LE LION, LE TIGRE ET L'ÉLÉPHANT
: lion contre un tigre avait un jour procès.
r-devant l'éléphant la cause fut portée.
tre lion plaidait avec peu de succès, tand le tigre, tirant sa langue ensanglontée, Fait entendre un long miaulement Et se met maladroitement A dénigrer son adversaire; On veut en vain le faire taire.
Non, ne l’écoutez pas, dit-il, c'est un voleur, C’est un insigne malfaiteur!
éphant dit alors : — La cause est entendue ; C'est à toi que la peine est due, Tigre sauvage et maladroit :
te crois du méfait l’auteur ou le complice.
FABLE XVI
Non loin des rivages du Gange.
Voyageant avec un Anglais, Un moine rencontra, pleine de dieux fort laids, Une pagode assez étrange :
Là trois têtes sur un seul corps; Ici Dieu mourant pour renaître ; Plus loin’ Vichnou se faisant prêtre, Et son cheval jugeant les vivants et les morts. La pagode était délabrée, D'herbe et de ronces entourée, Et le peuple en avait oublié le chemin.
— ]l faut la démolir, dit le missionnaire.
— Oh! pas du tout, car dès demain, Dit le flegmatique insulaire, Tout le peuple en foule accourrait, Bien vite on la rebâtirail
En nous vouant à l’anathème.
vec un froid mépris détournons-en nos pas, Laissons-la tomber d'elle-même :
Ils ne la relèveront pas.
FABLE XVII