L'ÉGOISME PHILOSOPHIQUE
digne de ce nom , une ère de science fplus élevée que celle qu'on vit jamais dans le passé.
El voici* pourquoi nous osons espérer que Tère à venir de la philosophie , dans le prochain grand siècle , sera, sans nulle comparaison , la plus brillante qu*ait vue le monde. C'est parce que la philosophie , hors de l'homme , a deux bases , et qu'autrefois ces deux bases de la science n'étaient point explorées, encore moins exploitées, encore moins comparées et unies. Aujourd'hui, ces deux bases sont données , et sont exploitées ; il ne reste qu'à les unir.
Il est certain , d'une part , que la connaissance de la terre est toute moderne, il y a trois siècles, la forme de ce globe n'était pas même connue ; les mouvements des astres, l'architecture céleste , n*étaient pas soupçonnés. Depuis un siècle, à peine, l'homme a sondé son propre corps. Depuis un demi-siècle , il a reconnu et classé les êtres qui vivent avec lui sur la terre. La vie physique , qui est lumière, chaleur, attraction , électricité, se découvre plus clairement à nos yeux chaque jour. Donc, pour la première fois, l'esprit humain a fait le tour du monde , et la totalité terrestre est aperçue. Il est clair qu'avant cette époque la science réelle ne pouvait exister.
D'une autre part, il est pour rhomme un état de vie intérieure , noble et libre , saint et vrai , sans lequel Tère sacrée de la science n'est pas possible. Or^ la vie intérieure véritable n'a point été sur terre avant le Christ. 1^ vie substantielle et profonde, libre d'orgueil et d'illusion, ardente et humble en Dieu, commence à notre Maître Jésus ! Cette vie vraiment nouvelle qui, lorsqu'elle fut donnée au monde , s'élevait sur l'état ancien , plus qu'aucune création nouvelle ne dépassa jamais les précédentes; cette vie, toujours en lutte jusqu'à présent , ne frappe pas beaucoup les regards quand on contemple la face des sociétés, parce qu'elle se nomme aussi la vie cachée. Elle se remue au fond des siècles, et porte ses fruits à son heure. Cette vie profonde , âme du monde nouveau , s'est versée sur le monde ancien , comme un fleuve sur le sable, et, comme un fleuve qui cherche à se développer sur le désert , ses premières ondes ont été bues avant d'avoir coulé, et la face de la terre était à peine humide ; mais la source ne tarit pas ; de nouveaux flots ne cessent d'être donnés, et la terre sera pénétrée.
Nous croyons que la vie supérieure , la vie du ciel, est acquise à l'humanité; nous croyons que la terre de la science lui est acquise aussi : nous ne