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FABLE V L'INCRÉDULE ET LE CHIEN

Ayant perdu son maître, un pauvre chien fidèle De douleur se laissait mourir. :

On le caresse en vain, vainement on l'appelle, Vainement on veut le nourrir.

Dans la chambre où mourut l’ami qu'il aime encore, Depuis le soir jusqu’à l’aurore, Depuis le matin jusqu’au soir, Il reste avec son désespoir.

Un voisin prend pitié de la bête expirante

Et lui dit : — Pauvre chien, tes cris sont superflus. Ton maître maintenant n’est plus, Ce n’est plus même une ombre errante.

Son âme était un souffle, il s’est évaporé Et ne doit plus ètre pleuré.

Aimer ce qui n'est pas, c’est perdre sa constance. — Ah: répond le chien, lorsqu'on pense, On devient donc stupide ainsi ?

Pour moi, je ne veux pas de vos raisons, merci:

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