NEUVIÈME LÉGENDE
COMMENT , A l'aRRIVÉE DU SArVTUR EN EGYPTE , TOM- BÈRENT LES IDOLES d'or ET D'ARGENT , ET DES ÊTRiS DÉPRAVÉS QUI MOURURENT.
Il est écrit dans les évangiles de TEnfance et dans les chroniques anciennes qu'à la naissance du Sauveur plusieurs miracles s'étaient accomplis.
Ainsi, premièrement, les oracles se turent à Delphes et par toute la terre, ce qui signifie que les anciennes religions avaient fait leur temps, et que le Verbe divin, ayant pénétré plus avant dans rhumanité et s'étant résumé en Jésus, le» anciens oracles n'avaient plus rien à dire, si ce n'est pour lui rendre témoignage, comme il arriva en Egypte et ailleurs.
Le second miracle symbolique de Tavénement du Sauveur fut la mort de tous les Mres dépravés qui outrageaient la nature dans Tégarement de leurs désirs ; ce qu'il faut entendre au moral v'ulement, parce que la pureté et la chasteté vt'naient de se révéler au monde et de réhabiliter la génération humaine.
On ajoute aussi que toutes les eaux amères dt'^inrent douces et potables, pour faire entendre que la doctrine de fraternité devait adoucir toutes It^ pensées et servir comme de rafratchissitment aux âmes fatiguées de haine et de colore.
Les anciens évangélistesdisent encore que JéMiK,
lorsque ses parents se levèrent de dessous le pal-
mitT miraculeux de la légende yvMuUmUt, leur
abrégea le reste du vojage, et qu'ils m* trouv^refJl
aux portes de Memphis; alors U^uUii U% UUpU*^
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exact», cnmnie ces dernims oéderoot enfin la place à la réalité.
DCOËBiE LÉGENDE.
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nUSÉBZST LETBS UEiS.
Les mérités naissantes ne trouvent d'asile assuré nulle part.
Jésus avait dû quitter la Judée pour échapper aux soupçons meurtriers d'Hérode, et voilà que le ressentiment des prêtres allait le poursuivre en Ég)pte.
Joseph apprit qu'Hérode était mort, et il partit avec Marie et son enfant pour revenir à Nazareth.
On lit, au chapitre treizième de Tévangile de TEnfance, un des plus anciens parmi les évangiles apocryphes, que la sainte famille, à son retour d'Egypte, passa près d'une caverne où des voleurs retenaient leurs captifs.
A l'approche du saint enfant les voleurs crurent entendre le bruit d'une grande armée et les trompettes des hérauts qui annonçaient l'approche d'un grand roi : alors ils s'enfuirent épouvantés.
Les captifs , demeurés seuls , brisèrent les liens les uns des autres et reprirent tout ce qui leur avait été dérobé; puis, sortant pour venir aude%ant du grand roi et de son armée, ils ne virent qu un enfant, une jeune femme et un vieillard, et ili» leur demandèrent : Où donc est le grand roi qui a épouvanté nos ennemis et nous a fait briser D«»s chaînes?
— Il vient après nous, répondit Joseph.
En effet , l'idée chrétienne épouvante les voleurs du vieux monde.
On ne les chasse pas, ils s'enfuient devant U lumière du christianisme qui s'avance, et »»> pauvres captifs biisent muluelJeimîjjt leut's chaînes.
Le grand roi et la granch' armée que leurs ont entendus, c'enf Iv \Hm\ilo justft rivDe doit venir aprè« t^elui du ^)mbolique, et c'est piMjri]ut>i loî^iph MtfDclra après nous.
Il est étiange de trouver de pareilles idées dans de si anciennes légendes.
Hais nous savons que, dans Thumanité, le sentiment précède toujours la conception , et c'est pourquoi la religion se formule avant la philosophie. Les fables précèdent les dogmes, puis , aux dogmes succèdent les principes , et c'est toujours la même vérité qui germe, fleurit et fructifie , en se développant successivement sous rinfluence de ses différentes saisons.