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Représentons l'univers par une série

A, B, C, D, E, F, etc.

La condition de F sera en E-, celle de E en D; celle de D en C-, et ainsi successivement-, que si le conditionnel n'existe pas,, ce mouvement rétrograde se prolongera jusqu'à l'infini ^ série infinie de termes conditionnels.

Pour arriver à un terme quelconque, àB par exemple, il aura fallu passer par les conditions sans nombre qui le précèdent, en épuisant ainsi une série infinie : ce qui est une contradiction flagrante^ et comme ce que nous disons de B peut se dire de A et de tout autre terme antérieur ou postérieur, il suit que tous sont impossibles ^ donc la série est absurde.

46. Dans la série supposée, rien d'inconditionnel ; tout est conditionnel ^ et toutefois l'existence de la totalité successive de cette série est nécessaire. Donc la série en elle-même est inconditionnelle^ donc un ensemble de termes conditionnels est inconditionnel, bien que l'on suppose qu'en deliors de la série il n'existe rien d'inconditionnel. Ici l'absurde dépasse toute mesure.

j 7. Précisons. En prenant dans la série trois termes quelconques : A... F... N par exemple, nous pouvons former les propositions suivantes :

CHAP. n. — DE l'inconditionnel. 279

Si A existe, F et N existeront^ Si N existe, F et A ont existé ; Si F existe, A a existé et N existera.

Difficultés : l**D'où procède l'encbaînemtînt rigoureux des conditions entre elles? 2° Pourquoi n'a-t-on point dû poser aucune de ces conditions?

18. Tout s'explique en admettant un être nécessaire, un être inconditionnel lequel est la condition de tout ce qui existe. Donc, à la première difficulté, l'on répond : que Tencbaînement des conditions conditionnelles relève de la condition inconditionnelle; à la seconde, que la condition primitive n'a pas besoin d'une autre condition^ demander /?o2^r^?^o/ l'être inconditionnel a dû être posé, c'est tomber dans une contradiction; par là même qu'il est inconditionnel, il n'y a point de pourquoi; la raison de son existence est en lui-môme.

19. Que si nous n'admettons rien de nécessaire, rien d'inconditionnel, impossible d'expliiquer soit l'existence des termes, soit leur enchaînement; nous aurons une infinité de termes nécessairement enchaînés sans une raison suffisante interne ou externe. L'univers n'aura pas plus de raison d'exister que de n'exister pas; être et néant seront indifférents: l'on ne conçoit point pourquoi l'existence a dû prévaloir sur le non être. Le néant n'entraîne rien de nécessaire après lui. Pourquoi donc n'y aurait-il point un néant absolu et éternel?

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