SUC
avant et
après^ c'est-à-dire sans le temps. Ceci n'indiqueraitil point que ces idées ne se peuvent expliquer l'une par l'autre, et qu'il y a identité?
4. Il ne semble point que le temps puisse être distingué des choses. En effet, qu'est-ce qu'une durée distincte de ce qui dure, une succession distincte de ce qui se succède? Le temps serait-il une substance? une modification inhérente aux objets et distincte des objets? — Tout ce qui est quelque chose existe. Que l'on dise où existe le temps? Le temps est composé d'instants divisibles à l'infini, essentiellement successifs, et, partant, incapables de simultanéité. Imaginez l'instant le plus court possible ; efforts stériles ! cet instant se compose d'autres instants infiniment petits qui ne peuvent exister ensemble, et, partant, il n'est pas. Pour concevoir un temps existant, il le faut concevoir actuel, et, pour cela, le saisir en un instant indivisible^ mais cet instant n'est point le temps : il n'implique pas succession -, il n'est point une durée dans laquelle on trouve un avanl et un après.
8. Rien de plus facile que de mesurer le temps; rien de plus difliicile que de le concevoir dans son essence. Nous recommandons un magnifique passage de saint Augustin dans lequel le grand docteur s'efforce de pénétrer le mystère '.
^ Voir la note à la fin du volume.
CHAP. n. — MEsimE m mouvement. S