CHAPITRE XIX. — PRINCIPE DE DESCARTES. I4l
sances, enfin des phénomènes que l'homme perçoit dans son âme, et que sa propre conscience lui découvre, m (Essai sur r entendement humain^ prologue.) « Puisque l'esprit n'a pour objet de ses pensées et de ses raisonnements que ses propres idées, lesquelles sont Tunique chose qu'il contemple ou qu'il puisse contempler, il est évident que la connaissance se fonde tout entière sur nos idées. » (Ibid. , liv. 4, chap. i .) « Soit que nous remontions jusqu'au ciel, dit Condillac, soit que nous descendions dans les abîmes, nous ne sortons pas de nous-mêmes, nous ne percevons jamais que notre propre pensée. » (Essai sur l'origine des connaissances humaines^ ch. 1 . ) 177. Ainsi toute philosophie constate et reconnaît ce fait : l'homme ayant conscience de ses propres idées. C'est le point de départ. L'esprit humain peut nier toutes choses, ruiner toutes choses, anéantir toutes choses-, parmi les ruines qu'il amoncelle et, jusque dans ce néant qu'il invoque parfois avec fureur, il se retrouve lui-même -, il peut douter de Dieu, du monde, du corps qui le sert^ dans cette solitude immense, universelle, il se retrouve encore., il se retrouve toujours ! L'effort qu'il fait pour s'anéantir lui rend plus sensible son existence-, être merveilleux auquel nulle atteinte ne peut donner la mort, et dont chaque blessure verse des torrents de lumière -, s'il doute de ses sensations, il sent au moins qu'il doute -, s'il doute de ce doute, il le sent encore-, de sorte qu'en appliquant le doute à ses actes directs, il entre dans une série interminable d'actes réflexes
qui se rattachent fatalement les uns aux autres et se déroulent aux yeux de la conscience, comme les anneauH inaomhrahles d'une chaîne sans fin \