VI. De deux propositions particulières, il ne s'ensuit rien
« Car si elles sont toutes deux affirmatives, le moyen y sera pris deux fois particulièrement, soit qu'il soit sujet (par le deuxième axiome), soit qu'il
soit attribut (par le troisième axiome). Or, par la première règle/ on ne conclut rien par un syllogisme dont le moyen est pris deux fois particulièrement.
<r Et s*il y en avait une négative, la conclusion Tétant aussi (par la règle précédente), il doit y avoir au moins deux termes universels dans les prémisses. Donc il doit y avoir une proposition universelle dans ces deux prémisses, étant impossible de disposer en sorte trois termes en deux propositions où il doit y avoir deux termes pris universellement, que l'on ne fasse ou deux attributs négatifs, ce qui serait contre la troisième règle, ou quelqu'un des sujets universels, ce qui fait la proposition universelle. »
Bossuet s'écarte peu du point de vue de Port- Royal. Néanmoins sa manière de présenter les choses est toujours digne d'attention .
Voici, d'après Bossuet, les six règles du syllogisme.
L Le syllogisme n'a que trois termes.
ff Cette règle est fondée sur la nature même du syllogisme, où nous avons vu qu'il n'y a de termes que le grand et le petit extrême, qui composent la conclusion, et le moyen qui les unit ou les désunit dans les deux prémisses. Ainsi, quatre termes dans un argument le rendent nul , parce qu'il n'y a point d'union entre les parties du syllogisme, ni pour affirmer ni pour nier, et par conséquent point de conclusion.
IL Une des prémisses est universelle.
a Cela paraît encore , parce que nous avons vu que la force du raisonnement consiste dans une proposition qui en contienne une autre, et qui, par conséquent, soit universelle.
a De là, il s'ensuit la converse, que de pures particulières il ne se conclut rien.