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CHAP. II. — MESURE DU MOUVEMENT

laire, le temps écoulé restera le même ^ ce qui parait ahsurde.

L'uniformité de mouvement que l'on suppose est une pétition de principe. — L'uniformité du mou> ement exige qu'en des temps égaux des espaces égaux soient parcourus. Si, par nature, le temps relève du mouvement du soleil ou d'un autre astre, comme mesure primitive, l'uniformité ou la diversité n'ont aucun sens.

Si l'accomplissement des vingt-quatre heures tient à l'accomphssement de la révolution, il n'y aura jamais ni plus ni moins de vingt-quatre heures, soit que cette révolution s'accomplisse avec la rapidité de l'éclair ou avec la lenteur de la tortue.

Mais si ces heures dépendent d'une autre mesure, si antérieurement à ces heures il existe un temps qui mesure la vitesse du mouvement et en calcule le retard ou l'accélération, dès lors le mouvement de l'astre n'est point la mesure première : l'astre se trouve dans le même cas que nos horloges ^ il marque le temps parcouru, mais ce n'est point parce qu'il le marque ou le calcule que le temps s'écoule. Le temps est la mesure du mouvement de l'astre j le mouvement est dans le temps, et non le temps dans le mouvement.

H. Donc, pour résoudre la difficulté, il ne sujffit pas d'avoir recours au mouvement de notre système planétaire -, et ce que nous disons de notre soleil se peut dire du dernier soleil perdu dans les profondeurs du firmament, comme de tous les mondes.

12. Autre observation : Est-il vrai que nous ne puissions concevoir une vitesse plus ou moins grande, indépendamment de toute mesure.? Dans l'idée vitesse entre Tidée de temps, la vitesse étant le rapport entre l'espace parcouru et le temps employé à le parcourir : donc l'idée de temps est antérieure à l'idée de toute mesure particulière, et par là même indépendante de cette mesure.

13. Le mouvement sert à mesurer le temps, le temps sert à mesurer le mouvement : cercle vicieux, dira-t-on. Qui sait? idées corrélatives peut-être, et s'expliquant l'une par l'autre, ou plutôt même idée sous des aspects différents. La difficulté que l'on éprouve à les séparer, le lien intime qui les unit confirme cette conjecture.

Une preuve : Quelle heure est-il?— Deux heures. — Qui vous Ta dit? — L'horloge. — Et si l'horloge avance ou retarde ? — Nous voilà en face du temps, mesure fixe et antérieure relativement à l'horloge par laquelle nous le voulions mesurer. Mais que sont ces deux heures, abstraction faite de toute mesure, nonseulement de l'horloge, mais du mouvement solaire ou sidéral? Deux heures considérées d'une manière abstraite ne se trouvent dans aucune catégorie parmi les êtres réels ou possibles. L'idée heure se doit rapporter à un mouvement déterminé de corps connus, lequel mouvement relève d'un autre mouvement appartenant à d'autres corps ^ et ainsi jusqu'à un dernier mouvement soumis à la même loi générale. Si nous ne pouvons rapporter celui-ci à un mouvement

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