‹ Philosophie fondamentaleChapitre 37 sur 165 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

lit. Toutes choses nous sont connues par représentation ; mais pouvons-nous dire ce qu'est en soi la représentation? Condition nécessaire de toute con^*

iiaissance, lumière pour tout le reste, elle jie uous apprend rien d'elle-même !

On le voit, je ne dissimule point les difficultés très graves qne présente la solution du problème. Dans les sciences comme dans les choses de la vie, la présomption est un écueil. Devons-nous , cepeu* dant, bannir cette question du domaine de la philo-' Sophie? J'ose croire qu'il est possible d'approcher de la Téritéy de Tentrevoir peut-être.

< Yoyei ts note X à la fin du voltiiBe.

M uvRK u ^ u u cBinnniE.

119, La force repré^oataUve paut ^HMtt^ ^ sources : Identité, causalité» idé^lil^.

Je vais expliquer ma penséç : Une chQ^e se peut r^ésQoter die «même; représentation d'id#ntilé«

One cause peut représenter ses effets ; repré§qatatioi| de causalité. Uu élre, substance op accicjenti peut r^ présenter un autre être, distinct de lui, ne relevant ppint de lui cQuime effet ; représwtatioa d'idç^té.

Il me semble impossible que Pon puisse signaler d'autres ^aurces de représentation ; je vais 49(Hf knk examiner en détail. J'appelle, d'une manière spéciale, 1 attention du lecteur sur celle question. Tune des plus importantes de la philosophie.

113. Ce qui représente doit avoir une eciLaine relatÎM a¥ee la ebese rey é s ent ée. ËssentieHe ou ac* cidenteile , propre ou communiquée , cette relation doit ejkister. Ou ne conçoit point deux êtres n'ajant entre eux aueun rapport, et dont, toutefois, Fun représente Tautre. Toute chose a sa raison d'être ; s^il B^existait aneun rapport entre l'objet représentant et l'objet représcnlé, l'existence de la repiésentation n'aurait point de raison suffisante.

Qu'on veuille bien le remarquer; je laisse do côté la nature de ce rapport; je n'affirme ui sa réalité» ni son idéalité, me bornant à dire, qu'entre ce qui représente et ce qui est représenté » il doit exister un Hen, quel qu^U soit. Le mystère qui Tenidronne, son iucompréhensibilité même, n'impliq ncnt point su non-existence. La philosophie constate l'énigme bien que, peuL-ètrc, elle ne pul^bç duuu^r ie mfiU C'est

CHAP« XI. m |»||Ûlllll|S m Ul RBPjRi^iirrATlOIir. VI

•wsi que» «liitraoUoii fmUi da toute ^périmco, on

peut démontrer à priorî qu'il existe un rapport entre te m» et hi^wtrai étras, par ce fait ieul que la fa» présentation du monde extérieur existe dans le moi.

Ia copumaHMioa iiKneannt# da« ^utaUigeuoaft autre elles et avec l'uiiivem prouve qu'il axkte pour tmitofi ûtioias m poînt de rapfial. La pbéuoaiàiie da la repréientation sulBrait à rétablir d'una «awèra

iUttotastable, Oui, ton» las àtres, la iuuUitiide m« MpabraUa 4ea Atres, diaparaéa eu appafenaa, at im*

difiéf ents les uns aux êtutres , squI unis intiiueiueat ^ OU cartaia eantra; da sorte que la siam^la pbénop

mèœ de l'intelUgence entraine raffirmation du lien

mmeàun , da l'unité diun laqu^ lê pluralité viMt

confondre. Identité universelle pour le3 pauthéis^t

taa : pour uaua. eeUa uui^, c'i^ {Hm*

il4. Observons qu*il n'est pas nérmsaire que la npport eutre c/ù qui représenta et ce qui est repré*senté soit direct et immédiat. Il mhfAt qu^U asisla avee un tiers. Ainsi sont ïorc^ de Tadmettre et cçux

qui expliquent la raprésanlatiou par l*idaotité at emx

qui Texpliqueui p^r les idées intermédiaires, sans

quât ratotîvama nt au ats prêtant, il y ait nuUe diflé-

reuce entre l'opinion qui regarde les idées comme un produit da i'aiJtion des ptjjeMf aur natra esprit , a( caUe qui les oonsidè^ coHuna des éuHUUitîoo^ dih raoïaa 4^ U ûiviuité.

4i 5. Tout ce qui représente contient, d'une aar^ tidnc l'uv^^i^ la chose représentée; ceUe-ci ne serait ppiut représanlée si elle ne se trouvait , en aucune

sorte» dans la représentaticm. La représantatton peut

être objet ou image ; mais cetfe hm^^e ne représenterait point Tolaget si elle n'était connue comme image.

Donc, toute idée implique un ra(^rt d'objecti- ▼ilé; antretnent , Fidée ne représenterait point Totn jfrt; elle se représenierdit elle-même. Comprendre est un acte immanent , mak d^one nature telle que, sans sortir de soi, Tentendemenl prend possession de Tobjet. Lorsque je pense à l'étoile perdue dans l'immensité, certes mon esprit ne se transporte pas au point du ciel ou cet astre scintille ; mais , au Moyen de Tidée, il comHe Fespace incommeusu* rable et s'unit à l'astre même. Ce qu'il perçoit, ce n'est point Tidée sul^eotiTe, mais l'objet de l'idée ; si cette idée n'impliquait point un rapport avec l'objet, elle cesserait pour notre esprit d'être une idée ; elle lie représenterait i icu, à moins qu'elle ne se représentât elle-même.

116. Il y a donc, en toute perception, union de l'être qui perçoit avec la chose perçue ; lorsque cette perception n'est pas immédiate, le terme moyen doit é(re tel qu'il conileiine un rapport nécessaire avec l^otajet y et se dérober lui-même aux yenx de Fesprit pour ne lui offrir que la chose représentée. Du moment qu'il entre en scène, qu'il se fait voir ou seule-^ ment apercevoir, il cesse d*ôtre idée et devient objet; L'idée est un miroir, miroir d'autant plus parfait qu'il produit une illnsion plus entière. Les objets doivent s'y peindre , mais les objets seuls » ei de telle sorte

€UAP« XI. — PHOBLÈMë de LA HË PRÉSENTATION. 89

qu'on ne puisse ap^WToir le cristal qui les réfléchit.

117. Cette union de ce qui représeuie avec la chose représentée, de ce qui comprend avec la chose comprise, se peut expliquer, eu certains cas, par leur identité. Qu'une chose soit elle-même sa propre représentation ^ aux yeux duue intelligence, si Ton suppose une union qudconque, je ne Tois point là de coufradiciion. Or, dans le cas où la cbohe connue est dle-méme intelligente , ou se connaît elle^ même, pourquoi ne serait- elle point sa propre représentation , ridéalité et la réalité se trouvant ainsi confondues en un même être?

Que si ridée peut représenter l'objet, pourquoi Tobjet ne pourrait-il se représenter lai -même? Si rètre intelligent peut prendre connaissance d'un objet au moyen d'une idée, pourquoi ne pourrait- il lé connaître immédiatement ï L'union, le point de contact entre Têtre qui comprend et la chose comprise serait un mystère, j'en conviens. Mais le contact au moyen d'une idée est-il moins mystérieux ? Tout ce que Ton avance contre cette union se peut objecler contre le fait même; et, si Ton veut y réfléchir, on comprendra que le premier phénoniènc est plus inexplicable encore que le second. En effet, entre ce qui représente et l'objet représenté, il existe comme une sorte de rapport de contenant et de contenu. On comprend que ce qui est identique se contienne soimême , parce que ridentité exprime beaucoup plus que la capacité. Mais comment expliquer que l'accident conlieune la substance, le transitoire ce qui cbt

permanent , lldéal , enfin , la réalité f L'iddiHité a$t thm ua véritat>te princ^ de repr^^^tatiou.

ilS* Que la le^ur veuille bien limir eompte àm observations qui mmnl ; elks £arwUaat p^ttew^t ma nensée.

Je ne prétends nullement afûmier qu'il e;i^iste un rapport nécessaire entre Tideotité #t la wprùmtê^

Ijpii, car on en pourrait tirer celte conséquence,

qm toute chose est rei^réfentotive , puisque touli chose est identique à elle-même. Ma proposition est (^iÏQ-â ; < L'identité peut étra origine de r^és^nr tation; » mais je nie les propositions suivantes : c L'identité est néçmairement origine de représentation» » « La représentation eut signa d'ûlantité, » Je ne détermine rien relativement à l'application des rapports entre la représentation et Tidentité dana

ce qui concerne les êlres finis.

Je fais abstraction 4e la dualité qui existe dès qu'un sujet et un objet sont supposés, et je laisse de côté toute question sur la nature de cette dualité,

119. Ceci bien établi, qu'il me soit permis de me prévaloir de renseignement de l'Eglise, dans le dogme de la vision béatifique et dans celui de l'intel* ligence divine. Cet enseignement établit qu'il n'existe aucune répugnance intrinsèque entre la représentation el i'kleiititc. Selon le premier dogme, l'âme hu-

inaiuQi sortie victorieuse des éprauvas de la vie, doit être intimement unie à Dieu , le voyant face à face, dan§ ^on essence même. On ne dit point que cette

vision ait lian an moyen d'una idée ; las théologiens,

eg^ir» autres Vmge de Técole, afOrment le eontraire. Voilà donc i'i^^itiié um& ^ la repré^tatioQi c'fisl<k^ir^ Veuwm divine 89 représentant eUe-méme,

OU plutôt ^ préâeaLuQt ^ll^-mèm Sim yeux da l'^xm humaine.

S^lou k second, Dieu infiniment iiiielligent u% lie^oiiip pour comprendre, de sortir de luif-«itaie ;

il pe s'aide point d idées disliiictcs de lui, il se voit dans son essence infinie* Voilà donc» une fois encore, l'identité unie à la représentation , l'être intelligent yeiUiti# h rpbjet 4e son iutoUigeoee ^

CHAPIÏRË XII.

InielUgibllité Imméillate.

1 30 . La représentation active ou même passive n'est point une propriété générale. Je veux dire que Imites choses ne sont point douées d'activité intellectuelle et ne peuvent, même passivement, servir de terme à l'acte intellectuel.

La force de représentation active n'étant, au fond, que la capacité de comprendre, il est évident que les êtres privés de cette force sont en grand nombre. La représentalioa passive, ou disposition à être objet immédiat d'intelligence, nous offrira peut - être plus de dilTiCultés.

* l# <i à la Un du volume»

• 1 :2 1 . Un objet ne peut être connu immédialemcnf, c'est -à- dire sans Fintermédiaire d'une idée, s'il ne remplit lui-mônie les fonctions de cette idée, en s'a* nissant à l'entendement qui le doit conuaitre. Donc, rintelligibilité immédiate n'appartient pas à la matière, de sorte qu^un esprit auquel on n'aurait donné nulle idée du monde des corps , resterait éternel* lement dans son ignorance, même au milieu des corps.

Il suit de là que la matière n^est et ne saurait être intelligente , ni intelligible. Les idées que nous eii

avons nous viennent d'ailleurs]; sans ce secours, nous

pourrions être liés à la matière et ne la counaiire jamais.

122. Qu'il me soit permis d'exposer ici une doctrine de saint Thomas extrêmement curieuse. Selon

ce mélaptiysicien, l'être immédiatement intelligible est plus parfait que Tétre intelligent; ainsi l'âme humaine, douée d'intelligence, ne possède pas l'iu* telligibilité.

Dans lu pi emièie partie de la Somme ihéologique, question 87 , art. 1 , le saint docteur demande si Tàmc se connadt elle-même, par son essence, et il répond négativement, appuyant ainsi qu'il suit son opinion.

€ Les choses sont intelligibles en tant qu*elles sont en acte, non en tant qu'elles sont en puissance ; ce qui tombe sous la connaissance c'est l'être, le vrai, en tant qu'il est en acte, de lamême manière que la vue perçoit, non ce qui peut être coloré, mais ce qui est coloré. U suit de là que les subslanccs innnalérielles sont iulel-

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