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Qu'est-ce donc que ce rapport que nous nommons passé

Une chose est, cesse d'être, et fait place à une autre : selon la définition que nous avons donnée du temps, la première chose est passée relativement à la seconde.

63. Peut-on percevoir l'être et le non être d'une chose qui serait sans rapport avec un autre ètre.^ Hypothèse absurde j car cet autre être, nous le trouve-

rions au moins en nous, qui percevons l'être et le non être.

Mais ne pouvons-nous point faire abstraction de nous-mêmes? Je réponds : l'homme eût-il cessé d'exister, il resterait encore des intelligences capables de percevoir l'être et le non être. A défaut d'une intelHgence finie, il resterait au moins rintelligence infinie.

64. Cette chose serait-elle passée par rapport à l'intelligence infinie?

Admettre l'affirmative, c'est introduire le temps dans la durée de Dieu, par où nous détruisons son éternité, qui exclut toute succession. Admettre la négative, c'est affirmer qu'une chose passée n'est point passée, puisque les choses sont telles que Dieu les connaît. De là l'idée d'être et de non être, n'impliquant point l'idée de passé. — Cette difficulté tient à une confusion de mots.

Posons une hypothèse :

Dieu n'a créé qu'un seul être, et cet être a cessé d'exister. Dieu connaît l'existence et la non existence de l'objet : acte intellectuel très-simple, qui n'implique de succession d'aucune sorte. Par rapport à Dieu, il n'y a point, à proprement parler, de passé : appliquée à l'objet, cette idée de passé n'exprime autre chose que la non existence relativement à l'existence déjà détruite -, sous ce point de vue, il est facile de comprendre comment il n'y point de passé en Dieu, mais seulement connaissance des choses passées.

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