LES MIRACLES
Les miracles sout des effets naturels de l'iuter- YMitioD d'une caase supérieure à celles qui produisent les effets ordinaires.
Ils ne sauraient dtre absurdes, et les supposer tels, c'est faire outrage à la sagesse dé Dieu.
Le miracle en appai*ence le plus absurde, celui de l'enfantement de la Vierge, ne choque notre entendement qu'à cause de nos raisonnements indécents et téméraires.
La mère de Dieu est immaculée, elle est viei^e et mère sans reproche. Voilà le d(^me.
Sa viiffinité n'a jamais souffert d atteinte, c'en est la conséquence. Comment alora a-4-eUe pu devenir mère? C'est le secret de Dieu. Celui qui examine et discute une pareille chose n'est plus chrétien et ne le sera jamais. Celui qui cherche à expliquer est téméraire. C'est le comment qni est absurde, ce n'est pas le fait*
L'esprit est la dupe du cœur, on l'a dit, et c'est toujounitrai. Les objections inscriubfosde Telprit
viennent des entraînements du cœur aux aisances de la vie.
Le véritable honnête homme, ayant tout à gagner à ce que la religion soit vraie, croit sans peine à la religion.
L'inquisition et les guerres de religion ont été des œuvres humaines. — L'Église a horreur du sang, voilà le principe. Loi^ue les faits sont en contradiction avec les principes, c'est aux passions des hommes qu'il faut s'en prendre. L'humanité aussi a horreur du sang, et c'est au nom de l'humanité que la révolution a fait périr tant de victimes !
La peine de mort est contraire au génie de l'Église, qui espère toujours la conversion du pécheur et regarde le temps qui lui est laissé comme un inestimable bienfait du ciel. — Elle ne brise pas le roseau cassé, et elle ne marche pas sur la mèche qui fume encoi-e.
La morale catholique n'est pas spéciale à cette cumanuiinn : c'est la morale universelle, rigoureusemenl appliquée et sanctionnée par des lois positives.
Le dctacheoient catholique nr i*epousse mu
de beau, de bon, ni d'aimable, il en condamne et en prévient seulement l*abu8. La chasteté n'est pas le mépris, mais bien la sanctification de l'a-* mour.
Ce qu'on reproche le plus à la religion, c'est-^ à-dire à ses ministres, ce sont des actes d'irréligion. Cela ressemble assez à la logique de ceux qui reprochent à Dieu de n'être pas assez Dieu, pour le condamner ensuite à ne plus être Dieu du tout.
La religion n'est pas plus difficile à pratiquer que la vraie philosophie : il s'agit d'être ou de ne pas être, de vivre an hoooune raisonnable ou en brute, il n'y a pas de milieu. Une vie raisonnable exige les plus grands sacrifices, et la religion ne donne que des facilités. Les Catons du christianisme ne s'arrachent pas les entrailles ; ils lai^ sent triompher César et adorent Dieu seul.
La tourbe des cupides et des lâches, qu'est-ce que c'est? Est-ce que cela pense ? est-ce que cela vit? C'est de la corruption qui grouille. Vivre, c'est vaincre.
La religion de Jésus-Christ a subi sa dernière épreuve, la plus terrible de toutes, la plus décisive : la critique et l'indifférence. Mais les multi-
tudtt aouffrulM nm\ po» ri aveo Vottnire; #Uw «imAnt miem que le Sauveur yienne encore pleu^ reraYeoeUei*fiUe6ne raUoiment pas avec Strauss; mieux vaut prier avec les plus humbles fidèlw* Personne n*a touché à l'esprit de charité. On ne critiqua pas aelui-Iài et devant lui on ne saurait rester indifférent.
Croyez-vous au sérieux delà vie? à la rigueur des devoirs? à la dignité de la foi conjugale? à la pureté des mœurs? au devoir de la sobriété et de la tempérance? Si c'est non, je ne vous parlerai pas de la religion; vous n'y croyez pas. Si c'est oui, je n'ai que faire encore de vous la recommander; vous y croyez, ou vous y croirez.
On se dit : Je ne veux pas me vautrer dans le vice, mais je ne veux pas non plus vivre comme un Gaton ; je veux mener une existence honnête et commode. Ceci est une illusion : on ne peut pas être à moitié homme et h moitié bête ; l'un doit emporter l'autre tôt ou tard. Un moment viendra où vous aurez à opter, et, plus tard vous le ferez, plus la victoire sera douteuse et pénible. ^' .If.
La Tile multitude, la masse réprouirée» c*est la niasse des tièdes, des gens qui ne savent faire ni bien ni mal. Vivre, c'est agir, c'est penser, c'est vouloir, c'est faire* La grâce peut foudroyer le méchant et lui retourner le cœur; mais que peutelle faire d'un tiède? Aussi le Sauveur déclare aux tièdes qu'il les vomit. Que deviendront les tièdes après la mort? Ils seront chauffés au feu du pui^atoire. C'est pour eux et en leur faveur que le puigatoire est fait.
Qu'eût-il fallu à Jean Huss et à Luther pour se soumettre à l'Église, malgré leurs propres raisonnements? — L'esprit de charité.
Que fallait-il pour concilier et réconcilier Im^ mennais avec l'Église? — L'esprit de charité.
Qu'est-ce au fond que l'esprit d'obéissance? •» L'esprit de charité.
Il y a un côté de vulgarisation populaire et ridicule des dogmes qu'on affecte de prendre pour les dogmes eux-mêmes. Saint Paul recommande de se tenir en garde contre les légendes absurdes et les contes de vieille femme; maïs les Mnemis de la religion n'en tiennent compte : ils se-
raient trop fâchés de perdre cette bonne occasion de rire des choses qu'ils ne comprennent pas.
Pas de Dieu sans Jésus-Christ.
Pas de Jésus-Christ sans TÉglise.
Pas d'Église sans un chef visible.
L'antechrist , c'est l'esprit de schisme et de division spiritus qui solvit Ckmtxjtm.
C*est l'opposé de l'esprit de charité.
L*antechnst, c'est l'homme individuel des temps modernes qui se dit Dieu, se fait le centre de toute chose, ne vit que pour le droit sans reoMiDattre de devoir, et ne connaît d'autre asso- <àatx«i que la complicité ou la balance des in-
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la dfewsskm prédite par saint Paul a com-
i seizième siècle, a continué pendant les
et dix-huitième; elle finira avec le
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sociale, ait pu préyaloir dans le monde; que rÉvangile soit oublié, et qu'un jour un homme de génie le retrouve et le prêche. Quelle lumière! quel progrès! quelle révolution dans les mœurs! Quand les hommes se fatiguent de la vérité, le faux leur paraît vrai un instant ; mais quand c'est le mensonge qui les dégoûte et les lasse, avec quel transport ils se jettent vers la vérité !