense^ donc je mis, qui m'assure que je dis la Térilé, sinon que je vois très clairement que, pour penser, il faut être, je jugeai que je pouvais prendre pour règle gênéraie» que les dièses que nons eoneevons fort clairement et fort dîstinetement wotA toulee naies» mais qu'il y a seule* inent quelques difficultés k bien remarquer quelles sont celles que lious concevons diâtiiiclemeiil. {Discours mr ia iné- Uiode^ quaUiième partie.)

am jw uHaFxraa n» page i&i.

Par cerliiude apodiclique, Kant, dans le passage cité, entend la certitude qui résulte de Févidence intrinsèque des idées : on la nomme dans les écoles certitude métaphysique.

mm an «aatnm soi, page 168.

On n'étudie pas seulement le principe de contradiction comme fondement unique de certitude; mais aussi par rapportàson importance et à sa fécondité scientifique. Xen'ai rien

voulu préjuger, nie réservant d'y reveuir lui^t^uc je Uiutciai de ridée de V4^rc en général*

auB iM GBAPXTaB XMM, page 175.

On voit par le passage cité, note (XIX), qu'outre le principe, je pense, donc je suis. Descaries admettait la légitimité de l'évidence. « Ayant rsmaïquéi dtirili que la vérité de cette PKqMtioii raserlMt» pour jm^ de Ift Tisitm claire que j'ea

NOTES

avais, je crus pouvoir établir en règle générale : Que les cho^ ses connues clairement et distinctement sont vraies, » Ainsi le système de Descartes comprend deux principes unis entre eux, mais très différents : i*» le faitdeconsciencedelapensée* 2» la règle générale de lalégilimité du critérium de révidence!

Nous retrouvons ici cette confusion d'idées que j'ai signalée ailleurs. Il n'est pas exact que le principe, je pense, donc je suis, soit évident ; l'évidence se rapporte h la conséquence; quant à l'acle de la pensée, il n'y a pas évidence proprement dite, mais connaissance. L'évidence est un critérium ; il n'est pas le seul.

BXSR LE QBAPITRB 7LXU1, page UîL

Ce que j'ai dit dans la proposition deuxième de ce chapitre (g 230), est indépendant des discussions qui s'agitent sur la manière dont Tàme et le corps exercent leur influence réciproque, questions qui n'ont pas ici leur place. Quel que soil le système que l'on adopte, Tinfluence exercée est un fait attesté par l'expérience) et cela me sufGt pour la vérité que je prétends établir.

8VB LE QHAPXTBl! XXIV, pagC 181^

Pour bien comprendre ce que j'avance ici, sur l'évidence, il faut se pénétrer de la doctrine exposée plus bas, h partir du chapitre XXVI, jusqu'au chapitre XXXI inclusivement.

SUR LB GHAFZTas XXV, page liKL

Ce chapitre confirme ce que nous nous sommes efforcé d'établir sur l'enchaînement des divers critérium et sur le danger d'une philosophie exclusive. Le sens intime, ou conscience, sert de fondement h tous les critérium; il leur est indispensable, mais il s'écroule lui-mCmc, si l'on nie les autres.

•ua usa GHâPTTBBs XXVI, xxvn BT xxvni , pages 204,

210, IIJL

Dugald Slewart (pagea^chap. II, sect. 3^ paragr. 2} cile un fragmcnl très curieux d'une disserlalion publiée h Berlin en 1704; ce passage ne nous semble pas aussi dépourvu déraison que le prétend Tauteur de la Philosophie de V esprit humain. Je le transcris; on pourra le confronter avec la doctrine que j'établis moi-même.

« Omnes malhemalicorum propositiones sunl identicœ et reprœsentantur hac formula,  = A. Sunt verilates identicœ, sub varia forma expressee, imo ipsum quod dicilur contradictionis principium varie modo enunliatum etiovolutum; si quidem omnes hujus generis propositiones rêvera in eo contioentur. Secundum nostram autem intelligendi facuU tatem ea est propositionum diiferentia, quod quœdam longa ratiociûiorum série, alia autem breviore via, ad primum omnium principium reducantur , et in illud resolvanlur. Sic y. g. proposilio 2-f2 = 4 statim hue cedit : l-f- i+i 4-1 ^+1+1 il ; id est, idem est idem; et, proprie loquendo, hoc modo enuntiari débet : — ^i conlingat adesse vel existere quatuor entia, tum eiistunt quatuor entia; nam de existentia non agunt geometrae, sed ea hypothetice tantum subinlelligitur. Inde summa oritur certitudo raliocinia perspicienli; observât nempe idearum identitatem; et ha)c est evidentia assensum immédiate cogens, quam mathematicam aut geometricam vocamus. Malhesi tamen sua nalura priva non est et propria; oritur elenim ex identilatis perceptione, quœ locum haberc potesl, etiarasi ideœ non reprœsentenl exlensum. »

SUB LBS GHAPiTAES JULX BT XXXI, pages 238 , 2h2^

J*ai dit que Dugald Slewart s'était peut-être aidé des opinions de Vico, sans prétendre adresser h ce philosophe le reproche fait h son maître ilcid, que l'on accuse d'avoir ressus-

NOTES* 42i|

ciié les doclrines du pcre Buflier. Pour que le lecteur juge en connaissance de cause, je vais Iranscrlre un passage du philosophie écossais; ilserafacile, je crois, de saisirla concor^ danoe de quelques-unes des observalions de Dogaid Slewarl avec celles du philosophe napolitain; maïs j'incline k croira que si Dugald Stewart avait luVico, il ne se plciiruiraii poiiU de la canfitHon avec laquelle certains auteurs anciens et mo^ dernes ont eiqiiliqaô celte doctrine :

« Le çaraclère parlicoUer» dit Dugald Stewart^ dans sa Philosophie de l'esprit humain, de celte espèce d'évidence qu'on nomme dômonslralive et qui distingue si fortement les conclusions mathéuicUiques de celles des autres sciences, est on lait qui doit avoir frappé quiconque n*est pas tout à Mi étranger aux éléments de la géométrie; et cependant je doute qu'on en ait déterminé la cause d'une manière satisfaisante. » Locke nous dit : a Ce qui constitue la démonslra» tion, c'est l'évidence intuitive de chaque pas du raisonnement. » Je reconnaîtrai volontiers que si celte évidence défaillait en un seul point» toutes les autres parties de la démonstration seraient sans aucune valeur. Cependant je ne crois pas que ce soit de cette circonstance que dépende Févidence démonstrative de la conclusion, y ajouterions-nous même encore celle autre contradiction, sur laquelle llôid in^ siste beaucoup : « Qu'il faut pour révidence démonstrative, que les premiers principes soient intuitivement certains. » l'ai Uujà, en traitant des axiomes» relevé rinexactitude de cette remarque, 1 1 j' ii fuit voir en outre que, dans les malhéma^ tiques, ce sont les définiiions et non les axiomes qui sont les premiers principes de nos raisonnements. C'est sur cette dernière circonstance, c'est-à-dire sur cette condition de raisonner d'après des définitUms^ que la véritable théorie de la démonsU ation mathématique doit être fondée. C'est ce que je vais développer ici tout au long, en indiciuant en même temps quelques<unes des conséquences les plus importantes qui eu

découlent. J

4t6 LIVRE h — LA CERmUOE»

t El (rahoril, je dois déclarer, pour n'avoir f^s l'air de réelaraer à lorl les lionneurs de rinvention de cette doclrine, que l'idée mère qui la eonstitae a été plus d'une fois émifleel intoie d6f eloppée avee une certaine élendoe par éiters ait« lears tant andÂns que raodenies i mais j aj ouie que chei loue elle est tellement confondue avec d'autres considéraLioas tout à fait étrangères au point en discussion, que l'altenlion de l'auteur y aussi bien que celle du lecteur, est détournée 4a principe d'Où dépend la solution du problème

« Ûn Ta tu déjà dam le premier chapitre tte cette partie; tandis que, pour les autres sciences, les proposiûons li étaLlir expriment toujours des faits réels ou supposés, celles que les mathématiques démontrent énoncent seulement une connexion entre certaines propositions et oertaines conséquences. Ainsi done «n mathémaliqaes nos ndsonnements portent sur un (^jet entièrement différent de celui que nous avons en TUe dans les autres emplois de nos facultés intellectuelles; ils ont pour but, non de constater dest;^i{^ concernant des extetenees réelles, mais de déterminer la filiation logique des eonstquenees qui découlent d'une hypùthètB donnée. % pa^ tant de cette hypoihèiêf nous raisonnons avec exactitude, il est manifeste que rien ne saurait manquer à l'évidence du résultat; car ce résultat se borne h affirmer une liaison nécessaire entre la supposition et la conclusion. Dans les autres sciences, au contraire, en admettant même que i'amhiguîté du langage fût écartée et que chaque pas de la déduction fftt rigoureusement exact, nos conclusions seraient toujours plus ou moins incertaines, puisqu'elles reposent en définitive sur des principes qui peuvent correspondre ou ne pas coires* pondre atee les faits (p. % c. 2» eect 3). »

C'est la doctrine de Tieo sur les diTcrs ûegtéê «Févidettce et de certitude; mais fe philosopbe italien formule en an système général, à l'aide duquel il résout le problème de Fintelligence, ce que Dugald Stewart se contente de signaler comme un fait propre k donner la raison d^ l'évidenoe mathé«

NOÏES.

«Mllqoe. Le père BolBer (TtaM dé» FéHté» premières n i

J« dit pareillement, qu'aft.ndu l .nfaligd.le «rdeur pour

s aonner qu'.Js e«««m lu k» s«»lMtlq«g. Ldfcnltz recom mMde en plu»ieu» endroits «Me iectare. Est-il croyable qae les Allemands modernes aieuL dfdaifn*^ l, s conseils d'un bomme si com,,, teni ? Parmi de nombreux passages de Leibniu sur les scolastiques, je clMisis le Hiitairt irai me parait extrêmement curieiik : ^

-11" ^. Jf"** pense ; mais

eUeertUi, souvent fcrdfc, et très souvent aussi enveloppée eimemeaffublie. mutilée, corrompue par des addiUous qui la gâtent ou la rendent moins utUe. En foisaot remarauer CCS traces de la Yérité dans les anciens, ou, pour parlerplus généralement, dans les ontM^ «n Urmit l'or de la boue, le djMantde la miiieet la lumière des ténèlres. et ne serait' ^«»ft,P«rmmitquad0Mphilosophia. On peut même dire <Bon y remarquerait quelques progrès dans les connaissanecs. Les Orientaux ont de belles et de grandes id6ts de la liivinué. Les Grecs y ont ^onl« le nisoniienml et une ferme de science. Les Ptoes de l'Égliw ont rejeté ce qu'il y avait de mauTaiB dans la philosophie des Grecs; mais les scolastiques ont tâclié d'employer utilement pour le christianisme ce qu'il y avait de passable daus la philosophie des paieos. J ai dit souvent, aurum kHen «m tifoon Uh teMoMco burbarwo, et je aouhaiteni qa'oo pût trouver quelque habile honme veMé dans cette philosopliie h .bernoise et espagnole, qui eût de l'inclinalioa et de la capacité pour en Urer le bon. Je SUIS sûr qu'il irouveraitsa peine payée par plusieurs belles et importantes vérités. U 7 a eu autnfoto un SnisMi qni avaH m^mmtué dans U soolaslique. Ses ouvrages sont peu eoujHis; inaje ce que j'ai vu m'a paru profond et considérable. »

Atjo tort, après Lcibnilz, après l'un dos plus grands esprits des temps modernes, de qui Fonlenelle a pu dire.

« qu'il menai! de front toutes les scienoes, » ai-je lûri, disje, de TeoomBiander la leeUue det scolastiques? Âbetraetion

faite de Tutililé intrinsèque, n'est- il pas eonvenable de se mettre en élal déjuger, en connaissance de cause, des écoles dont la place est marquée, n'importe leur valeur réelle^ dans riiistaire de l'esprit humain?

•ua u osAPiTU sxaoïf page 2&9«

L'auteur auquel je fais allusion est Féndon qui, sous le nom de sens commun» comprend le critérium de l'évidence tout entier, comme on le peut toir dans le passage suivant :

« Qu'estHse que le sens commun ? lï'est^ pas les prea mières notions que tous les hommes ont également des fc mômes choses? Ce sens commun qui est toujours et pai loui « le même, qui prévient tout exameoy qui rend Texamen « même de certaines questions ridicule, qui fait que malgré « soi on rit au lieu d'examiner, qui réduit Thomme h ne « pouvoir douter, quelque effort qu'il fit pour se mettre dans a ua vrai doute; ce sens commim qui est celui de tout « homme ; ce sens qui n'attend que d'ôire consulté, qui se a montre au premier coup d'œil et qui découvre aussitôt c l'évidence ou l'absurde de la question, n'est-oe pas ce que « j'appelle mes idées ? Les voilh donc ces idées ou notions « générales que je ne puis ni contredire, ni examiner; suite \ant lesquelles, au i uiitriure, j'examine et je décide tout; « en sorte que je ris au lieu de répondre, toutes les lois qu'on « me propose ce qui est clairement opposé à ce que ces idées « immuables me représentent.» (2Va»(é de Vexistenee de JHen, page 2, ri« 33.)

On ne saurait douter que, dans ce passage, Féneîon n'ait voulu parler de l'évidence^ non-seulement il emploie le mot, mais il le rapporte aux idées immuables; par sens commun, il entend les idées générales par lesquelles nous jugeons de toute chose; en d'autres termes, les idées desquelles natt l'évidence.

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