Suis-je certain de mon existence ? Oui. Puis
je prouver mon existence ? Non. Toute preuve suppose un raisonnement, tout raisonnement un prin* cipe solide sur lequel il s'appuie; or où prendre ce principe si l'on ne suppose l'existence de l'être qui raisonne ï Comment celui qui raisonne sera-t-il certain de l'existence de son raisonnement s*il ne peut l'être de sa propre existence ? Donc, en dehors de cette certitude, point de principe sur lequel on puisse prendre pied. Tout n'est qu'illusions ; que dis-je? Tillusion suppose un être qui se trompe.
464. Croire que nous pouvons prouver toute vérité à l'aide de la raison est une erreur grave. Les principes sur lesquels la raison s'appuie préexistent à remploi de la raison ; la raison elle-même et 1 être
qui raisonne préexistent à ces principes, comme à rasage de la raison. Loin que toutes choses se puis* sent démontrer, on prouve facilement que les vérités les plus certaines échappent à toute démonstration. La démonstiaiion est un raisonnement par lequel certaines propositions évidentes mettent en lumière une proposition cvicleiiinicnt lice à celles-ci. Supposer que les prémisses peuvent ou doivent être démontrées, c'est rejeter la difficulté sur le point de départ, lequel est ou n'est point évident par luimême ; et ainsi toujours. Ou il faut s'arrêter à une proposition qui ne se peut démontrer, ou procéder jusqu'à rinfiniy c'est-à-dire reqpncer à la démonstration.
165. Il est à remarquer que ce ne sont point, seulement, cer laines prémisses qui se montrent ainsi rebelles à toute démonstration ; cette impossibilité se retrouve dans la nature même de toul raisonnement, abstraction faite des propositions qui le composent.
Nous savons que les prémisses A et B sont certaines» et nous en inférons la proposition G. De quel droit ? — Parce que cette proposition se lie avec les prémisses A et B. Comment le savons-nous ? — Si révidence est immédiate, par intuition : Eh bien! que l'on essaie de démontrer comment la condusioa se lie aux prémisses.
Que si nous invoquons la logique» voici deux considérations qui nous amènent à conclure Ilmpossibilité de la démonstration. 1® Les principes siir lesquels l'art du raisonnement repose ne peuvent-